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Les Nouvelles Esthétiques
Ce que les mains peuvent raconter | Septembre 2011

     
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2011/2012 sera certainement l’année de l’apogée de la langue de bois, avec les affres d’élections en tous genres ou de pérégrinations pour obtenir le pouvoir. Bien au-delà des modes ou des moments, Guy Dumont comme il le fait dans notre journal depuis 25 ans, nous livre sans langue de bois, une partie de son enseignement…

Ce que peuvent raconter les mains

Cet outil fabuleux qu’est la main est à mon avis le plus mal employé de tous les autres organes de l’Etre humain.
Tous les organes du corps ont une fonction mécanique propre.
Si marcher, sauter ou courir, pour les jambes est un acte avant tout mécanique, il en est de même pour les bras en lançant, tirant ou poussant ;
Mais la grande différence si situe a leur extrémité.
Certes le pied est très sensible mais celle ci n’a rien de comparable avec celle de la main, d’autant que leur mobilité est aussi sans comparaison.
C’est l’opposition du pouce aux autres doigts, attribut unique de l’homme par rapport aux autres espèces vivantes, qui confère à la main des spécificités et une sensibilité tout à fait unique.
Si la main a pour rôle premier de servir de pince, pour attraper ou tenir les objets de notre quotidien, ses facultés de sensibilité et de perception de l’espace en trois dimensions, lui donne une place unique parmi tous nos organes sensoriels.
De plus, et du fait que son interdépendance directe avec le cerveau, la main est vraiment l’organe le plus précieux et le plus parfait de l’être humain.

Une mine d’information.

Tout ce qui est énoncé plus haut est pour certains une évidence et pour d’autres une simple réflexion.
En tout cas il est rare que ce soit vraiment juste et je vous propose de faire cette simple expérience que j’avais montrer lors d’un congrès LNE il y a près de 20 ans.

Procurez vous un ballon de baudruche, qui une fois gonflé fasse environ 30 à 40 centimètre de diamètre. Plus grand il sera meilleurs seront les résultats.
Gonflez le au maximum (juste avant qu’il n’éclate…) et faites un nœud.
Tenez le ballon entre vos deux mains, PARFAITEMENT A PLAT, et doigts légèrement écartés, le plus légèrement possible.
Notez toutes les sensations qui vous parviennent dans les mains.
La texture du caoutchouc, la température, la forme, la densité, le poids etc… sont des informations instantanées qui vous permettent non seulement de définir quel est CE ballon mais qui peuvent aussi induire en vous une foule d’autres sentiments en vous remémorant tous les autres ballon que vous avez déjà touchés par exemple, mais aussi toutes les formes ressemblantes par une ou l’autre de leurs caractéristiques à ce ballon.
Ensuite mettez en marche n’importe quel appareil qui diffuse du son, télé, radio ou mieux chaine Hi Fi de bonne qualité et en gardant les yeux fermés, écoutez la musique.
Le mieux c’est d’écouter de la musique classique avec un grand orchestre et un chœur, une ouverture d’un opéra de Verdi par exemple.
Si vos mains sont assez sensibles et si vos bras sont détendus vous allez vivre une expérience tout à fait hors du commun.
Plus le ballon sera gros et meilleur sera la qualité du son et plus vous aurez d’informations.
En fait le ballon va vous servir d’amplificateur de mouvements et vous allez ressentir sous chaque pulpe de doigts, chaque instrument de musique et peut être même pouvoir les localiser dans l’espace.

La réalité d’abord, les histoires après…

Ce que j’adore dans cet exercice, c’est qu’il s’agit de réelles perceptions physiques au sens de, La physique.
Tout ce que vous ressentez est une réalité physique et non subjective.
IL FAUT COMMENCER PAR LA .
Je suis effaré et atterré que cet exercice n’entre pas comme préalable dans toute école de massage ou d’esthétique.
Croire ou faire croire que l’on peut percevoir telle ou telle chose sans même savoir quel est le réel potentiel de le main ou de n’importe quel outil que l’on utilise est une supercherie ou n’est pas digne d’un instructeur qui respecte ses élèves…en supposant qu’il connaisse et exploite lui même la potentialité de ses outils…parfois j’en doute…
Il est bien évident que le ballon sert d’amplificateur et que le but c’est de ressentir la même chose mais sans le ballon…
C’est pas difficile, il suffit d’en prendre conscience et de le faire à mi temps (12 heures par jour, dixit Coluche…) et au bout d’un moment ça vient…ne lâchez pas… et vous découvrirez enfin vos mains…beau programme, non ?


Lassitude

Ce qui va suivre ne va certainement pas plaire à tout le monde ou tout au moins risque d’en surprendre voire d’en choquer plus d’un.
Je vois fleurir dans toutes les écoles aujourd’hui des programmes de plus en plus chargés avec toutes sortes de matières qui ne me paraissent pas servir beaucoup à la pratique du massage.
Je ne comprends pas que certains appâtent le client en lui faisant croire que plus il y a d’heures meilleure est la formation surtout quand le rajout de certaines matières est absolument stérile à mon avis, alors que d’autres plus essentielles n’existent toujours pas.
Je ne pense pas que c’est en rajoutant des heures qu’on obtiendra une plus grande légitimité, mais en rajoutant de la qualité.
Et ce qui va vous paraître bizarre c’est que je suis contre le fait de faire une quinzaine ou une vingtaine d’heures d’anatomie.
Certes cela permet de vendre un ou deux week-ends de plus mais c’est à peu près la seule utilité.
Mon maître, le Docteur Jarricot, disait qu’il faut 4 ou 5 ans à temps plein pour être un vrai anatomiste et qu’il fallait moins de 2 mains pour compter ceux qui existent en France.
Même si le chiffre est peut être exagéré (pas sur…) il n’en reste pas moins que l’image est juste.
En plus je trouve cela grotesque et méprisant envers le corps médical et para médical.
Un masseur kinésithérapeute ou une infirmière et bien sur un médecin ne font pas 15 heures d’anatomie, heureusement pour nous…et ce n’est pas toujours suffisant car en cas de problèmes nous sommes instantanément renvoyés vers un spécialiste.
Vendre plusieurs centaines d’euros un cours inutile c’est dommage.
Si vous savez lire et si vous avez la chance d’avoir deux yeux en état de marche… achetez deux planches d’anatomie et consultez les un tout petit peu de temps en temps ça suffira largement pour faire du massage de détente et de confort.

Contradiction quand tu nous tiens…
Il y a des raisonnements bizarres. Les aveugles ont un meilleur touché que nous…pas sur…
Et même si c’est vrai comment font ils ?
Pas facile de faire un cours d’anatomie à un aveugle, un cours de lecture du corps (qui vient de naitre dans certaines écoles.
C’est eux les meilleurs et on emploie exactement l’inverse de leurs outils…

L’anatomie sur le vivant

J’ai l’extrême privilège d’avoir deux yeux et deux mains et je vais vous proposer un exercice très difficile, à cause de sa simplicité… L’anatomie sur le vivant.
Cet exercice est le deuxième pour moi et pour qui veut aider son prochain en le touchant.

C’est qui, c’est quoi…
Demandez à quelqu’un que vous connaissez bien et qui accepte de se prêter à l’exercice de s’allonger sur une table, le moins habillé possible…
Avant cela, vous avez mis un bandeau sur vos yeux de manière à " être dans le noir " (expression des aveugles) et de ne pas voir son corps déshabillé.

Quand vous êtes certains qu’il est allongé, sur le ventre, approchez vous de la table et posez les mains sur lui ou elle… quelle que soit la partie qui se trouve devant vous.
C’est qui ?
Personne.
Là c’est le plus gros problème.
Oui personne.
Ce n’est pas " Paul, plombier, content… " (seuls mes élèves comprendront…) mais juste un corps humain et un corps humain VIVANT que vous devez toucher en lui " coupant la tête " c’est à dire en lui ôtant sa personnalité. Il n’est plus ni Paul, ni plombier, ni content ou pas…mais un corps humain fais de trous et de bosses, de chaud et de froid, de dur et de mou etc…
Laissez aller vos mains sans jugement et sans à priori.
La meilleure image que je connaisse est la suivante :
Vous êtes sur un chemin que vous ne connaissez pas et vous vous y baladez pour la première fois . Que se passe t’il ? que doit il se passer ? ou que va t’il se passer ?

DECOUVRIR
Il est intéressant de noter que ce mot signifie que le corps ne peut pas être couvert. Si vous êtes sur un chemin que vous ne connaissez pas, et que vous vous y baladez pour la première fois, vos premières sensations vont être très simples : dur ou mou, goudron ou sable, ça monte, ça descend ou c’est plat, il fait chaud, il fait froid, trous ou bosses … et au fur et à mesure, vous découvrez ce chemin avec ses virages ou ses lignes droites auxquels vous vous adaptez. Vous vous baladez et vous profitez.
Pour qui aime la balade à pieds, il n’y a pas de bon chemin, juste des balades différentes et chaque balade procure la même sensation, celle de découvrir. Et c’est avant tout cette quête qui motive chaque randonneur digne de ce nom. Il ne juge plus, mais jauge en permanence et profite de toutes les circonstances quels qu’en soient les tenants ou les aboutissants. Il ne calcule ni ne délibère plus, mais vit chaque instant et ses circonstances avec PLAISIR.

LE PLAISIR DE TOUCHER, OU DE SE BALADER…
Le bon randonneur a plaisir à se balader sur n’importe quel chemin. Certes, il préfère tel ou tel chemin suivant les conditions, la topographie, ou ses caractéristiques, mais ce qui le guide, c’est en premier et avant tout, le plaisir de se balader.

Le corps humain, matériau d’excellence. A chacun son matériau.
Je suppose que pour vous, toucher le matériau corps humain est un vrai plaisir, au même titre que le bois pour l’ébéniste, la terre pour le potier, le tissu pour la couturière, ou la pierre pour le sculpteur. Certes, si un ébéniste préfère toucher tel ou tel bois, il a avant tout, plaisir à toucher le bois. Certes, il est évident que vous préfèrerez toucher telle ou telle personne, ou telle ou telle partie du corps, mais il est indispensable que vous acquerrez ou développiez le plaisir de toucher un corps humain, QUEL QU’IL SOIT.
Sinon, et pardonnez moi (pas trop…), changez de support ou changez de métier. Vous vous êtes trompés… Pire, vous trompez ceux que vous touchez.
Une autre image très intéressante que je vous conseille de développer et de travailler .

Raconter ou dessiner
Le problème n’est plus de savoir si c’est bien ou mal, plaisant ou déplaisant, mais juste raconter ou dessiner.
Imaginez que vous n’avez que cinq minutes pour toucher ce corps et que vous deviez le raconter ou le dessiner de manière juste, c’est à dire, ni plus, ni moins.
Vous devenez ainsi huissier avec son constat, ou expert géomètre avec ses mesures (tactiles) du corps humain et avec plaisir.

Le plaisir de toucher.
Celui qui a plaisir à se balader a souvent plaisir à raconter et surtout à partager. Le plaisir de toucher permet de redonner cette fonction inhérente à toute main, le meilleur outil de l’être hu-main, celui de découvrir, d’aider, de partager, le vrai sens du contact tactile.

Le problème, c’est la tête. Jauger sans caractériser.
Poser la main sur un genou sans se dire que c’est un genou, relève d’une véritable prouesse et demande des années de pratique. Un genou n’est pas un genou car de toute évidence, le mot genou n’est pas le même suivant la langue. Un genou, c’est des trous et des bosses, c’est un mouvement, c’est une balade, c’est une topographie. C’est juste un genou. Et il y a autant de genoux différents qu’il y a d’êtres humais, de chemins, de bâtiments, et " j ‘aime tes genoux ".

Le pouvoir de la main. Vivre le " je-nous " .
Toucher n’est pas une action solitaire mais de dualité, l’un étant au service de l’autre.
Toucher n’est pas, au départ, faire, mais s’adapter.
Vous ne pouvez pas changer le chemin sur lequel vous vous baladez, comme vous ne pouvez pas changer le corps que vous touchez (à moins d’être un fou ou un escroc notoire) mais seulement vous y adapter au mieux, ce qui suffira pour le conforter et peut-être l’aider.

Sans les yeux.
Il faut des années pour que les yeux ne perturbent pas les mains et ne tombent pas dans les affres de la mode ou de la bienséance de la culture ou de l’information ambiante. Les mains sont les mains, le corps est le corps, la mode est la mode, le moment n’est qu’un moment. S’affranchir de la mode ou des courants notoires de l’époque à laquelle on vit n’est pas facile, ni pour vous, ni pour moi. Mais la main est la main, toucher est toucher, et rien ni personne ne pourra " y toucher ". Chercher et trouver ce que peuvent raconter les mains, est une voie au même titre que celle de yeux, des oreilles ou de la bouche, quand on se les approprie de manière juste, et c’est ce que je vous souhaite. Chercher et trouver ce que les mains peuvent vous raconter est un bonheur pour qui s’y emploie, c’est ma voie et mon plaisir que j’espère vous faire partager.

Excuses
Vous êtes choqués ? la nudité vous offense ? ce n’est pas ce dont vous rêvez ? il y a encore des parties du corps tabou pour vous ? on vous l’a enseigné ?... Je vous prie de m’excuser. Je suis souvent traité de " mauvais caractère ", voire de grossier personnage, ça tombe bien parce que je le revendique et j’espère tenir encore longtemps. " Grossier toujours, mais vulgaire jamais ", comme disait Coluche. La grossièreté, c’est grossir et élargir les choses même si elles ne sont pas facile à vivre. La vulgarité, c’est de les amoindrir. Je ne couvrirai jamais un corps parce que je n’en ai pas peur et parce que je le respecte, quel qu’il soit. Si tel est votre chemin, partageons le, si ce n’est pas le cas, je vous prie de m’excuser de vous avoir importuné.
" L’art est le seul espoir pour l’humanité " Yehudi Menuhin



Dans le prochain article, je vous raconterai ce que MES mains m’ont raconté…
Au plaisir de vous toucher.
Guy

Le Massage Artistique "Un massage Haute-Couture" | Septembre 2010

     
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Le Massage Artistique Guy DUMONT
Le massage Haute-Couture


C’est après mes études de naturopathie, à la fin des années 70, que j’ai rencontré Margaret Elke, créatrice du vrai massage californien et avec qui j’ai travaillé plusieurs années, tout d’abord en cours de groupes " normaux " puis en cours particuliers. Elle avait à peu près le même âge que moi aujourd’hui et j’étais fasciné par son aisance et la qualité de son toucher. C’était l’époque de la redécouverte du corps et de la libération sexuelle qui prônait que le Plaisir avec un grand " P " n’est pas uniquement sexuel et que l’influence du contact tactile est irremplaçable pour l’équilibre physique et mental.
Pas besoin d’être malade ou d’avoir mal quelque part pour être massé, fini le carcan médical du massage, place au plaisir du contact.
Bizarrement, cela ne posait aucun problème à l’époque, car le milieu médical était divisé en deux. Ceux qui rigolaient ou se moquaient de ce genre de pratique et ceux qui, au contraire, en profitaient pour envoyer leurs patients se faire toucher quand ils se rendaient compte que rien ne pourrait remplacer cette pratique, qu’eux ne pouvaient pas assumer.
A cette époque, je travaillais avec beaucoup de médecins, kinés ou psychiatres, dans une collaboration très étroite et sans aucun problème, chacun respectant simplement le travail différent de l’autre. J’étais d’ailleurs gentiment traité de " doux dingue " qui allait rapidement s’épuiser mais dont on profitait volontiers, car hormis les patients qu’ils m’envoyaient, j’avais dans ma clientèle beaucoup de leurs thérapeutes, qui en avaient autant besoin et le reconnaissaient.
C’était l’époque de l’avènement de l’érotisme, mais pas de la pornographie. Pas d’internet, pas de sex toys, juste une " Emmanuelle " ou un " Bilitis " deux films qui aujourd’hui sont relégués dans les patronages pour désœuvrés de l’amour…
Dans les stages professionnels de Margaret, masseurs, massés et profs (elle et son conjoint de l’époque, Mel Risman) étaient nus en permanence et c’était même une règle obligatoire sous peine d’exclusion instantanée : " si vous ne pouvez pas assumer votre propre corps, je ne vois pas comment vous pouvez vous occuper de celui des autres " affirmait elle comme crédo de départ. Je trouvais ça simplement juste et vrai.

Quand je vois aujourd’hui, l’hypocrisie qui règne au sujet du soi–disant respect de la pudeur, je pouffe… ou je pleure en voyant l’irrespect qui est fait aux créateurs…
Récemment je me suis fait " attaquer " ouvertement par une praticienne de massage assis, d’environ 25 ans, pour avoir effleuré les fesses pendant ma démonstration de massage artistique lors d’un congrès international de massage . Quand je lui ai précisé que je n’avais pas " effleuré " les fesses, mais travaillé sciemment, et j’espère correctement, le muscle fessier, la discussion s’est arrêtée net.
Même un dirigeant de la très célèbre FFMBE (fédération française de massage de bien -être) fut choqué du choix de mes musiques, ne comprenant pas comment on pouvait masser sur Leonard Cohen… il est vrai qu’il n’avait assisté qu’aux 10 dernières minutes de mon intervention.
Je suis d’ailleurs toujours étonné (mais plus surpris) de voir les réactions à chacune de mes démonstrations de Massage Artistique, et ceci dans les 30 pays ou je l’ai présenté. Soit les gens sont bouleversés et très émus, et veulent à tout prix me remercier de ce moment, soit c’est un rejet en bloc, avec parfois même des réactions très hostiles ou dédaigneuses. Bizarrement, cela me réjouit, car c’est bien la meilleure preuve que je ne suis pas loin de l’art, étant donné que c’est la même chose pour tous les autres.

Etant moi même " cassé " physiquement (on me promettait à cette époque de finir en fauteuil roulant suite aux cinquante accidents ou chutes graves dont j’avais été victime) et mentalement (j’ai divorcé à 22 ans) je m’engouffrais dans cette voie avec passion et acharnement et plus rien ne pourrait m’arrêter.
J’avais un seul problème, ou deux petits, avec Margaret : elle n’aimait pas la musique et elle parlait en massant à cause de l’influence de son conjoint, praticien en Gestalt Thérapie.
Moi je ne parle jamais en touchant (mes mains le font pour moi) et je me sers de la musique comme moteur du massage.

Le Déclic
Je pratiquais inlassablement 8 à 12 heures par jour minimum, 7 jours sur 7, et comme ma passion était aussi d’enseigner, cela frisait parfois l’overdose. J’enseignais de 4h à 8 h le matin, je massais de 9 h à 19 h, sans m’arrêter et je ré-enseignais de 20 h à minuit, juste passionné…et jeune …
Mais il fallait pourtant que j’avance encore car il me manquait quelque chose : le beau et l’émotion.
C’est en 1991 que tout a changé en 5 minutes.
Lors des championnats du monde de patinage artistique de Munich, je suis boule-versé par la prestation de Isabelle et Paul DUCHESNAY qui obtiennent enfin la consécration en Patinage Artistique alors qu’ ils n’ont préparé leur programme qu’en 4 semaines.
C’est ça que je veux faire, c’est ça la voie, et plus rien ne m’arrêtera quoi que cela me coûte. Une émotion indicible qui m’entraîne dans la passion du toucher.
Je suis un passionné du son et son influence depuis l’âge de 10 ans (bien que n’étant pas musicien à mon plus grand regret), j’ai les mains (je voulais être prestidigitateur depuis l’âge de 4 ans…) je pratique les arts martiaux et un peu de danse depuis une dizaine d’années, tout cela doit pouvoir s’agglomérer. Si en plus j’y adjoins l’enseignement mental et spirituel que m’a donné Yvon Yva et celui de mon Maître le Docteur Jarricot (créateur des dermalgies réflexes et de l’auriculothérapie, entre autres) cela devrait marcher…
C’est en 1992 que je présente pour la première fois en direct le Massage Artistique lors du congrès de LNE avec une séquence de Massage Assis totalement inconnu en France et que je pratique déjà depuis plus de 10 ans… et en 1993 que je présente mon premier spectacle de Massage Artistique, toujours pendant le congrès de LNE car Michèle me fait entièrement confiance et n’a jamais failli depuis…(unique dans ma vie…) et me laisse carte blanche : combat de canne, jeux de mains, massage à 4 mains sur deux modèles simultanément avec deux tables dans le prolongement l’une de l’autre, sur la musique du " Beau Danube Bleu " avec Isabelle Ferrari, mon assistante à l’époque.
Je pense que ma vie est réglée et que tout est dit, tout est fait. Erreur.

L’avènement d’internet.
Après ce déferlement de passions des années 70 et 80 (nous sommes moins d’une dizaine à enseigner le massage en France) arrivent l’avènement d’internet, de la pornographie, du sida, de MacDo et du Coca. Pire encore, les voyages deviennent bon marché et après l’invasion des arts martiaux orientaux, déformés et rapetissés, c’est celui des techniques orientales de soins ou de thérapies en tous genres, parfois même méconnues dans le pays soi disant d’origine…(affairisme quand tu nous tient…).
Il faut tout faire, et apprendre vite, le plus vite possible, et avec le moindre effort, de plus en plus vite et de moins en moins dur.
Mes maîtres spirituels (même si je ne les connais pas) vieillissent et s’étiolent. Les Béjart, Marceau, Menuhin ont de plus en plus de problèmes, poussés par de jeunes loups en mal de reconnaissance. Je les rencontre et je m’acharne.
La précision, la justesse, la richesse, la bonté et la rigueur du mime Marcel Marceau qui m’invite à un de ses cours me fascinent et je n’aurai plus de cesse que de lui rendre cet hommage en travaillant de plus en plus.

Le vrai changement c’est quand on change rien mais qu’on fait tout différemment.
Je ne dois pas changer de technique, mais la peaufiner, l’absorber, la transcender.

Le Massage Artistique, le massage Haute Couture.

A l’instar des grands cuisiniers que j’admire, des grands couturiers, des danseurs étoiles, des artistes de cirque et d’autres, je dois travailler les détails, car c’est le détail qui fait la différence.
Retravailler mes mains pour leur donner plus de puissance, mais avec infiniment plus de douceur, plus de précision, mais dans le naturel sans effort.
Maîtriser parfaitement l’équilibre de mon corps pour le mettre au service de l’autre.
Augmenter la technique pour ne jamais me lasser ni ennuyer l’autre, en proposant en permanence un massage différent dans sa technique et son expression et en ne répétant jamais le même mouvement pour ne pas " bégayer " avec mes mains.
Rester fidèle à l’esprit du plaisir et du confort absolu comme seul objectif, en bannissant à jamais les pseudos soins ou thérapies fumeuses… pour n’avoir pour seul remerciement, que des doux pleurs, des frissons et des " j’ai cru qu’il m’aimait ", tel est mon objectif.
Et là, je crée le nom le plus anti-commercial et le plus débile qui soit : le Massage Artistique.

Comment un massage peut il être Artistique et à quoi ça peut servir ?
A rien, donc c’est bon pour tout…
Yehudi Menuhin a écrit un livre " L’art, espoir pour l’humanité "
L’art ne sert à rien mais perdure à travers les siècles et transcende celui qui l’approche ou celui qui le reçoit.
Je me plais, de manière démagogique (je l’avoue humblement…), à répéter dans mes cours que s’il y a bien une seule technique qui ne sert à rien et qui ne marche pas, c’est bien le Massage Artistique, mais que pour cela, il faudra travailler des années…
A quoi peuvent servir une robe de haute couture ? sûrement pas à s’habiller, un repas chez Bocuse ? sûrement pas à manger, un Opéra de Mascagni ? sûrement pas à chanter et un tableau de Van Ghog ? sûrement pas à décorer… et pourtant il faut des années et des années, voire simplement y vouer sa vie pour les créer, et celui qui en profitera s’en rappellera aussi toute sa vie.
C’est en travaillant non seulement les détails de la technique qu’on exerce, mais aussi et parfois surtout les détails qui l’entourent, que la technique devient un art.
J’ai essayé de tout prendre en compte, le massage bien sur, mais aussi l’environnement qui doit être parfait (chaleur, confort de la table, huile, musique etc…).
Dans la technique du Massage Artistique, il n’y a pas de petits mouvements. Chaque mouvement, à l’instar d’une symphonie, est enchaîné par rapport au précédent et amène le suivant en l’amplifiant. Même essuyer est un geste technique qui doit être parfaitement maîtrisé pour parachever au mieux ce moment de confort absolu.

Et Pour Quoi ? Pour rien, juste pour générer cette émotion indélébile qui Boule-Verse et qui vous transporte.
Le Massage Artistique ne sert à rien avec ses 250 mouvements différents, précis et répertoriés, calqués sur plus de 1000 musiques différentes à la note près, avec une variété de toucher qui va de 50 grammes à plus de 100 kilos, de 2 à 10 mains, sur le même corps, parfaitement synchronisées, il est, se vit et se donne.
C’est une voie, bien au delà des modes et des guéguerres stériles de savoir qui a le droit ou pas de toucher ou de masser, c’est un engagement, une philosophie de vie, c’est ce que je fais et enseigne depuis 30 ans dans 30 pays, et qu’il me ferait plaisir de vous faire partager.
Mes clients peuvent faire plusieurs centaines ou milliers de kilomètres pour recevoir un Massage Artistique (comme pour tous les arts, ni plus ni moins, et si vous pensez que c’est de l’orgueil, désolé, nous n’avons pas les mêmes références, c’est tout), ou pour recevoir cet enseignement qui est bien au delà de l’apprentissage d’une simple technique de massage.
Mes meilleures élèves qui travaillent dans les SPAS les plus prestigieux d’Europe se voient réserver des massages d’année en année, et personne ne supporte qu’elles soient remplacées.
Mes élèves sont médecins, kinés, infirmières, esthéticiennes et surtout tout être humain qui a deux mains et l’envie de s’en servir pour le seul bien- être et confort de l’autre, ou encore informaticiens, plombiers ou électriciens…
Ce poème, que j’ai écrit en 1992, est mon crédo, et s’il vous touche je me ferai un plaisir de vous faire partager mes connaissances.

Si J’aim’assez

Si tes mains sont propres et loyales
Et sans trembler peuvent affronter le mal,
Ou, s’ouvrir après s’être jointes
Sans lâcher lorsque le doute pointe;

Si tu peux proposer sans imposer
Donner sans vouloir dominer,
Si tu sais voir sans regarder
Et entendre sans écouter;

Si parvenir au confort est ton seul but,
Et partager ta force tu peux, du sacrum à l’occiput,
En engendrant le Beau dans chacun de tes gestes,
Sans retenue mais en restant modeste;

Si de la nudité et la beauté de chaque être vivant
Tu peux établir les règles d’un musée de confiance,
Y pénétrer sans déranger en respectant la méfiance,
Jauger en permanence mais abolir tout jugement;

Si tu peux sentir et accompagner en chaque corps
La force et le mouvement de vie qui l’habite,
Ou, de toi même entamer pour puiser encore,
Et du rythme te servir pour transformer au plus vite;

Si tu peux maitriser la technique sans t’y attacher
Et te servir de tous tes sens à volonté,
Sans direction à priori, mais en toute lucidité,
Si ta main est pour toi l’outil privilégié;

Si tu peux imiter Kipling et tous les maîtres
Sans jamais te comparer, ni vouloir dépasser,
Mais les citer et te nourrir du bien-être
Que pour tous les Hommes ils ont dispensé;

Alors, la con-naissance en toi s’harmonisant,
La force de l’équilibre, à l’instant,
Saura te pénétrer et se propager,
Et plus encore le Toucher Juste se manifester.

Puissent tes Mains être l’écrin de la bonne volonté
Et En-Fin, tous les Hommes se donner la main pour s’Aider.

Guy DUMONT le 15/05/92

Pour les formations et tous les renseignements pratiques sur le Massage Artistique (formation, dates de stages etc…) vous pouvez consulter mon site : www.guydumont.com.
Les formations complètes se passent à L’Aire de Re-Peau (42 Roanne) uniquement, ou à votre institut, en cours de groupes de 6 personnes maximum ou en cours particulier.
A partir de la rentrée (octobre 2010) je proposerai des formations professionnelles de très haut niveau sur 2 ou 3 ans pour obtenir le diplôme de " Spécialiste en Soins de confort "
Vous pouvez aussi me téléphoner pour dialoguer ou pour une précision au : 06 80 48 07 09 ou m’écrire à guydumont@guydumont.com.
Au plaisir de vous toucher…
Guy Dumont

Le SukSpa a Bangkok | Septembre 2009

     
     
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Une de mes plus belles expériences.

Le Four Seasons de Chiang Mai | Juillet 2009

     
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Le Four Seasons de Chiang Mai.

Les palaces, on s’en lasse ou on s’enlace.
Depuis 6 ans que j’ai décidé d’aller voir ce qui se passait un peu ailleurs, j’ai visité plus d’une centaine de Spas ou instituts, du plus petit au plus grand et j’ai reçu aussi les soins les plus divers, même en été, du plus mauvais au plus subtil.
Certains ont flippé, alors qu’on ne peut pas trouver plus gentil que moi (et plus belles chevilles…) si on est simplement attentionné et un tant soi peu confortable.
D’autres ont voulu m’impressionner en versant de la gnole dans mon bain mais en me laissant mariner tout seul, avant de m’enduire copieusement les cheveux d’huile de pépins de raisins, tout en profitant du bruit des ablutions de la cabine voisine.
J’ai eu droit aux ongles trop longs, à la saleté, aux discours stupides, au froid qui vous tétanise, aux tables de fakir, aux techniques à deux sous, avec ou sans dessous, à toutes ces petites choses qui font que ce statut de testeur de SPA peut devenir un enfer alors qu’il fait rêver.
Pour ce voyage en Thaïlande j’ai décidé de passer à l’échelon supérieur et de voir ce qui se passe dans les palaces.
L’Asie regorge de palaces en tous genres et la Thaïlande n’est pas en reste.
J’ai séjourné dans quelques uns des plus grands hôtels de Bangkok dont je vous parlerai prochainement mais je voulais aussi trouver le lieu exceptionnel en dehors de la capitale.
C’est à Chiang Mai ou je me suis rendu que j’ai trouvé un superbe palace : le Four Seasons de Chiang Mai
C’est quoi un palace ?
De la place, du calme, du raffinement et du service.
Et en plus, quand c’est à la campagne c’est carrément grand, plusieurs dizaines d’hectares.
Je ne suis pas là pour vous parler de l’hôtellerie mais juste un petit mot pour vous donner une idée plus juste.
Des chambres de 70 à 600 mètres carrés avec des prix de 500 à 4000 euros la nuit (dans celle de 600 m2 on peut être plusieurs… ce qui diminue… le prix par personne…) réparties en gradins autour d’une rizière cultivée.
Déplacements en mini voiture électrique (type golf) à votre service en permanence.
Des petits déjeuners que même dans mes rêves je n’imaginais pas (une quinzaine de miels différents, par exemple), de quoi vous coller des kilos et, des kilos… en trop.
Bref, le genre d’endroit qui fait passer un hôtel français, genre " Sofitel ", pour une guinguette et même certains soi disant palaces que j’ai testés pour des SPAS du genre " tape à l’œil ", je voudrais bien mais j’ai pas les moyens.
Certes, 50 hectares à Paris, Megève ou Saint Tropez ça doit pas être donné et le prix du personnel non plus mais malgré tout il y a des choses qui distinguent à jamais un vrai d’un pseudo palace c’est la place et le calme, en fait l’esprit de ce que l’on vous propose.
C’est vrai que je ne paie pas exactement le prix réel des soins que je reçois (c’est même souvent gratuit… mais ça ne m’empêchera jamais d’être sincère, je vous le dois bien…) ou des établissements dans lesquels je séjourne et heureusement.
Oui heureusement, parce que je vous assure que si j’avais les moyens (le prix modique de mes cours ne me le permet pas…) de payer l’addition réelle je ferais un scandale dans 99 % de ceux que j’ai testés en France, alors que j’ai trouvé des pépites dans des très petits instituts de quartier (dont la plupart d’entre vous font partie) à qui j’aurais bien payé le double.
En fait les palaces on s’en lasse ou on s’enlace, c’est selon.

Le Four Seasons de Chiang Mai.

J’ai eu un véritable coup de cœur pour cet hôtel et son SPA.
Un véritable bijou dans un écrin de luxe. Je ne reviendrai pas sur l’hébergement qui m’a époustouflé.
Le Spa est du même niveau, tout est beau, assez " simple " mais beau.
Rendez vous est pris et ¼ heure avant le rendez vous, le téléphone sonne dans ma chambre pour me prévenir qu’une voiture m’attend pour me conduire.
Je sais déjà ce qui m’attend car mon assistante a reçu le même soin la veille et j’ai pu filmer et prendre des photos (sur mon site) et c’est un vrai plaisir. Nous déambulons entre les frangipaniers et autres arbres exotiques, des fleurs plus odorantes les unes que les autres, un petit pont en bois, un paysan qui cultive le riz et un autre qui conduit une espèce de buffle je ne sais où et nous arrivons au SPA.
On m’accueille très aimablement et c’est encore une passerelle en bois qui me conduit à l’entrée du SPA.
On me demande d’enlever mes chaussures pour chausser des mules confortables.
Une hôtesse m’ouvre la porte et je pénètre dans une pièce de réception très grande et très claire. Elle me conduit jusqu’à un immense divan où je m’assied pour déguster le Ginger tea qu’on vient de m’apporter avec une serviette rafraîchissante. J’adore ça et depuis j’en bois régulièrement.
Je suis assis devant une grande verrière qui donne sur le parc.
Ma masseuse vient me chercher et m’accompagne dans la cabine qui m’est réservée.
En fait, il s’agit plutôt d’une triple cabine, répartie autour d’une sorte de patio, avec d’un côté la partie vestiaire, toilettes et douche, en face, la salle de massage et plus loin, la partie balnéo.
Je me change pour revêtir un peignoir et j’en profite pour admirer le décor.
Ce que j’apprécie, c’est que rien n’est clinquant, mais une foule de détails attire mon attention. Tout y est, et même plus : rasoir, peigne, brosse, coton-tige, brosse à dents, dentifrice, savonnette, bonnet de bain, eau de toilette etc…à disposition et à usage unique, mais avec des matériaux de qualité.
Je n’utilise pas le coffre-fort mis à ma disposition car mon trésor est à l’intérieur de mes mains, et non pas sur mes doigts…
Peignoirs et serviettes sont à profusion et pliés harmonieusement. Bref, le rêve !
Ma masseuse m’attend à l’entrée du vestiaire et m’invite à m’asseoir sur un sofa pour satisfaire à ce rituel que j’ai retrouvé dans pratiquement tous les endroits où je me suis fait masser, petits ou grands : le bain de pieds.
Je vous l’avais déjà dit dans l’un de mes reportages à Bali, j’ai toujours un double sentiment dans ces moments. Certes, c’est très agréable quand c’est bien fait, et ici c’est le cas, mais avoir une jeune femme à genoux à mes pieds pour commencer une séance, me procure un sentiment de malaise.
Pour une fois, la masseuse n’est pas une jeune fille et hormis son physique, je le remarque de surcroit à la qualité de ses gestes qui m’étonne instantanément. Tout est précis, sûr, très bien enchaîné et avec une qualité de toucher qui m’indique tout de suite que je vais passer un bon moment. En fait elle a 44 ans et pratique le massage depuis 15 ans.
Lavé et parfumé par les ingrédients qu’elle a rajoutés dans l’eau du bain, puis essuyé avec délicatesse, nous nous dirigeons vers la salle de massage.
Là aussi, le décor est sobre mais riche par quelques éléments de décoration judicieusement choisis et un parfum délicat envahit la pièce : ce sont les pochons qui mijotent…
Je m’allonge sur le ventre et je suis recouvert immédiatement d’un grand drap. La table est très large et bizarrement confortable. En effet, je sens que cette table très massive est très dure, mais il a du être rajouté plusieurs épaisseurs ce qui assure tout de même un confort suffisant. Je décline tout de même l’invitation qui m’est faite de mettre la tête sur l’appui-tête en bout de table, préférant me reculer un peu, tourner la tête, et poser mes avant-bras autour de ma tête, pour assurer un confort supérieur à mes cervicales car je pourrai au moins tourner la tête si ça ne va pas.
J’entends un bruit discret de " casserole " derrière moi et je me demande bien à quelle sauce vais-je être cuisiné…Une main chaude se pose sur mon pied gauche et s’en suit une série de tapotements chauds sur toute la jambe à travers le drap : c’est le pochon (et non le Pouchon comme j’ai connu en France il y a quelques années… et dont j’aimerais bien retrouver la saveur)
Le pochon d’herbes ou herbal compress.
13 à 15 plantes enturbannées dans un tissu de coton écru et enserrées en haut par un cordon qui forme une poignée permettant de le tenir, constituent le " pochon " qui pèse de 35 à 250 grammes selon qu’ils sont destinés pour le visage ou pour le corps). Deux pochons sont " plongés " dans une marmite à vapeur pendant un bon quart d’heure après avoir été plongés ou pas dans l’eau froide, ou même parfois, sont dans un " mijoteur " rempli d’eau.
Autant vous dire que quand ça sort du récipient, c’est chaud et plus que chaud et qu’il faut prendre certaines précautions avant de l’appliquer directement sur la peau.
J’ai observé toujours le même rituel pour l’application (j’en ai reçu 5 dans différents endroits)
D ‘abord la masseuse teste la température sur sa main, puis pose sa main chaude, de fait, sur le corps et ensuite commence par tapotements brefs en général sur le corps recouvert d’un tissu ou habillé de la tenue confortable réservée à cet usage.
Ensuite quand la température devient plus supportable, le drap est enlevé et le contact est à même la peau, glissé, roulé ou encore tapoté.
Pour toutes celles qui me connaissent et m’apprécient (merci pour vos nombreux témoignages lors du congrès et vos Emails encourageants et forts sympathiques) vous savez que je hais les pseudos accessoires de massage en tous genres. J’aime les Rolling Stones mais je me méfie des Hot Stones, car ceux qui se targuent d’avoir inventer l’eau chaude me font froid dans le dos….
Là c’est " clur " comme dit Bigard : c’est clair, c’est vrai et c’est sur.
Plusieurs siècles d’expérience et de pratique c’est édifiant et c’est vraiment une spécialité Thaï ancestrale.
Chaud et humide ça dilate, et les principes actifs des plantes pénètrent dans les tissus en leur faisant bénéficier de tous leurs pouvoirs.
Et en plus, c’est agréable, parce que les cailloux, même chauds, ça allait bien en 68 mais pas sur la tête… comme disait Coluche…
Tout ça pour vous dire que je suis, depuis, un fervent adepte de cette technique qui est une vraie révélation et que je pense tout à fait adaptée à nos latitudes.
Je vous proposerai prochainement un soin complet avec des pochons car j’ai en plus trouvé un fabricant, de ces outils, tout à fait exceptionnel tant en qualité qu’en prix de revient.
Un peu de patience et je vous en reparle… pour l’instant je travaille et je m’entraîne.

Une jambe, l’autre, le dos, avec et sans drap, toute la face postérieure est abordée et cette fois avec une variété de mouvements plaisante et efficace alors que souvent c’est un peu sommaire. Bonne surprise le muscle fessier n’est pas épargné et même sollicité avec beaucoup d’attention, enfin… ça il faut copier…
La sensation est très bizarre car même avec une température extérieure de plus de 32° la chaleur des pochons est très agréable et laisse sur le corps une vraie sensation de bien être et de détente immédiate.
Ensuite la masseuse monte sur la table et c’est un enchainement de pressions et d’étirements.
Le corps est ensuite découvert partie après partie (ça j’aime pas et il faut pas copier…) et c’est un massage à l’huile qui termine la face postérieure.
Je me retourne dans un " ballet " de serviettes du genre j’ai rien vu mais je regarde, courant et maintenant largement repris en France (faut pas tout copier…)
La face antérieure est abordée de la même manière avec un détail que je n’ai pas apprécié et que j’ai retrouvé souvent. A peine êtes vous allongé sur le dos que la masseuse vous recouvre les yeux d’un bandeau sans même vous demander votre avis.
Oui, c’est reposant (mais lourd), oui, vous profitez mieux des sensations, oui, oui mais j’aime pas et je trouve ça inutile surtout si la pièce est dans la pénombre, surement une réminiscence claustrophobe suite à mon accident d’ascenseur…

Le soin se termine par un massage du visage et du crâne avec étirement de la nuque du meilleur effet et tout à fait bienvenu en fin de séance, qui a duré 2 heures.

La masseuse m’invite à m’asseoir et pose une serviette chaude sur mes épaules pour détendre une dernière fois mes trapèzes avec des pressions judicieusement choisies.

Je retourne me changer et là j’hésite à prendre une douche. Ma masseuse me l’a déconseillé pour garder l’effet de l’huile et des plantes. C’est vrai aussi que le toucher était parfait (le signe indiscutable d’une demande de douche après un massage c’est la mauvaise qualité du toucher ou la mauvaise qualité de l’huile et de son application), peut être un soupçon d’huile en trop mais je n’ai rien envie d’effacer.

Un autre Ginger tea m’attend, comme la petite voiture et le chauffeur qui me ramène à ma chambre.
Les arbres et les fleurs sentent encore meilleur je suis… comme je suis quand je suis bien, je suis.

Si je vous dis que dans cet hôtel il y a aussi un restaurant fabuleux qui donne des cours de cuisine Thaï (ceux qui me connaissent bien apprécieront), si je vous dis qu’au bas de la rue qui mène à cet hôtel, que dis je, à ce palace, il y a la ferme des orchidées (même ceux qui ne me connaissent pas peuvent comprendre), si je vous dis que l’accueil et les sourires qui planent dans cet hôtel vous embaument autant que les orchidées, vous comprendrez pourquoi je joue au loto toutes les semaines, et mieux si je gagne vous saurez où je suis…
Sur mon site, plusieurs extraits vidéos de ce soin (j’ai le film entier) et de cet hôtel vous attendent pour vous faire rêver.
Visiter leur site aussi : www.fourseasons.com/chiangmai
En collaboration avec Asie-Online (www.asie-online.com) l’agence qui m’a aidé à organiser ce voyage je vous proposerai prochainement un tour de ces grands hôtels et SPAS pour celles qui veulent s’offrir ou se faire offrir une folie.

Divorcez et remariez vous c’est un beau cadeau de mariage…
Pour tout renseignement appelez moi ou écrivez moi à : Guy Dumont – Les Joncs – 69550 Ronno
Tél : 04 74 89 22 49
guydumont@guydumont.com
www.guydumont.com

Le massage Nuad Boran avec Maitre Homprang | Juin 2009

     
     
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Apprendre à la source
" Nuad Boran " le massage traditionnel thaïlandais au Baan Hom Samunphrai à Chaing Mai

Toute ma vie, j’ai toujours cherché, pour apprendre, à rencontrer les créateurs des méthodes que je voulais étudier ou leurs assistants les plus proches.

Je pense que boire à la source évite souvent la pollution. Il y a beaucoup d’avantages à apprendre avec le créateur d’une méthode. Je parle, bien sûr, de vrais chercheurs qui, un jour, vont pouvoir exprimer toute leur personnalité et leur sensibilité dans un seul domaine, pour ensuite, y consacrer la majeure partie ou toute leur vie.
Le vrai créateur est celui qui parvient à trouver un support personnel qu’il peaufinera toute sa vie pour parvenir à le maîtriser et à en révéler toutes les lois.
Il ne faut pas confondre le créateur et l’assembleur.
Le créateur est poussé par une force intrinsèque, un besoin viscéral de recherche, souvent alimenté par la souffrance ou les mauvaises expériences du passé qu’il veut dépasser et régler pour lui et pour les autres, même si ce désir est utopique.
L’assembleur est celui qui profite des créations des autres en piochant, par ci par là, des petits bouts de création que souvent il ne comprend même pas lui même, et en tout cas, ne maîtrise pas. Son but est uniquement mercantile, et souvent ça marche, quel que soit le domaine, alors que celui du créateur est purement désintéressé car ce n’est qu’une recherche personnelle qui est le moteur de départ, et souvent le créateur ne sait pas vraiment quoi faire de sa création.
Le créateur a du mal à faire comprendre le pourquoi et le comment, alors que l’assembleur n’a fait et pris que ce qui peut se vendre, car tel est son unique but.

C’est souvent celui qui creuse les tranchées qu’on abat
Et ceux qu’elles protègent qu’on décore

Mais il n’est pas possible de trouver un créateur pour tout, et ceci pour deux raisons.
Soit le créateur est mort, soit la technique est ancestrale et il n’y a pas vraiment de créateur.
Qui serait le créateur de la peinture, de la musique, de la cuisine, de la danse ou du massage ?
Si certains créent de nouvelles expressions de leur art, d’autres se " contentent " (et j’ai beaucoup de respect pour ceux- ci) de poursuivre les recherches et de maintenir au plus haut une connaissance, un art ancestral qui ne se modifiera que très lentement, en gardant toujours les mêmes principes et la même essence qui sont toujours locales et qui, pour être compris, doivent être appris dans leur région d’origine.
Celui qui veut vraiment apprendre une langue est obligé de se rendre dans le pays d’origine s’il ne veut pas juste baragouiner. Pareil pour la danse, la cuisine ou la médecine et aussi pour le massage .

J’ai reçu plusieurs massage Thaï en France ou à l’étranger (hors Thaïlande) et, sincèrement, j’ai toujours été déçu quand ce n’était pas carrément en colère.
Alors, en allant en Thaïlande, je me suis dit qu’il fallait à tout prix que je trouve, non pas le créateur du massage Thaï, mais vraiment un Maître en massage Thaï, au moins pour essayer, et éventuellement, pour apprendre.
J’ai cherché longtemps sur internet, et là aussi, comme dans beaucoup de domaines, ce n’est pas le nom qui apparaît en première page de " Google " qui est le gage de qualité.
Sachez à jamais, que celui qui apparaît en première ligne ou page, paie pour ça, et paie très cher, tout simplement comme je l’ai dit plus haut, pour pouvoir revendre très cher, c’est son seul but et ça marche.
Dans les pages suivantes, et souvent très loin, d’autres cherchent simplement à s’exprimer, voire à partager,, même s’il vivent de leur métier .

J’ai contacté beaucoup d’écoles, en proposant de faire un reportage, et très souvent j’ai eu à faire à des " marchands " bien rôdés mais dont les propositions ou les buts ne me convenaient pas.
Et puis, j’ai trouvé enfin la perle rare au détour d’un forum, un simple nom : Homprang.

Je précise avant de continuer, que je ne juge pas les autres car je ne les connais pas toutes, et qu’automatiquement ma connaissance est succincte, mais là, je m’engage personnellement.
Oui, c’est la première fois, alors que je vous écris régulièrement depuis 20 ans, que je m’engage personnellement sur la valeur d’une adresse et je vous précise absolument que cela ne me rapportera pas un centime, juste le plaisir de vous faire un vrai et beau cadeau, c’est ça le vrai plaisir…

Nous avons été accueillis pendant deux jours dans cette école, seuls, et en dehors d’une période de cours.
D’abord le lieu : superbe et magique, un petit coin de paradis. Très grand mais pas immense, confortable mais pas opulent : juste beau.
Plusieurs petites maisons en bois sont parsemées sur un grand terrain, avec une abondante et superbe végétation.
Les maisons sont des vieilles maisons rachetées à des paysans, qui ont été démontées puis remontées et restaurées sur place.
Une salle de cours qui est une petite maison, un bain à vapeur aussi à part, une salle de soins également etc…
Tout est minutieusement agencé depuis 14 ans qu’Homprang et son compagnon Christopher (poète anglais qui parle très bien le français) ont commencé à construire ce centre.
C’est juste beau et " deux seuls savent " à quel point je suis exigeant.
L’ambiance est familiale, les parents de Homprang sont dans une maison au bout du parc, frère et sœur s’occupent de l’intendance et de l’entretien, bref un lieu vraiment chaleureux.

A peine arrivés et installés dans nos chambres, nous sommes conviés au bain de vapeur aux plantes, préparé spécialement pour nous.
Juste à coté, une mini " piscine ", qui sert aussi de rempart naturel à la pièce de soins juste en dessus contre les visiteurs indésirables, permet de faire une pause et de se rafraîchir entre deux séquences, et ensuite de se reposer sur les fauteuils alentours pour déguster le fameux et succulent Ginger Tea préparé spécialement.
Ca commence vraiment bien ce séjour, après ce petit voyage de Bangkok à Chiang Mai (ville de l’école) et c’est comme un nettoyage de la pollution atmosphérique et sonore de Bangkok.
Le repas nous attend, juste délicieux et vraiment bien cuisiné, servi par la fille de Homprang avec ce doux sourire de bienvenu qui caractérise ce pays, mais qu’en plus, ici, je sens vraiment sincère.
Un dernier tea et au dodo.
Les chambres, à l’étage, sont très simples, mais une chambre, n’est ce pas fait pour dormir avant tout ?
Les toilettes et douches sont en bas, très propres et très pratiques.
Oui, ce n’est pas un hôtel de luxe (rien à voir avec le Four Seasons, voir article précédent) mais c’est comme ça que vivent les " vrais Thaï " et encore, en beaucoup mieux, car beaucoup, à la campagne, n’ont pas encore l’eau potable voire même l’électricité.
Ici, tout le nécessaire sans le superflu est présent et même un peu plus, car il est possible de se connecter à internet sans problèmes, je crois gratuitement (pour moi en tout cas…) et le téléphone portable passe très bien.

Réveillés par les oiseaux, le petit déjeuner nous attend. Là encore, confiture maison, fruits en tous genres, pain, gâteaux, café, thé etc.… La journée s’annonce plutôt bien, je suis impatient de vivre la suite.
Nous avons prévu qu’Homprang me donnerait un Massage Thaï ce matin, puis cet après midi à mon assistante et que je pourrai filmer et prendre des photos.

On m’a refusé 2 fois de prendre des photos en Thaïlande, un endroit où j’ai refusé le massage, en voyant ce qu’il faisait sur mon assistante, et l’autre où j’ai interrompu le massage au milieu, pour rester courtois envers la masseuse…

Je revêts le pantalon adéquat pour le massage Thaï, très large afin de pouvoir mobiliser les membres en tous sens. Pas question de recevoir un massage Thaï en jean, mais pas non plus déshabillé.

165 minutes de Bonheur
Homprang se recueille quelques instants, je suis allongé sur un matelas confortable, et c’est parti. Pressions et étirements vont se succéder sur tout le corps pendant près de 3 heures.
Homprang a 51 ans et pratique cette technique depuis l’âge de 9 ans.
Le toucher est incroyablement précis, très confortable au début, puis de plus en plus appuyé, et elle se joue de mon corps avec une facilité qui me déconcerte. Elle a du en faire " des kilomètres de corps " pour pouvoir, du haut de son mètre soixante et de ses 50kg, me " manipuler " dans tous les sens. Je me laisse complètement aller, je me sens parfaitement en sécurité. Même pour me retourner, je n’ai rien à faire. J’étais sur le ventre, et grâce à un mouvement incroyablement précis, je me retrouve confortablement sur le dos, sans l’avoir aidée une seule seconde : du grand art.

Une seule erreur, je lui fais part de petites douleurs cervicales anciennes, et là encore j’ai droit à un " mini acharnement " sur la zone en question, assorti de pressions plus importantes, à tel point qu’à un moment je lui fais signe de s’arrêter, ce qu’elle fait aussitôt.
En fait, c’est surtout par peur, plus que par douleur, que je l’arrête, mais on m’a tellement maltraité sur cette région, " qu’indien vaut mieux que deux tu l’auras "…
Je suis tellement bien dans tout le reste du corps (juste une mini douleur sur une ancienne tendinite de l’épaule droite) que j’ai pas envie de tout casser, et surtout de finir sur une mauvaise impression.

J’ai été touché par plusieurs centaines de mains dans ma vie, sur tout le corps, et celles là, les vôtres Maître Homprang, font partie des cinq meilleures que j’ai rencontrées. Je suis ému.
Homprang semble tout à fait en forme après cet " exercice " alors que je pense que je serais complètement cassé à sa place, c’est ça la maitrîse, même pas transpirante (le soir je lui montrerai le Massage Artistique autour d’un feu de bois et à son tour, c’est elle qui sera impressionnée par ma création.) Nous allons manger après une ballade dans le parc et un bon moment passé autour du petit lac.
Le repas est toujours aussi délicieux, judicieusement épicé et avec des saveurs que je ne connaissais pas encore.
L’après midi, je filme la même séance sur mon assistante (que vous pouvez voir sur mon site) et je suis tout aussi impressionné, re-ballade, re-repas, re-nuit, re-petit déjeuner et regrets de se quitter.

Pour les Jeunes
Vous êtes jeunes, motivés, intéressés par la culture et le massage asiatique, FONCEZ.
Tout est possible, en mini groupe, à deux, en cours particulier, de 5 jours à un mois et à un prix défiant toute concurrence. Logés et nourris sur place, un environnement exceptionnel, un enseignement d’extrême qualité, tout ce qu’il faut pour bien apprendre et être fier de ce qu’on fait.
Une vraie arme pour trouver un bon travail dans un SPA de qualité ou pour créer votre propre activité, je vous assure que j’aurais bien aimé trouver ça 35 ans en arrière.
Et après, vous pourrez vraiment dire (si vous le respectez et le perpétuez) " je fais du vrai massage Thaï traditionnel " et non pas un ersatz à la sauce mercantile de ce qui est enseigné en France (pardon pour ceux, s’il en est, qui sont honnêtes). Vous pourrez aussi apprendre le massage traditionnel des pieds.

Pour les Vieux (comme moi…)
Vous êtes fatigués physiquement et mentalement, un peu aigris par le mercantilisme ambiant, mais pas encore résignés, FONCEZ.
Vous vous initierez, et peut être pratiquerez le massage Thaï parce que ça vous plaira et que vous vous en sentirez capables. De toute façon, même si vous ne pratiquez pas ensuite (pour les pieds c’est toujours possible et facile) vous allez vous ressourcer en qualité, en " mangeant du beau et du bien fait " et les conséquences seront énormes sur ce que vous savez déjà.
Vous pouvez même y aller juste pour vous reposer et vous faire masser, c’est fait pour.

Mieux encore.
A moins d’avoir déjà beaucoup voyagé, il n’est pas facile d’aller en Asie, surtout si c’est la première fois, tout seul. Alors, là aussi, j’ai pensé et travaillé pour vous, pour que les parents " poules " soient rassurés et que les débutants aux voyages soient sécurisés, juste ce que j’aurais aimé trouver.
En accord avec l’agence de voyage Asie Online, qui a organisé mon voyage et dont je vous ai déjà loué les compétences, nous vous avons concocté un super programme.
Je précise, que l’accord porte sur la qualité du voyage (c’est moi qui ai fait le programme et eux ils organisent) et QUE JE NE TOUCHE AUCUN POURCENTAGE SUR CE VOYAGE. Si ça vous surprend, ou si vous ne me croyez pas, je suis juste triste, pour vous.
Tout est organisé du début à la fin, vous n’avez qu’à monter dans l’avion et vous êtes pris en charge jusqu’au retour.
C’est un programme qui mêle, apprentissage, détente dans des SPAS de luxe ou exceptionnels, découverte de Bangkok et transfert à Chiang Mai.
Rien de commun avec ce qui est proposé habituellement dans les agences de voyages.

Je suis aussi très content d’avoir édifié cette démarche pour remercier " Les Nouvelles Esthétiques " et surtout Michèle de Lattre qui m’a beaucoup aidé dans ce voyage et ainsi pouvoir vous proposer une vraie information, journalistique, professionnelle et pratique, ce qui, à ma connaissance, n’est pas courant, voire inexistant, dans les autres magazines.

Alors c’est simple.
Vous allez sur le site de Homprang : www.homprang.com
Vous allez sur le mien : www.guydumont.com
Vous allez sur le site de l’agence : www.asie-online.com vous les appelez de ma part (M.Anthony Mahé le directeur)
Vous m’écrivez : Guy Dumont – Les Joncs – 69550 Ronno ou guydumont@guydumont.com
Vous me téléphonez : 04 74 89 22 49 – 06 80 48 07 09

Vous souriez et je vous remercie
Guy

Des vagues à L'âme | Février 2009

     
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Des vagues à l’âme

Comme je vous l’ai déjà dit dans mes précédants articles, le plus grand intérêt de
cette profession est pour moi la diversité des rencontres et des lieux, qui permet une
réflexion profonde sur ce que sont les réalités du massage et du Toucher en général.
La dernière expérience que je viens de vivre m’a remué dans tous les sens du terme.
Ce n’est pas tous les jours qu’on vous offre une croisière, et c’est pourtant ce qui m’est
arrivé. Une croisière de luxe, avec un festival de musique classique, pour moi qui suis
passionné par le son, c’était à ne pas râter!
De Marseille à Madère en passant par Gibraltar, pour croiser Les Canaries avant un
retour par le Maroc et l’Espagne, que d’images et de sensations en perspective!

J’embarque donc sur le Bleu de France, à Marseille, le vendredi après-midi, pour un
retour prévu le mardi, 11 jours après.
En arrivant dans ma cabine, je trouve une invitation à la journée porte-ouverte du SPA
qui a lieu cet après-midi même. A peine le temps d’ouvrir ma valise, et je suis déjà au
SPA, en me disant qu’en étant dans les premiers, je pourrai prendre le maximum de
renseignements et de photos sans être dérangé. Un SPA de 800 m2 sur un bateau, je
n’ai jamais vu ça, et ça doit valoir le détour. Comme le bateau a été entièrement rénové
très récemment, je suis impatient de découvrir le cadre et les installations.

C’est un peu le parcours du combattant pour s’y rendre, puisque étant au niveau 4, il
faut que je remonte au niveau 5 pour traverser le bateau et redescendre au niveau 2 qui
n’est pas accessible directement. Et là, je me rends tout de suite compte qu’un
architecte qui construit un bateau, ne doit pas avoir comme priorité, la conception du
SPA. D’ailleurs, le SPA n’existait pas à la création de ce bateau qui compte déjà 28 ans
de navigation.
La place qui lui est dédiée au niveau 2 n’est pas très loin de la salle des machines, mais
c’était certainement la seule solution pour avoir un emplacement suffisant. Le problème,
c’est qu’installer un SPA à côté de la salle des machines, c’est pas tout à fait la même
ambiance qu’à côté d’une parfumerie…si vous voyez ce que je veux dire…Je suis saisi
par une odeur que je ne qualifierai pas, car s’il est vrai qu’une mécanique comme celle-
la doit brûler beaucoup de carburant, il est aussi vrai que les 1300 occupants du bateau
ont tous des besoins naturels à satisfaire et nous ne devons pas etre loin du stockage…
Ou alors c’est un vrai probleme de climatisation.
Par contre, dès l’entrée du SPA, je suis agréablement surpris par le décor, sobre et sans
tape à l’oeil. Je trouve ce cadre très apaisant et de bon goût: simple, fonctionnel, avec
des cabines spacieuses réparties autour d’une grande piscine. Visiblement, on a voulu
“mettre le paquet” et je suis encore plus impatient d’en savoir plus.

C’est Marie qui me fait visiter, cabine après cabine (12 au total) ainsi que les
installations : jacuzzi, sauna, bain à vapeur, bain d’arôme et douches sensorielles. Je ne
me suis pas présenté, mais je sens tout de suite au discours de Marie que son travail lui
plait, car ses explications sont claires.
A la fin de la visite, je me présente et je lui propose de me faire essayer un soin, en
précisant que c’est plutôt le massage qui m’intéresse. Je vois dans ses yeux un regard
d’approbation, et même d’admiration, car elle me dit avoir souvent lu mes articles et être
heureuse de me rencontrer, même si elle est un peu impressionnée.
Nous prenons rendez-vous pour un soin, en fin d’après-midi, au moment où le bateau
appareillera.
Je ne m’étendrai pas longtemps sur son déroulement, d’autant qu’il m’est difficile de me
prendre en photo tout seul, n’ayant pas encore acquis les facultés de Lucky Luke mais
je préfère plutôt vous faire partager mes réflexions et mon ressenti sur ce que j’ai vécu.

J’arrive un peu en avance, et en attendant, il m’est remis, comme à chaque client, un
questionnaire à remplir, où je dois préciser si j’ai des problèmes d’allergie, si je suis un
traitement, quels sont les maladies, opérations ou traumatismes que j’ai subis
etc…etc… et en fin du questionnaire qui doit être signé, il est bien précisé que les
massages sont pratiqués sans aucune connotation médicale ni érotique…

Ce soin, appelé Rituel Indocéane, pratiqué avec les produits Thalgo, dure environ deux
heures et est affiché à 125 €..
Il se compose de 3 étapes : un gommage sucré-salé sur tout le corps, suivi d’une
douche, un massage complet du corps et enfin un enveloppement au lait et aux algues
brunes.
Ce qui m’impressionne tout de suite, c’est le professionnalisme de Marie. Pourtant, elle
n’a que 22 ans, mais je sens instantanément que c’est une fille passionnée. Tout est
précis, pas de discours superflu, son toucher est de très très grande qualité, et vraiment,
je ne perçois aucune faille.
Bien que je ne connaisse pas ce soin, je suis persuadé qu’elle le respecte
scrupuleusement (ce qu’elle me confirmera par la suite) et que ce n’est pas sa “sauce” a
elle comme je l’entends souvent. Je sens en elle du plaisir à toucher, du plaisir à bien
faire les choses, au point qu’elle m’en ferait presque oublier les désagréments.

Puisque je parle de désagréments, je voudrais faire une parenthèse, qui je l’espère,
sera lue par le plus grand nombre.
En rentrant de cette croisière, et c’est la stricte vérité, j’ai eu la surprise de trouver dans
mon courrier, une lettre d’une des dirigeantes de l’esthétique, dont je vous livre ici le
passage le plus important :
“Monsieur, à titre personnel, et contrairement à ce que vous écrivez, le Modelage
Californien a été créé en Californie à Esalen, très exactement par Margaret Elke. C’est
un mélange de massage suédois et indien, et j’ai du mal à comprendre pourquoi vous
vous acharnez. J’ose espérer que ce n’est pas parce que vous ne le connaissez pas, ce
qui serait très bas…”
Cette dame ne semble pas avoir vérifié ses accusations sur mon site, ni lu le passage
où je parle abondament et précisément de Margaret Elke, pour qui j’ai un profond
respect et qui représente pour moi une des meilleures mains que j’ai rencontrées.
Je précise que j’ai été le troisième diplômé professionnellement en France et qu’à la
suite de ma formation, j’ai pris en plus, des journées de cours particulier avec Margaret
pour connaitre parfaitement toutes les techniques de massage qu’elle pratiquait :
massage de la femme enceinte, massage à sec etc…
Enfin, lors du dernier stage qu’elle a animé en France, et au cours duquel elle avait tenu
à me rencontrer dans les locaux des Nouvelles Esthétiques, elle a terminé son cours
avec mon tee-shirt de Massage Artistique sur le dos. Peut être qu’elle m’appréciait
aussi… En fait elle voulait me voir pour me dire que j’étais le seul a avoir compris son
enseignement et à conserver vraiment une pratique de qualité et elle voulait que je
continue ce qu’elle avait commencé.
N’étant pas tout à fait d’accord avec la place de la parole dans son massage (je ne parle
jamais quand je touche) et voulant rajouter la musique (qu’elle n’appréciait pas) comme
moteur du massage je n’ai pas pu répondre à sa demande malgré sa tristesse.

Donc, je dis et répète que le Massage Californien n’existe pas et je suis effaré de
constater les dérives et la dévalorisation qui ont été faites de cette technique que l’on
trouve maintenant sous ce nom, aussi bien en esthétique que dans les lieux de
prostitution…
D’ailleurs elle n’a pas crée le massage californien, ni le massage Esalen, mais le
Sensitive Gestalt Massage.
Vous pouvez toujours vérifier sur internet.
Le massage californien est aussi populaire en France que le massage français à
l’étranger, hors à ma connaissance le massage français n’existe pas non plus en
France. J’irai d’ailleurs prochainement en Californie et je vous relaterai ce qui s’y passe
vraiment.

Je voudrais encore vous donner un petit détail, mais qui a peut-être… son importance…
Toutes les formations que j’ai faites avec Margaret Elke se passaient de la manière
suivante : masseurs, massés et formateurs (Elle et son compagnon) étaient NUS
pendant tout le cours, et cette nudité était obligatoire. J’ajoute qu’en aucun cas, cela n’a
amené quelque dérive que ce soit et que j’ai rarement vu autant de travail et de respect
que dans ses stages. Je précise encore que les stages étaient mixtes et de tous âges,
et pour ce qui concerne ma formation, allaient de 23 à 65 ans.
Quand je vois qu’aujourd’hui il devient de plus en plus difficile de faire dégraffer un
soutien-gorge par une jeune fille allongée sur le ventre dans un cours de Massage
Californien, je pourrais dire que ça me fait rigoler… mais en fait je suis plutôt triste et
révolté.
Quand je vois que beaucoup le pratique par terre, ce fameux massage californien, alors
qu’elle importait ses tables des Etats Unis pour ses stages en France (à l’époque on
n’en trouvait pas en France et votre serviteur a été le premier à en importer) je pouffe…
Alors, appelez ça comme vous voulez, mais surtout ne vous référez jamais à Elle si
vous ne respectez pas ce qu’elle enseignait, ni ce en quoi elle croyait. Elle ne se serait
jamais permis de “faire du modelage”, ce qui, je le rappelle, selon la définition du
dictionnaire, signifie que l’on veut “imposer une forme”. Et moi non plus.

Si je me suis permis cette parenthèse, c’est pour vous dire qu’une des choses que j’ai le
moins apréciées dans le cas présent, et que je n’apprécie jamais quelles que soient les
conditions, c’est le morcelage du corps, que l’on retrouve dans beaucoup d’autres soins,
avec cette manie qui consiste à couvrir et découvrir chaque partie que l’on masse ou
que l’on vient de masser. Et pourtant, j’insiste, la manière dont l’a fait Marie fut
absolument impeccable, avec une précision, une attention et une délicatesse sans faille,
et certainement de la meilleure manière qui m’ait été infligée jusque là.
Dans le même registre, cette façon de tendre la serviette comme paravent, au moment
où vous vous retournez, qui lui a donc été enseignée et imposée, et que j’ai retrouvéé
maintes fois, me parait grotesque.
Si les formateurs ou les esthetciennes ont peur du corps et de la nudité, il existe des
cours de theatre médieval en armure qui sont tres à la mode et vous conviendront
beaucoup mieux…
Il existe un autre “petit” détail que je vois très souvent et qui parait inconcevable, c’est le
flacon d’huile à pompe, à côté de la table (l’avoir sur soi ne change pas le probleme), qui
oblige à lâcher chaque fois que l’on veut prendre de l’huile. Je l’ai toujours dit, huiler
n’est pas un moment agréable, et ce geste doit être fait en une seule fois, sur tout le
corps, pour ne pas avoir à rompre le contact ou la fluidité des mouvements pendant la
durée du massage.

Un bateau, ça bouge!
Détai suplémentaire : par définition, un bateau c’est sur l’eau, l’eau ça bouge et ça
produit un mouvement dénommé “vague”. Comme nous sommes près des machines, le
bruit me rappelle tout de suite que nous venons d’appareiller, alors que Marie
commence le massage, et la veille, pendant la nuit, nous avons essuyé une tempête
avec des vents à 120Km/h et des vagues de 12 mètres…(rapport du commandant et
non pas radio-passagers).
Certes, dans un port, ça ne bouge pas beaucoup, mais rapidement, en quittant le port,
je sens les effets de la houle sur la table, et là aussi, je suis impresionné par les facultés
d’équilibre de Marie qui, malgré tout, réussit à garder un toucher constant et de qualité.
Elle m’avouera par la suite que parfois, ce n’est vraiment pas évident et quand on sait
qu’il est arrivé au piano de 370Kgs de se déplacer dans la salle de concert, j’imagine les
conditions d’un massage dans ce genre de situation. D’ailleurs je le vérifierai moi même,
car le lendemain, c’est moi qui masserai Marie pour lui faire découvrir le Massage
Artistique après avoir appareillé. Et même par temps calme, je vous assure que c’est
bizarre…

Chapeau, Mademoiselle!
Puisqu’on parle de conditions, il est intéressant de s’intéresser aussi aux conditions de
ce genre d’emploi, qui certes, peuvent varier, mais qui doivent quand même se
ressembler.
Donc, niveau moins 2, sous l’eau, sans lumière du jour, de 9h à 20h, 7 jours/ 7, pendant
6 mois d’affilée.
Certes avec un temps de pose qui peut aller jusqu’à 2 heures si le bateau est à quai.
Si vous avez mal compris, il suffit de relire la phrase, c’est clair et c’est précis et vous
calculez le nombre d’heures.
Bien sûr, il est évident que le salaire est à la hauteur des efforts déployés et des
sommes investies dans les écoles de spécialisation en soins du corps qui doivent vous
permettre de rêver et oser espérer accéder un jour à ce genre d’emploi. Car c’est
nourrie, logée, à 2, dans une cabine d’environ 12 mètres carrés, sans payer d’impôts,
que l’on vous paiera grassement 800 dollars net par mois, avec en plus un pourcentage
sur les ventes et les soins, ce qui représente un salaire net de 900 € pour Marie au mois
d’octobre, pour la bagatelle de 250 à 300 heures de travail.
Oui c’est tout bénéfice mais n’oubliez pas que pour téléphoner et même pour aller sur
internet c’est payant et très cher. Et les conditions sont telles que le peu d’argent que
vous gagnez vous le dépenser, dans les différentes escales si vous pouvez sortir un
moment, pour combler et compenser cette vie plus que difficile.
De toute façon je connais peu de gens qui supporteraient ça même si ça fait rêver tout
le monde et pour preuve c’est que je peux vous dire qu’à part le personnel Balinais, par
exemple, pour qui ce salaire est une fortune, peu de jeunes filles, mêmes les plus
passionnées ne renouvellent plus d’une ou deux fois leur contrat.
Alors, moi je dis : “Chapeau, Mademoiselle!”.
Après les six mois que vous avez passés en Angleterre pour peaufiner votre anglais et
les six mois sur ce bateau dans de telles conditions, j’espère de tout coeur que votre
rêve d’aller à Vancouver se réalisera, car les gens comme vous sont rares. En tout cas,
si je peux vous filer un coup de main, n’hésitez pas.

Pour parachever le récit de cette aventure, il faut encore que je vous dise que j’ai fait
découvrir le DiGiQiDo à tous les musiciens et au chef d’orchestre de la croisière, qui ont
été stupéfaits de voir ce qu’on pouvait faire avec des mains entrainées, et qui, eux,
m’ont instantanément invité à dispenser ce cours au conservatoire de Perpignan, ainsi
qu’à Bordeaux, à l’inverse de certaines écoles de soins du corps qui me fuient, sous
prétexte que cela dérangerait leurs petites habitudes.
Un musicien, au bout de 20 ans de travail quotidien, a toujours envie d’apprendre et de
se perfectionner, alors qu’un masseur se croit arrivé après quelques week-ends et prêt à
enseigner sans même avoir appris à aiguiser ses outils que sont les mains.

Des vagues à l’âme, je n’aurai qu’un mot : Je vous salue, Marie!

Vous avez vécu une expérience similaire ou des commentaires je voudrai bien avoir vos
témoignages.
Vous pouvez m’écrire ou me téléphoner à :
Guy Dumont – Les Joncs – 69550 Ronno
Tél. 04 74 89 22 49
guydumont@guydumont.com ou digiqido@wanadoo.fr
www.guydumont.com
Merci et bon vent…

Le Massage Thailandais "au pays du sourire" | Avril 2009

     
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Le Massage Thaïlandais. Au pays du sourire.

Il y a une trentaine d’année, lorsque j’ai commencé à masser quotidiennement, je n’aurai jamais pensé qu’un jour j’écrirai un article sur le massage thaïlandais. En effet à cette époque, à chaque fois que j’énonçais que ma profession était de masser et que la personne savait que je n’étais pas kiné, j’avais droit 9 fois sur 10 à la même réflexion : " c’est des massages thaïlandais… " C’était presque une insulte ou tout au moins empreints de sourires narquois (rien que le pluriel était significatif). Le pseudo massage californien arrivait à peine et tout ce qui n’était pas kiné était thaïlandais dans cette nouvelle ère de prise de conscience du corps et du toucher.
Aujourd’hui par contre c’est devenu très tendance et qui pourrait encore tenir debout s’il n’avait pas recours à toutes les techniques qui nous viennent d’orient, qu’elles soient balinaises, thibétaine, ayurvédiques, thaïlandaise, chinoise, japonaise ou autres.
Loin de moi une critique dans ces propos car si je reconnais une vraie connaissance et un vrai apport (quand elle est respectée) dans toutes les techniques orientales, ce qui m’agace au plus haut point c’est de croire que sans cela point de salut, comme bon nombre de gens veulent le faire croire.
J’ai toujours fait le parallèle entre la cuisine et le massage, ne serait que pour l’exigence que chacun devrait avoir pour devenir un " chef étoilé du massage ".
Aussi pour le fait que manger de temps en temps asiatique en France c’est sympa, mais manger français ça a aussi du bon et ça marche…
D’ailleurs la comparaison me tient vraiment à cœur et ceci dans de nombreux domaines vraiment important.

Je suis parti 15 jours en Thaïlande du 22 janvier au 5 février et donc j’ai " râté " la tempête du 24 janvier et je vous assure que c’est difficile de correspondre ce jour là (et d’autres) avec un interlocuteur français même si c’est votre épouse.
Comment ça va ?
- C’est la cata, y’a eu une grosse tempête tout est cassé, il neige, on se gèle, tout le mode est calfeutré, on a bien fait de faire rentrer du mazout avant que tu partes et toi ?
- Moi, je suis dans la rue, bouffé par les moustiques, je crève de chaleur et je transpire toute la journée (entre 25 et 34° tous les jours, c’est l’hiver là bas…)
En plus cette nuit la clim marchait pas je te raconte pas…
Ou alors :
- Qu’est ce que tu as mangé ?
- Je me suis fait une bonne soupe de poireau pomme de terre du jardin, et je me suis fait un bon grog ca réchauffe, y’a pas un bruit on dirait que tout est mort, tout le monde fait la tête et toi ?
- Moi je sais pas vraiment mais je peux te dire que c’est pas facile de manger épicé en même temps (merci Coluche) que d’absorber tout ce bruit et cette pollution. Heureusement ils ont une bonne bière toujours servie très fraiche et toujours le sourire, ça aide à faire glisser… etc…(et tout est vrai).

Tout ça pour vous dire c’est difficile de relater exactement ce qu’on peut vivre et d’adapter à nos systèmes de valeur. Là bas il est tout aussi facile d’ouvrir un salon de massage qu’une pizzeria en France et à part peu être la mafia qui contrôle (je n’en sais rien), il est sur que la guéguerre des pseudos coopérations qui ont le droit de masser ou pas n’existe pas.
Quand on a vraiment mal on va à l’hôpital et quand on veut se détendre on va dans un salon de massage ou un SPA.
C’est vrai aussi que tout paraît détendu et souriant. Vous n’entendrez jamais de klaxon intempestif façon français stupide à qui on a " volé " 4 ou 5 mètres dans une queue interminable. Non, on attend et tout vas bien se passer.
Les tuktuks passent, les voitures passent, les scooters passent, les bateaux passent et le temps passe, tout ça dans un bruit et une pollution incroyable (il paraît qu’il meurt une personne toutes les 20 minutes à cause de la pollution), mais faut bien que la vie se passe et qu’un jour on trépasse. C’est d’ailleurs pour moi un vrai tour de passe passe car je ne comprends même pas comment c’est possible de vivre à Bangkok (même avec les masques que porte 1 personne sur 4 dans certains quartiers), alors que j’ai entendu d’une française " j’adore l’énergie de cette ville ", chacun son truc… Pas d’agressivité, le sourire même quand on demande de prendre une photo, l’asie en carte postale, ça devait vraiment être sympa il y a quelques dizaines d’années. Aujourd’hui on vit du tourisme et on cultive le tourisme, comme on cultive le riz, avec méthode, raffinement et rendement notoire.

J’ai préparé ce voyage totalement différemment de celui que j’avais fait à Bali ou j’étais vraiment parti le nez au vent.
A ce sujet je tiens à remercier toutes celles d’entre qui m’ont témoigné leur intérêt et leur sympathie pour ces articles et ces vidéos vécus. J’espère vous surprendre encore plus cette fois.
J’ai passé de longues nuits sur internet et dans les guides pour essayer d’appréhender différemment ce pays.
Cette fois j’ai décidé d’aller voir aussi ce qui se passait dans les palaces, d’autant que 3 de ces palaces (sur les 8 que j’ai visité ou j’ai séjourné) vont bientôt s’installer à Paris, alors je trouvais très intéressant de voir comment il faisait là bas et j’irai comparer ensuite.

J’ai vu vraiment des choses de toutes beauté et que je n’avais encore jamais vu. Des cabines de 50 à 80 m2, un décor de rêve, voire même démesuré qui relègue certains " soit disant palace " français que j’ai visités au rang de Formule1 de l’hôtellerie et encore…

C’est très intéressant de voir ce que propose le fleuron du genre tant hôtelier qu’au niveau des SPAS.
Bien sur je n’ai pas oublier de séjourner (brièvement) dans une école pour voir ce qu’on enseigne et je vous ai trouvé l’endroit idéal pour celles qui veulent apprendre, de l’authentique et du bien fait.
Et aussi, comme d’habitude, je me suis interessé à la rue, et j’ai essayé les petits et même les très petits.
J’ai même dégotté un endroit paradisiaque au fond d’une ruelle, une expérience extraordinaire qui a lui tout seul vaut le voyage.
De 4 à 140 Euros, le salaire d’une esthéticienne dans un SPA de luxe est de 250 Euros, c’est la fourchette de prix des 22 " soins " que j’ai reçus.
Et là comme ailleurs c’est pas toujours le plus cher le meilleur comme vous le verrez.

Un point rapide et clair sur les " fameux massages thaïlandais ".
A l’abord de tous les grands hôtels il y a autant de salons de massages au m2 que de boutiques de souvenirs à Lourdes et du bon comme du pire.

D’abord le massage des pieds. Alors là c’est incroyable. Dedans ou dehors, des rangées de fauteuils où on vous invite à vous asseoir pour vous masser les pieds moyennant la somme de 3 à 6 euros pour une heure et là il y a beaucoup de Thaï qui occupent les fauteuils et qui ronflent paisiblement pendant qu’un homme ou une femme s’occupe de leurs pieds, et quelques étrangers. Le soir c’est l’apothéose, après la fermeture des magasins, dans certains quartiers, il y a le marché de nuit. On déballe tout ce que l’on peut de contrefaçon en tous genres et aussi 4 ou 5 fauteuils par ci par là, une pancarte et c’est le pied…
Je vous en parlerai plus longuement plus tard.

Puis pour ceux qui sont dedans vous avez le choix entre thaï massage et oil massage, à peu près pour le même prix et pour 1 ou 2 heures.
Le thaï massage se fait sur le corps habillé et là c’est au petit bonheur la chance. Généralement 6 à 10 matelas par terre, dans une grande pièce, espacer d’environ un mètre et séparer par des rideaux en guise de cloison. On vous propose un espèce de kimono, haut et bas, qui ressemble souvent à un pyjama et ou on pourrait facilement tenir à deux… C’est nécessaire parce là commence la séance d’étirements, coups et pressions, dans tous les sens et c’est franchement bizarre. On m’avait prévenu, mais même prévenu c’est souvent quand ça s’arrête que ça fait vraiment du bien…
J’ai reçu plus de coups par des femmes qu’aucun homme n’aurait même pas oser m’en mettre un sous peine d’avoir à jamais mon empreinte digitale gravée dans sa mâchoire…
J’ai même reçu des coups de " marteaux " en bois, aux abords de la colonne vertébral, d’un effet plus que douteux, et ça, dans le plus grand palace que j’ai visité et que je connaisse.
En tout cas, variqueux, " bariqueux " et mou du genoux s’abstenir.
Pour ceux qui, comme moi, trainent une tendinite à l’épaule depuis un certain temps, passez votre chemin et choisissez l’herbal siam massage, la fierté et l’autre spécificité du pays (une révélation pour moi et que je compte bien développer), dans les palaces, sinon vous ferez comme moi et vous aurez l’air tout bête de ne plus pouvoir porter votre valise au retour.
Un autre truc que je vous donne, ne dites jamais ou vous avez mal car 99 fois sur 100 (même dans les palaces) on en profitera pour appuyer 3 ou 4 fois plus fort à cet endroit et en insistant longuement. C’est de l’homéopathie à l’envers, plus t’as mal plus je te fais mal et moins tu te plains de ce que tu avais avant, que tu ne sens plus (donc ça marche…) parce que maintenant tu as mal ou moi je t’ai fait mal.
J’exagère à peine et je vous assure que j’ai trouvé la démarche très généralisée et bizarre.
En tout cas et vraiment sincèrement j’ai du mal à comprendre ou à accepter (on peut tout comprendre même le pire, mais accepter relève soit de l’ignorance soit de la manipulation, physique ou mentale) qu’il faille faire à tout prix mal pour faire du bien.
Par contre et ça c’est une grosse différence que j’ai trouvé avec Bali c’est que très souvent ou vous demande d’abord quelle pression vous voulez, léger, moyen ou fort et que votre choix est pratiquement toujours respecté, même si une piqure de rappel est parfois nécessaire…
C’est comme pour les épices on vous demande mais…
Et puis il y a l’oil massage (je parles des petits salons dans la rue) qui se passe plutôt dans une cabine fermée (pas toujours). Et là les choses sont rapidement claires. Ce n’est pas le client qui demande mais la masseuse qui propose moyennant un " tip " (pourboire) qu’elle évalue suivant la prestation demandée ou proposée. Je suppose d’ailleurs qu’elles ne sont payées qu’avec ça. Et là c’est un problème parce que quand vous dites non, vous êtes massacrés en bonne et due forme, car vraiment inintéressant, à tel point qu’à chaque fois, j’ai interrompu rapidement la séance pour rester courtois, car même sous ces latitudes mon naturel… peut revenir au galop quand on me touche mal.

C’est vrai que l’industrie du massage en général et des SPAS, à l’intérieur des hôtels ou les DAYS SPAS (sans hébergement) doit représenter un sacré paquet de baths (monnaie locale) parce qu’il y en a vraiment de partout dans Bangkok et Chiang Mai ou je suis allé.
Par contre dès qu’on s’éloigne du centre ou des hôtels, plus rien comme si ça n’existait pas et là encore je me demande combien de Thaïlandais aujourd’hui connaissent le massage thaïlandais, comme l’acupuncture en chine et le massage balinais à Bali.
Cette industrie est tellement florissante que même le gouvernement participe à son essor.
En me renseignant sur Chiang Mai (700 kilomètres au nord de Bangkok) j’ai trouvé un truc incroyable : le SPA de la prison des femmes.
Oui vous avez bien lu, un SPA dans une prison et vous pensez bien que je ne pouvais pas rater ça.
En fait l’idée c’est que pour réinsérer les femmes qui sont en prison et quand il ne reste pas plus de 6 mois à faire, le gouvernement à mis en place un enseignement de la couture, de la cuisine et du massage.
Donc à côté de la prison il y a local qui sert de SPA.
Quand je dis SPA c’est un peu exagérer (même si c’est le nom) car elles ne proposent que le massage des pieds ou le thaï massage.
Ce que j’ai adorer (et je suis sincère) c’est que la veille j’étais hébergé et j’ai reçu un soin dans un des plus somptueux hôtel et SPA de Thaïlande (pour moi le plus beau de ce que j’ai vu dans le monde) le Four Season de Chiang Mai (dont je vous parlerai spécialement dans un autre article). C’est l’équivalent de l’hôtel Georges V à Paris qui fait aussi partie de la chaine Four Seasons.
Autant vous dire que le contraste fut saisissant pas tout à fait le même genre.
J’ai reçu un Thaï Massage et je m’en souviens encore.
Malheureusement interdit de filmer et de prendre des photos. J’en ai quand même " volée " 2 ou 3 rien que pour vous…
Après avoir revêtu la tenue adéquate dans un réduit de l’arrière salle on me propose de m’asseoir sur un fauteuil et ma masseuse dédiée apporte une bassine plastique, franchement bas de gamme remplie d’eau à moitié, qu’elle pose devant moi pour me laver les pieds (rituel quasiment systématique à chaque fois qu’on va vous toucher, quel que soit l’endroit).
Ma masseuse se porte bien (celle à ma droite sur la photo) et je panique un peu, parce que la Thaï massage même dans des mains d’une masseuse de 40 kilos (que j’ai eu 2 fois) c’est tonique alors là je m’attends au pire, même si en général je préfère les grosses, pour le massage…(voire dans mes articles précédent, " les hommes préfèrent les grosses ").
Je m’allonge ensuite sur un des matelas. Je ne suis pas seul. A côté de moi, d’un coté Oksana mon assistante et de l’autre un européen qui semble parler quelques mots de Thaï et qui me dit que j’aurai du prendre 2 heures au lieu d’une, on va voir… Au bout de la salle un Thaï apparemment habitué à qui j’aurai bien chanté la dernière chanson de Patrick Sébastien " Ah si tu pouvais fermer ta… " mais bon je suis pas chez moi et on sait ce que les polis sont…Il arrête pas de parler, et comme il parle " l’étranger " alors je comprends rien.
On est presque tous arrivés en même temps, tôt.
Ma masseuse me demande ce que je veux comme pression et je lui dit " léger " d’autant que certaines traces des jours passés ne cèdent même plus à l’aspirine (ça c’est presque faux mais c’est une image qui me plait…).
Pas de problèmes et là l’incroyable se produit. Ma sincérité n’a jamais pu être mise en doute alors croyez moi, du pure bonheur. En plus comme les lits Thaï (les tables de massage aussi), même dans les grands hôtels, ont à peu près même confort qu’une voiture allemande bas de gamme, mes lombaires sont au plus bas (vous me direz que c’est leur position normale dans le dos… mais je parle de leur niveau de souplesse) et c’est un régal. Jamais trop fort, jamais trop dur, sauf à la fin.
Elle entreprend de me hisser sur ses genoux en se mettant sous moi et en me tirant les bras en arrière un peu le genre de figure que vous avez pu voir dans certaines démonstrations de massage par ceux qui confondent cirque et soin du corps et qui ne peuvent faire ça que sur une gamine de 18 ans. Comme celle là on me l’avait déjà faite, je lui fais un petit signe désapprobateur et instantanément elle s’arrête presque en s’excusant (ils doivent aussi leur apprendre " la classe "), bien joué…
A la fin elle me demande si je veux en plus un massage du cuir chevelu d’une demi heure. J’avais lu que non seulement elles apprennent pour pouvoir ensuite espérer être embauché dans un SPA mais qu’en plus cela leur fait un pécule à la sortie car elle perçoivent tout ou partie du prix " exorbitant " demandé (quittez pas ça vient) . Alors tu parles Charles… c’est pas de refus.
Pour celles qui me connaissent bien, vous apprécierez…
Elle s’assoit derrière moi en tailleur, mets un gros coussin sur ces genoux et pose ma tête sur le dit coussin, et c’est parti, massage du cuir chevelu et de la tête.
Et là, ma conscience professionnelle (qui est de ne pas dormir pour savoir vraiment ce qui se passe) prend l’allure de la tour de pise, puis celle du world trade center comme un attentat à l’inconfort endurer depuis 12 jours, à cause du voyage, du bruit, et de certaines mauvaises papattes qui se sont posées sur moi. Je sombre dans une douce torpeur, que je rythme avec ce doux ronflement (oui j’ai dit doux parce que je ne fume plus…depuis 1 mois) repris par les meilleures berceuses du monde entier.
Même les lithanies de mon voisin de gauche deviennent des soupirs ou des points d’orgue.
En bref je ne peux pas tout vous raconter…
Je me réveille elle m’aide à me relever avec un demi sourire.
Mon assistante à l’air aussi bizarre mais elle c’est l’inverse, parce que la séance a semble-t-il réveillé sa hernie discale et c’est pas la joie.
Bon, elle finit quand même par une série de " petite claquettes " dans le dos mais mon meilleur pote l’aurait fait et à ce moment là on est vraiment pote.
Je paye mon du : 570 baths pour 2 soit 3 heures de soins, un peu moins de 13 euros.
Si un jour je change de profession je fais visiteur de prison à Chiang Mai…et j’essaie de choisir la " bonne ".

Du bonheur que du bonheur ce voyage, je vous promets, du beau, du bon, du vrai dans mes prochains articles à venir.

Allez une critique pour entretenir cette réputation qui même moi me fait sourire (il critique toujours et il a mauvais carctère, pour celles qui ne savent pas…)
J’ai refusé de recevoir un massage à 4 mains auquel j’ai assisté dans un DAYSPA qui a obtenu le titre de meilleur DAYSPA de l’année 2008 et mon assistante, gentille elle, a refusé d’avoir la face antérieure après la face postérieure, tellement c’était mauvais.
En plus il est dit sur leur publicité que chaque mouvement est fait sur le rythme de la musique, donc j’étais " un peu " interressé de voir de voir comment il faissait moi qui ne fais ça que depuis 25 ans…
En arrivant on me dit qu’il est interdit de filmer et que je ne peux prendre que très peu de photos car tout est secret. Je ne sais pas pourquoi mais je fleure la catstrophe
Résultat, une musique qui comparée à celle de Clayderman, ce dernier aurait fait figure de Mozart, une technique, façon redoublement de maternelle (le même mouvement stupide répété entre 4 et 10 fois de suite) un cadre désuet et triste, deux filles qui se parlent tout le temps dont une qui mache bruyamment son chewing gum, les yeux rivés sur leur crincrin pour bien tenir le rytme calculé à l’avance sans tenir compte de la personne allongée.
En arrêtant le massage de mon assistante on me propose quand même de subir le même " outrage " et je décline la proposition à la surprise des 2 masseuses qui ne comprennent pas et de la manager de ce SPA qui semblent étonnée.
Nous leur avons simplement fait une démonstration de Massage Artistique à 4 mains à laquelle assistait aussi leur patron.
Il nous a rapidement quitté, payer le taxi, pour ne plus nous voir, nous avons cassé son château de cartes. Désolé mais fallait pas abuser… La seule vraie fausse note du voyage.

Une autre critique général : le confort des tables de massage et la musique.
Là je vais la faire très direct. Non seulement un scandale mais à MON avis (cela veut dire que ça n’engage que moi, bien que si vous réfléchissez…) la fausse note qui relève ou de la stupidité, ou de la méconnaissance ou du non respect aussi bien du client que de la masseuse.
Aujourd’hui il existe, pour une somme modeste (surtout comparée à ce qui est investi pour d’autres choses totalement inutiles), je ne sais combien de systèmes, efficaces et plaisants, pour diffuser de la musique de qualité, et là bas, comme ici, c’est la misère totale.
Certes on n’est pas obligé d’être aussi passionné et exigeant que moi par le son et son influence mais à ce point c’est vraiment affligeant.
C’est exactement, pour moi, le même effet que si j’allais mangé dans un 3 étoiles Michelin et que les nappes, sur la table, étaient des nappes en papier et les couverts en plastique.
D’ailleurs je voudrais bien voir (et je crois avoir la réponse…) si les critiques attribueraient le même classement tout en mangeant la même chose, alors que ces SPAS sont considérés comme les meilleurs fleurons du monde.
Il en est de même pour le confort des tables. Il existe aujourd’hui des matériaux extraordinaires pour assurer le confort du patient et on a toujours pas compris que c’est un des truc les plus importants pour apprécier ce qui est fait.
Imaginer être assis dans ces mêmes 3 étoiles sur un tabouret à 3 pieds qui sert à traire les vaches (ça me fait le même effet) et vous verrez là aussi que la nourriture n’a pas le même goût.
Les têtières des tables recouvertes de serviettes, " savamment " pliées, qui vous talent et marquent le visage il faudra arrêter un jour.
Les tables de massage avec un rayon en dessous qui obligent la masseuse a porter tout son poids sur les mains sous peine de se casser vraiment le dos, et qui ne sont même pas réglable en hauteur ni instantanément ni pas du tout faudra aussi un jour arrêter.
Pour être encore plus simple moi je vous dirai que si j’avais un SPA équipé comme ça j’aurai tout simplement honte, vraiment honte. Et si un jour sort un vrai guide des SPAS, fait par un professionnel (j’y pense…) et non un journaliste dont on achète l’avis avec du champagne, j’espère que ça fera partie de la notation.
Comme disait un de mes cousins, qui travaillait sur les marchés forains, ça gagne pas mais ça débarasse et ça fait du bien d’être sincère.
D’ailleurs au sujet de la musique comme des tables de massage, je m’engage ici à faire profiter gratuitement (alors que ça peut coûter très cher et rapporter de l’or) de toutes mes connaissances dans ce domaine. Appelez moi, ou d’autres, mais faites quelque chose, ca fera du bien à tout le monde.

En tout cas je vous ramène des reportages vraiment exclusifs et passionnants que je vous ferais partager l’un après l’autre dans mes prochains articles. C’est vraiment un endroit à visiter au moins une fois mais je crois qu’il faut se dépêcher parce que ça risque de devenir vraiment invivable dans peu de temps.
Une parenthèse quand même, c’est que même si vous n’y allez pas, n’ayez jamais honte de ce que vous faites car même s’ils ont le massage thaï et l’herbal siam massage qui sont vraiment 2 techniques spéciales, en ce qui concerne le massage de détente à l’huile je peux vous dire que les techniques sont très pauvres (quel que soit l’endroit) et qu’on a rien à leur envier.

Je voudrais remercier ici l’agence de voyage " Asie-online " (www.asie-online.com) qui m’a aidé à préparer ce voyage et qui a été vraiment, non seulement d’une grande aide mais d’un professionnalisme sans faille aucune. Si vous décidez de faire un tour là bas je vous la conseille sans réserve (et croyez moi que j’ai demandé à beaucoup d’autres) car en plus de voyages tout à fait passionnant ils sont à l’écoute des besoins et font des voyages sur mesure à des prix vraiment sympas. Contactez Monsieur Anthony Mahé le directeur, de ma part, et le meilleur accueil vous sera réservé. Nous avons d’ailleurs prévu d’organiser des voyages spécialement pour celles qui veulent apprendre ou pour celles qui veulent découvrir et profiter. Au moment ou ces lignes paraitront je pense que les choses seront déjà bien avancées, profitez en vite.

Tous vos commentaires ou vos expériences sont les bienvenus. Vous trouverez sur mon site un tas de photos et de petites vidéos (épilation au fil dans la rue, par exemple) et tous les liens de tous les hôtels ou endroits que j’ai visités.

Je vous prépare un ou deux DVD sur ce voyage que vous trouvez prochainement dans votre magazine préférez et j’en profite pour juste pour envoyer une pensée à Michèle de Lattre, car aucun mot ne peut qualifier ma gratitude.

Un petit mot un coup de fil, n’hésitez pas :
Guy Dumont- Les Joncs – 69550 Ronno
Tél. 04 74 89 22 49
guydumont@guydumont.com
www.guydumont.com

Massage Balinais traditionnel au SPA SEKAR JAGAT | Juin 2008

     
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Le massage traditionnel Balinais
au SPA SEKAR JAGAT à Bali.

Dans le numéro du mois d’avril je vous ai évoqué mon périple à Bali et aujourd’hui je vous présente le Massage Traditionnel Balinais tel qu’il m’a été enseigné après l’avoir reçu par Madame Putu Indri Artini Arta. J’ai reçu une quinzaine de soins différents à Bali et c’est de loin le meilleur.
De plus, en l’apprenant en cours particulier, comme j’ai l’habitude de le faire chaque fois que c’est possible, j’ai eu la chance de vraiment profiter d’un enseignement authentique.

Je vous l’ai déjà dit, le Massage Balinais n’est pas un massage cocooning et on s’en rend compte dès le premier mouvement car la masseuse monte sur la table pour se servir du poids de son corps et effectuer des pressions sur les jambes.
J’ai retrouvé cette démarche dans beaucoup d’autres lieux de massage et je pense donc que c’est tout à fait authentique.
Une autre constante du Massage Balinais, c’est qu’avant le massage du corps proprement dit la masseuse vous lave les pieds dans une petite bassine avec de l’eau chaude additionnée d’huiles essentielles ou de fleurs.
Ce moment relativement agréable bien que toujours fait de manière un peu mécanique, m’a personnellement beaucoup gêné. Avoir une masseuse au service de mon confort, oui, mais une masseuse à genoux et à mes pieds c’est pas mon fantasme et même j’ai une certaine aversion.
D’autant plus, que chaque fois c’est le même discours, en anglais, " tout va bien, la température est elle correcte, d’ou venez vous, merci monsieur, merci monsieur, merci monsieur etc… "
En fait là c’est loin d’être une critique, mais plutôt une gêne toute personnelle qui fait que même si c’est moi qui paie et que le prix d’un seul massage peut représenter, parfois, plus que le salaire mensuel de la masseuse, je ne peux pas me résoudre au droit de l’avoir à mes pieds. Chacun son truc…
Je sais que beaucoup d’esthéticiennes bien intentionnées ou de directrices d’écoles vont me rétorquer que cette pratique est tout à fait bien venue et normale au vu de l’hygiène, moi qui me suis si souvent fait reprocher de ne pas passer de l’alcool sur mes mains et les pieds de la personne que je masse, même si je me lave toujours les mains soigneusement avant et après un massage.
A celles là, je rétorquerai que c’est fait avec à peu près le même soin, c’est à dire, aussi mal, avec aussi peu d’éfficacité et donc totalement inutile. C’est peut être pour ça aussi que cela m’a gêné.
Un autre fait important que j’ai retrouvé dans chaque lieu de massage du plus modeste au plus prestigieux c’est la pudeur voire la pudibonderie des masseuses bien que l’attitude soit parfois bizarre.
Je m’explique.
Il est hors de question de s’allonger nu sur la table et là seule fois ou je l’ai fait (n’ayant pas eu d’indication de la masseuse) ce fut presque un scandale.
En fait chaque fois on vous propose ou plutôt on vous enjoint de vous équiper, après vous être déshabillés, d’un slip jetable qui est d’ailleurs toujours le même quel que soit l’établissement, noir, style petit bateau bouffant et très peu seyant.
A partir de là la masseuse est rassurée et cela ne lui empêchera plus de le baisser ou pas pour avoir accès au muscle fessier qui est toujours sollicité et parfois de manière fort énergique…
En fait je pense que c’est uniquement pour le massage du ventre que cela les rassure, d’autant, et là aussi c’est une constante, qu’il est très peu massé.
A ce sujet j’ai plusieurs fois demandé aux masseuses si elles avaient des problèmes avec les hommes et chaque fois j’ai eu la même réponse : " oui, mais seulement avec les asiatiques "…

Par contre je me demande comment font les Américains " bien portants… " pour enfiler cet accessoire, taille unique, qui déjà me semblait un peu juste…

Le corps est complètement couvert au départ et ce n’est qu’ensuite qu’il sera découvert partie après partie pour être huilé et massé.
Dans tous les SPAS la position de départ est la même : Allongé sur le ventre, les bras le long du corps et la tête reposant sur une têtière. Ca par contre, ça m’a paru beaucoup moins authentique, car je me demande comment ils faisaient avant que les américains inventent cet accessoire dont j’ai personnellement horreur et que je trouve vraiment néfaste au confort. Le pire, c’est que ostéopathiquement parlant, cette position entraine un tas de tensions très rapidement, même si elle semble confortable au départ.
Mais les modes sont les modes et une table sans trou pour le visage ou sans têtière est invendable aujourd’hui… Une fois, j’ai imposé à la masseuse de me mettre dans une position normale et ça l’a vraiment dérangée.

Le seul truc agréable, c’est que généralement il y a sous la têtière une mini vasque remplie de fleurs de Frangipanier ou d’épices et que ça sent bon. C’est aussi joli à voir mais avec les yeux fermés au moment du massage la perception est fugace.

Une anecdote véridique, je vous l’assure :

Le premier massage que j’ai reçu comme vous le voyez sur les photos était dans une cabine à moitié à ciel ouvert, ce qui est très agréable (dans la mesure où le SPA est au calme et que vous ne profitez pas du chant du coq d’à côté ou de l’animation de la rue) et était jusque là inconnu pour moi.
Par contre, le problème d’être à l’extérieur, c’est d’être à l’extérieur…
Il n’y avait pas 2 minutes que j’étais allongé, le massage ayant déjà commencé, qu’un moustique adepte de la spéléo est venu visiter mes narines par dessous, et là on se dit qu’on risque de passer un mauvais moment…
Je les ai retrouvés souvent mais la masseuse alerte m’en débarrassait généralement promptement, d’autant plus facilement que ces petites tapettes sur différentes parties de mon corps s’intègrent parfaitement à la douceur du Massage Balinais…

Le massage Balinais commence toujours par des pressions sur le corps et même à sec si je peux dire, avant que la masseuse n’utilise de l’huile. C’est souvent de l’huile de coco ou de soja mélangée à des huiles essentielles de frangipanier, jasmin, rose, bois de santal ou autres épices ou fleurs.
On vous fait choisir les huiles suivant l’odeur que vous aimez ou l’effet recherché.
Ca c’est vraiment un plaisir parce ça sent vraiment très bon, même si je trouve que ces huiles sont un peu trop grasses et que quand il y en a trop on ressort façon frite mal égouttée. Mais ça, c’est commun aussi en France pour tous ceux qui n’ont pas compris qu’être essuyé est un geste, s’il est bien fait, qui fait aussi partie de la qualité et de la globalité du massage.

Pour y remédier on vous propose toujours dans les grands SPA de prendre une douche, voire un bain, ce que l’on trouve aussi en France.
Je l’ai déjà dit mais je persiste et signe, je n’ai jamais vu un grand restaurant vous proposer à la fin du repas juste après les mignardises ou le pousse café, de vous rincer la bouche à l’eau de javel pour effacer le goût et les sensations du repas… Mauvaise habitude, manque de lucidité, mauvaise huile ou mauvais toucher… chacun voit…


La masseuse utilise différentes parties de la main alternativement, les doigts, la paume, les poings ou les pouces pour effectuer soit des pressions, soit des glissements, soit des pétrissages courts ou longs mais toujours appuyés et profonds. Heureusement que la température avoisine souvent les 35° avec 80 à 90 % d’humidité dans l’air, ce qui permet aux tissus d’être prêts à recevoir ce genre de toucher.

Toutes les séances se terminent, en ce qui concerne les grands spas, par une boisson chaude souvent excellente offerte avec la convivialité qui caractérise ce pays

Je vous précise que j’ai pris toutes les photos pendant le déroulement d’un massage, sans jamais demander à la masseuse de s’arrêter ou de poser, ce qui me paraît beaucoup plus authentique et vivant. Je les ai prises aussi sans flash pour laisser la notion de mouvement et ne pas figer l’image. C’est aussi pour respecter l’ambiance et les couleurs réelles.
Vous pouvez visiter le site de ce SPA en cliquant sur le lien suivant : Sekar Jagat

Bali Rêve et Réalité.

     
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Avant d’être formateur, j’ai bien évidemment été élève, et pendant cette période, j’ai toujours cherché à remonter à la source des techniques que je voulais apprendre. Rien n’est plus désagréable, à mon sens, que de payer une formation et de faire tous les efforts nécessaires pour l’apprendre, pour s’apercevoir ensuite que ce n’est que de l’a peu près par rapport à l’original.
Comme tout un chacun, j’ai eu une attirance passagère pour l’orientalisme et ses techniques ancestrales et miraculeuses, d’autant que pendant ma formation de naturopathe et d’ostéopathe il y était souvent fait référence.
Après un voyage éclair en Inde il y a plus de 30 ans et 2 semaines d’enseignement du Massage Artistique à Taïwan en 2001 (65 instituts proposent le Massage Artistique à Taipeï) je décidai de reprendre contact avec l’Asie pour me rendre compte sur place des techniques réellement pratiquées.
Depuis une dizaine d’années, tous les SPA français ou européens essaient de rivaliser en proposant les massages les plus exotiques, aux noms les plus enchanteurs, dans des cadres tous plus mirifiques les uns que les autres.
Mais qu’en est- il réellement de la technique proposée sur les lieux même d’où elle est supposée provenir ? Existe- t- elle vraiment ? Comment est -elle pratiquée ? Est- il possible de l’apprendre ? etc…
Mon expérience à Taiwan m’avait un peu refroidi car les 2 massages qu’on m’avaient proposés en référence du bien être et de la détente provenaient l’un d’Italie, l’autre du Portugal.
Le problème, c’est qu’un reportage est toujours restrictif par rapport à la réalité.
Qui pourrait, par exemple, faire un reportage exhaustif sur les massages pratiqués en France, dans tous les Spas ou instituts de Beauté, quand on sait que même des créations françaises ne sont toujours pas répertoriées, ni même connues dans beaucoup de Spas Français.
C’est bien connu " Nul n’est plus bête en son pays… "
Pour faire un reportage qui soit le plus complet possible, j’ai décidé de m’intéresser non pas à un pays entier mais à une toute petite île : Bali.
En effet, il me semblait plus facile d’explorer Bali que le Japon ou L’inde, sans pour cela imaginer un seul instant que je pourrai en faire le tour et être vraiment exhaustif mais avec la certitude de pouvoir au moins en relater l’ambiance générale et les pratiques les plus usuelles. Il existe plus d’une centaine de grands Spas à Bali, souvent incorporés aux grands hotels, et je suis certain qu’il y a plus d’un millier de petits instituts ou échoppes en tous genres, qui proposent des massages.
Dans ce but, j’ai décidé de partir 15 jours en préparant ce voyage pendant plus de 2 mois.
J’ai contacté d’abord toutes les écoles en leur précisant mon projet. Apprendre et me rendre compte de ce qu’était réellement le Massage Balinais pour pouvoir en faire état dans notre cher magazine " Les Nouvelles Esthétiques " partenaire de cette opération et informer au mieux les esthéticiennes Françaises.
J’ai d’ailleurs précisé aussi que j’étais moi même formateur et professionnel du massage et non pas simplement journaliste en quête d’informations vite engrangées.
Une seule école m’a répondu en me donnant son accord pour une visite détaillée et pour pouvoir apprendre les techniques traditionnelles du Massage Balinais. En fait, il s’agit d’un très grand SPA, SEKART JAGAT, ou la directrice Madame Indri PUTU propose un enseignement, en cours particulier ou collectif, du massage Balinais traditionnel qu’elle pratique depuis sa plus tendre enfance.
J’ai donc passé 5 Jours dans ce SPA pour recevoir et apprendre ces techniques en cours particulier.
Ensuite j’ai décidé tout simplement de me faire masser car je pense qu’il n’y a pas de meilleures façons pour se faire une idée précise que de recevoir.
Mais pour être le plus complet possible, j’ai surtout décidé de ne pas visiter que les grands Spas ou hotels, mais aussi des petits " instituts " et même en dehors d’un institut.
Du massage à 3 Euros jusqu’au massage à 100 Euros, d’une demi heure à plus de 2 heures, je me suis fait masser 15 fois dans des circonstances qui en feraient rêver beaucoup ou qui en rebuteraient beaucoup aussi.
Je vous relaterai précisément mes différentes aventures dans mes prochains articles, et je veux d’abord simplement exprimer des considérations générales communes à toutes ces expériences.

Avant de continuer, je vous précise que tous les propos qui vont suivre sont étayés par plus de 2000 photos et 6 heures de vidéo.
Malgré tout, ils ne reflètent que mon expérience personnelle, qui, même si j’ai cherché à être le plus objectif possible, reste succincte, et ne constitue en aucun cas, un jugement.

DUR… DUR… D’ETRE UN MASSÉ !
Quels que soient l’endroit ou les personnes qui m’ont touché, l’appréciation générale la plus importante que je garde de ces différentes expériences, est une sensation de dureté.
Certes, ma pratique et ma recherche personnelle depuis 30 ans, ne visent qu’à amener le confort, sans aucune agression, et peut-être suis-je mal placé pour juger, mais, néanmoins, je vous assure que c’est dur.
J’ai même, par deux fois, interrompu la séance et me suis légèrement " accroché " avec la masseuse. J’ai aussi refusé une offre, après en avoir constaté les conséquences sur la personne traitée avant moi qui est ressortie couverte de bleus…
Oui, le confort, c’est pas leur truc… et c’est pas le sujet !
Ce ressentit est encore accentué par le petit gabarit, en général, des masseuses asiatiques, qui dépassent rarement 1,60 m pour 45 kgs ! Là encore, il ne s’agit pas d’un jugement, mais d’une réalité : les mains étant proportionnelles à leur morphologie, les pressions exercées avec le bout de leurs doigts font plutôt penser à des clous plutôt qu’à une bonne main charnue comme je les aime.
D’autant plus qu’il est courant que la masseuse s’installe " à quatre pattes " sur la table et se serve de son poids sans beaucoup de discernement, quelles que soient les parties abordées.
Je vous passe les tapotements, voire les percussions sur les pieds ou sur la tête, que l’on retrouve communément chez presque tous les pratiquants.
Une fois, j’ai même éclaté de rire, à la simple pensée que si quelqu’un, en France, avait osé me faire subir ce que je venais de vivre… c’est sûrement moi qui lui aurait " mis ma main sur la figure " !
Et pourtant, pour toute réponse, je n’ai fait que rire, comme quoi mon mauvais caractère n’est sûrement qu’une légende…
Je n’ose même pas imaginer ce genre de contact sur des tissus très infiltrés, des zones gorgées de cellulite, sur des personnes agées, ou sur des jambes souffrant de varices ou de problèmes circulatoires.
Le risque est d’autant plus grand que tous les massages commencent le corps couvert par un drap, ce qui rend donc impossible, pour la masseuse, toute évaluation de la qualité des tissus.

37°2 LE MATIN
J’ai choisi de partir pendant la période la moins touristique, pour être dans des conditions plus vraies, au plus près de la réalité, et c’est donc en pleine période de mousson (fin janvier-début février) que j’ai atterri.
La température accablante qui règne toute la journée est aggravée par le taux d’humidité qui avoisine en permanence les 80 à 90% . Hormis les lieux climatisés, c’est comme si j’avais vécu dans un hammam pendant 15 jours ! Même si ce fut pour moi, difficile à supporter, j’y vois au moins un avantage : le corps est chaud et les tissus sont ainsi beaucoup plus en mesure de supporter ces traitements agressifs à mon sens.
La question qui se pose alors naturellement, c’est comment pratiquer un massage balinais, à Paris, qui plus est, en hiver, sur un organisme soumis à une température qui peut avoisiner les moins dix degrés ?…

ET POURTANT, ÇA MARCHE…
Après de tels propos, j’entends déjà s’élever certaines voix prêtes à me contredire… pour la simple raison que certaines personnes en sont très satisfaites, et même en redemandent.
Pardonnez moi, mais ceci n’est pas, à mes yeux, un critère de qualité. Je m’explique, et il y a longtemps que je voulais le faire à ce sujet, même si certaines images peuvent vous paraître choquantes.
La première, c’est que même le plus mauvais sandwich, pour quelqu’un qui meurt de faim, ressemble à un repas chez Bocuse pour les mieux nantis .
La deuxième, c’est que même si la musique dans les boîtes de nuit entraîne des problèmes de surdité passagère ou définitive chez ceux qui les fréquentent, ça n’empêche pas les propriétaires de les remplir…
La troisième, et sans aucun racisme, c’est que je ne suis ni américain ni australien, et qu’avec mes 80 kgs, bien suffisants à mon goût, je fais figure de gringalet face à leur quintal bien souvent dépassé qui constitue une bonne cuirasse.
La quatrième, c’est que comme beaucoup de choses désagréables…ça fait du bien quand ça s’arrête !
Quant à la fameuse phrase qui dit " qu’on se sent bien le lendemain même si c’est dur sur le moment ", cet argument me paraît aussi stupide que de faire l’éloge d’un repas indigeste, sous prétexte qu’on n’a pas été malade…
Petite parenthèse, et pour clore ce chapitre, je vous signale que la boxe existe depuis des siècles, et que ça risque de durer encore un certain temps, en faisant de plus en plus d’adeptes.
A chacun sa soif de sensations !

SOIS BELLE ET T’ES TOI
Ce que je vais maintenant énoncer n’est pas une critique, mais m’ a profondément marqué et même attristé.
Quelles que soient les mains qui m’ont touché, je n’ai jamais ressenti la moindre once d’affectivité et les témoignages de personnes ayant vécu la même expérience le confirment.
Peut-être faut-il en chercher l’explication dans le contexte socio-culturel .
La place de la femme en Asie, même si elle évolue, reste encore empreinte de l’ image d’une femme au service de l’homme. Le massage étant ,par ailleurs, proposé comme un produit commercial et touristique, les attentions sont plutôt motivées par un comportement un peu stéréotypé et des réflexions systématiques : Les " excuse me Sir " ou " Thank you Sir " prononcés une vingtaine de fois dans la même séance ne signent pas une réelle attention à la personne mais relèvent plus d’une mécanique dépourvue de tendresse et d’affectivité.
J’ai plusieurs fois, discuté avec la masseuse, en lui expliquant cet état de fait et en lui expliquant ce qui constitue à mon sens les règles de base du toucher, et très sincèrement, je vous assure qu’à chaque fois, ce fut une révélation, voire un révolution, pour elle.Notre échange verbal étant très limité à cause de la langue, c’est en leur montrant sur elles-même différentes manières de toucher, de la plus dure à la plus délicate, que je leur proposais ce mini enseignement. A chaque fois, c’est avec de grands yeux écarquillés, qu’elles semblaient découvrir leurs mains et le toucher. Des vrais remerciements, faits de mots et de regards reconnaissants, ont toujours ponctué ces mini entretiens, comme si quelqu’un les reconnaissait enfin, et leur permettait de profiter de leur métier.
J’ai même eu droit à un petit attroupement de toutes les masseuses disponibles, pendant que je discutais avec l’une d’elles dans un Spa et chacune s’est mise instantanément à pratiquer sur l’autre, pour essayer cette nouvelle attitude. Au risque de flatter mon orgueil, je vous assure qu’elles semblaient très avides de recevoir un massage de ma part, et de profiter d’un tel enseignement.

" C’EST PAS DE MA FAUTE, ON M’A JAMAIS DIT, ET J’Y AI JAMAIS GOÛTÉ "
On a beau faire des milliers de kilomètres, il semble que les erreurs soient toujours les mêmes ; Vous le croirez ou non, mais à chaque fois que j’ai demandé à la masseuse si elle avait déjà ressenti le soin qu’elle me proposait dans des conditions normales, la réponse a toujours été sans détour et sans aucune restriction : " non ".
Cela n’est pas spécifique à Bali, car combien de fois ai-je du enseigner ou corriger des techniques dans des grands Spas français, dont les pratiquantes, même employées pour certaines depuis une dizaine d’années, n’avaient jamais reçu ce qu’elles pratiquaient. Tant que les employeurs du monde entier n’intègreront pas dans les formations le temps nécessaire pour que chaque participant reçoive du formateur (s’il pratique réellement cette technique quotidiennement…et je parie n’importe quoi à quiconque que c’est moins de deux sur dix…) le soin intégral qu’il enseigne dans des conditions normales, on sera toujours dans la médiocrité. Et même dans ce cas là, qui est aujourd’hui de la pure fiction (sauf en cours particulier tel que je le propose) il est nécessaire que les employées reçoivent régulièrement ces soins, soit en les pratiquant entre elles, soit en faisant revenir le formateur.
Pour que cet état de fait change, il serait aussi très intéressant, mais là je crois que je rêve vraiment, que les employeurs reçoivent au moins une fois,(et là, je vous assure que c’est moins d’une fois sur dix) les techniques qu’ils " achètent " et mettent sur leur carte. Vous ne pouvez imaginer, tellement c’est aberrant, le nombre de fois où mon " employeur " a refusé que je pratique sur lui-même la technique qu’il me demandait d’enseigner à ses employés ou ses élèves.
Essayez juste d’imaginer ce que cela donnerait dans un restaurant où le patron vous demanderait de faire un plat qu’il n’aurait jamais goûté, et de l’enseigner à ses cuisiniers qui, eux non plus, n’auraient pas le droit d’y goûter… De la pure fiction pour la cuisine, la réalité pour les soins du corps.
Oui, je sais que des propos sincères et honnêtes ne sont pas toujours faciles à entendre, mais je rétorquerai simplement aux grincheux qu’ils ne sont pas plus facile à vivre.

Seules mes " copines de la plage " ont manifesté un peu d’humanité, dans la joie et la bonne humeur.. . Mais ceci est une autre histoire que je vous raconterai plus tard…

A CHACUN SON " MASSAGE CALIFORNIEN "
Au risque de raviver le feu qui brûle entre certaines écoles d’esthétique et moi, quelque chose m’a bien fait rire : vous ne pouvez imaginer le nombre de Spas qui proposent, à leur carte, " le massage français " ou " le massage suédois " ! Si ce dernier à toutes ses lettres de noblesse chez nos amis masseurs-kinésithérapeutes, le " massage français " me fait penser au massage californien au programme du plus haut diplôme d’esthétique, dont il n’existe aucun référentiel et dont la technique est totalement inconnue dans le pays même dont il porte le nom! Je ne l’ai pas testé, mais je suppose que là-bas aussi, chacun doit le faire " à sa sauce " selon la formule que j’entends souvent. Même à 13 000 kilomètres de chez nous, un moment de honte est vite passé et c’est bien connu, le ridicule ne tue pas. Ça , c’est universel !

AU PAYS DU SOURIRE ET DU REVE
Si les propos précédents peuvent paraître teintés de négatif, je me dois aussi en toute sincérité, de faire état de la qualité d’accueil exceptionnelle que l’on trouve à chaque pas dans cette île.
C’est aussi la gentillesse et le service hors du commun qui m’ont ébahi et qui sont souvent le principal souvenir des journalistes qui visitent cette île.
Des décors somptueux avec des Spas paradisiaques qui relègueraient bons nombres de Spas dits " haut de gamme " en France, au rang de boutique à St Ouen, font là bas partie de l’ordinaire.
Aucune agressivité, le beau et le chaud (trop chaud pour moi…) comme seule monnaie, certes, le massage business un peu trop présent, mais des contacts hyper chaleureux dont je me souviendrai longtemps. Une superbe expérience que je tiens à vous faire partager dans les prochains articles, et en envisageant même d’y organiser un voyage pour un groupe d’esthéticiennes françaises si la demande est suffisante.

Faites le plein d'énergie : ne pas se vider et comment se recharger

Depuis 25 ans que je fais des démonstrations à travers le monde il est une question qui revient presque toujours et dans toutes les langues : " vous devez être fatigué, comment faites vous pour vous recharger ? "

J’ai toujours la même réponse, qui désarçonne souvent la personne qui m’a posé la question : " la seule chose qui me fatigue vraiment, c’est celle que je n’aime pas faire. "

Eh oui, ce qui peut paraître un lieu commun n’en est pas moins que la stricte vérité ! et en plus, ce n’est pas la mienne seulement, je pense vraiment qu’elle est universelle. Mais qui pourrait se permettre d’édicter une loi universelle ? Sûrement pas moi.
Et pourtant, quand j’étais jeune (si vous voulez ma date de naissance rendez vous sur mon site, c’est trop tard pour m’envoyer des fleurs cette année…) j’énonçais à qui voulait l’entendre que Rambo ne pouvait même pas prétendre figurer sur la liste de mes élèves : Pour enseigner de 4h à 8h du matin, masser de 9h à 19h et enseigner à nouveau de 20 h à minuit, comme je l’ai fait souvent, il devait encore travailler un peu…(moi j’avais 27 ans…).

Plus sérieusement, si les affres de la jeunesse permettent de comprendre les débordements des actes ou propos de leurs auteurs, il est un age ou il devient difficile de continuer à parader. C’est pourquoi j’aimerais vous livrer mes modestes expériences et réflexions sur le sujet, même si je sais d’avance que cela ne remplacera pas les vôtres.

LE MASSAGE, UNE ACTIVITE PHYSIQUE

Les enfants adorent jouer au jeu des professions stupides : " blanchisseur de touches de piano ", " enfonceur de portes ouvertes " … etc, et pourtant…
Quelle que soit la technique, le massage est une activité physique, parfois même de haut niveau (comme le massage thaï, ou le massage artistique…). Je suis effaré de voir que quelles que soient les réformes faites dans l’enseignement ou la valorisation du métier d’esthéticienne, il n’est encore venu à l’idée de personne de mettre au programme un enseignement physique. C’est peut- être pour cela, en dépit de leur manque d’expérience, qu’on n’embauche que des jeunes, voire très jeunes filles, même dans des centres prestigieux. En effet, rares sont les esthéticiennes qui, passé les 40 ans, ont encore la force, même si l’envie persiste, voire même s’est accrue, de faire une série de 8 massages dans la journée, et je ne parle pas d’une douzaine, si on voulait seulement travailler à mi temps (Coluche).
Là, y’a pas de truc. Il faut des jambes.
Si votre activité physique se borne au contact, pied droit , pied gauche, des pédales d’accélérateur et de frein de votre voiture, vous ne tarderez pas à connaître l’enfer de ce métier, avec la cohorte de tous les maux qui le caractérisent dans la plupart des discours de salons : " j’ai mal au dos, j’ai les jambes lourdes et gonflées, j’ai mal à la nuque ou je suis vidée ". Et pourtant ces affirmations ne sont que le résultat et le constat d’un manque d’activité physique et non pas une fin inéluctable.

La solution : marcher.
Il n’est pas besoin de se ruer dans une salle de sport pour se maintenir en forme ou de pratiquer je ne sais quel sport à la mode. Un quart d’heure à 1/2 heure de marche quotidienne sont le minimum syndical pour qui veut prétendre tenir sur ses jambes un certain temps et, à ma connaissance, peu de techniques de massage se pratiquent assis.
Si vous voulez un test, qui peut aussi vous servir d’entraînement, voici le mien. Vous repérez un immeuble de 10 étages minimum. Vous prenez votre téléphone portable, vous appelez un copain ou une copine et c’est parti. C’est parti ou ? C’est parti par l’escalier, et jusqu’au 10 ème, sans vous arrêter, et sans que la personne à qui vous parlez ne le sache, et surtout ne s’en rende compte, c’est à dire qu’à chaque phrase elle n’entende un long soupir ou le moindre essoufflement.
Pour les champions, ou ceux qui aiment les records, on peut encore faire mieux. Après être redescendu (par l’ascenseur, pour économiser vos genoux) recommencez une nouvelle " ascension " mais cette fois, en appelant un copain ou une copine à venir (de mon temps on disait en draguant…) ou pour les kamikases, appelez un futur employeur…
Si vous n’êtes pas capable de monter au moins 10 étages dans ces conditions, ne lisez pas ce qui va suivre, ça ne sert à rien et surtout, ne cherchez pas d’autres moyens vendus par je ne sais quel faiseur de miracles (lui même incapable de le faire) ça ne marchera pas.

Remarquez qu’il y a encore plus fatiguant que le massage. Hormis le fait de faire ce qui ne plait pas, c’est ne rien faire qui est le plus fatiguant. Une journée passée assis, même devant la télé ,ou pire encore, debout derrière un comptoir, tient souvent du parcours du combattant pour le dos et les jambes.

OUI MAIS QUAND MEME

Bon supposons que le minimum soit acquis (à vous…) il n’en reste pas moins qu’il faut récupérer, et là encore, il suffit d’être logique pour ne pas énoncer ou s’enfoncer dans les énormités que l’on entend ça et là.
Exemple : " moi je fais les saisons, 4 mois l’hiver, 4 mois l’été, et j’ai bien besoin d’un mois chaque fois pour m’en remettre. "
Je sais que la franchise est rarement pardonnée quand elle fâche, mais là je suis outré quand j’entends cette phrase.
C’est pas le travail, même si je reconnais qu’il est conséquent, qui fatigue quand on fait une saison, mais les sorties le soir. Et oui ! quoi de plus naturel, quand on est loin de chez soi et seul, que de se distraire !
Je me souviens d’une élève qui me faisait cette réflexion alors qu’elle faisait sa première saison dans une prestigieuse station de ski. J’étais étonné parce qu’auparavant, en ayant travaillé plusieurs années avec moi, elle ne rechignait pas à se lever tôt et ne semblait jamais fatiguée.. En la questionnant j’appris que ses nouveaux horaires de coucher ne commençaient jamais avant minuit, pour s’étaler jusqu’à 5h du matin. En plus, ses lieux de récupérations se bornaient à 4 ou 5 rues où se trouvaient tels ou tels bars, pubs ou boites de nuits enfumés où, à grand renfort (ou rend faibles) d’alcool, de cigarettes et de bruit (la musique est un art qui se déguste…le bruit est son déchet…) elle se changeait les idées…Et encore elle ne touchait que rarement à d’autres substances illicites…en s’étonnant que là, elle ne soit vraiment pas bien…

OUI MAIS IL FAUT BIEN SE DISTRAIRE ET LE MENTAL C’EST IMPORTANT

Cette phrase est d’une tristesse qui me désole et pourtant elle est aujourd’hui le crédo de notre société et j’en suis sûr, sera bientôt intégrée dans la prochaine constitution.. Eh bien, au risque de paraître ringard, je vous dirai sincèrement que peu de films cinématographiques m’ont autant marqué et enchanté que ceux que j’ai pu produire et vivre avec mes mains. Le bonheur de pouvoir détendre un corps à priori endolori, ou simplement méfiant, de lui faire partager un moment de plaisir vrai et, comme fin (au lieu des 99% de fins stupides des films d’aujourd’hui) de recevoir un simple merci ou un sourire provenant d’un cœur blessé, n’a aucune mesure, pour moi, avec les plupart des distractions envisagées.
J’ai eu la chance, et le courage, de rencontrer et de travailler avec des êtres exceptionnels, pour qui les mots " vacance " et " retraite " n’étaient pas un but ni un refuge de médiocrité. Les gens passionnés aiment leur travail et donc travailler. Les plus belles mains et le meilleur toucher que j’ai rencontrés appartenaient au Docteur Jarricot qui, à l’âge de 83 ans, travaillait encore de 8h du matin à 11h du soir, 7 jours sur 7, 10 mois sur 12. Je ne suis pas contre les distractions ou les vacances, mais si elles doivent devenir un besoin à satisfaire à tout prix, je crois que ceci est facteur de décharge énergétique mental, ou alors il faut se poser les vraies questions. D’autant que si cela me paraît normal pour un ouvrier qui fait les 3/8 et qui travaille à la chaine et pour qui, à mon avis ,on devrait avoir beaucoup plus d’égards, je pense que nous avons un travail extra-ordinaire qui fait de nous des privilégiés.
Et puis regardez la force que vous pouvez développer et utiliser quand vous êtes amoureuses. Là comme par hasard, on est capable d’aimer presque 24h/24 sans se décharger et personne ne se plaint. Eh bien, même si ce n’est plus vraiment au goût du jour, je vous assure qu’on a toujours le droit d’être amoureux de son travail, et que ça, c’est la meilleure pile à combustible qui existe. Aimer les gens que l’on touche, aimer donner, aimer, même si ce mot devient tabou, il n’ est toujours pas une injure, alors profitez en, et je vous assure que ça marche.

BOIRE ET DORMIR

On n’a pas fait mieux. Si tout le monde dit et sait qu’il faut boire et dormir on sait aussi que ce sont certainement les 2 conditions d’hygiène de vie les moins respectées.
Je ne pourrai, moi non plus, pas vous convaincre, si ce n’est pas encore évident pour vous, du bienfait et des conséquences de ces deux actes. Alors je vous propose simplement de faire l’expérience suivante.
Pendant une semaine, vous ne buvez, dans la journée, que votre café ou thé du matin, un petit à midi et le soir et vous ne vous couchez pas avant minuit (quelle que soit l’heure de votre réveil). La semaine qui suit vous prenez, comme un médicament, une bouteille d’eau de 1 litre et demi que vous buvez en plus de votre café ou thé et, sommeil ou pas, vous vous astreignez à vous coucher à 21h au plus tard.
Je ne discuterai même pas des résultats, car quand on le fait, on sait, et quand on ne le fait pas, on discute…
Quant à la qualité du lit, je pourrais vous en faire des pages et des pages. Il y a une trentaine d’années, on a décrèté qu’il fallait dormir sur un matelas dur. Moi je trouve ça bizarre. Pendant des générations, nos parents, qui avaient pourtant une toute autre activité physique que nous, ont dormi sur des matelas en laine posés sur un sommier tapissier à ressorts (ce qui est mon cas) et je vous assure qu’à cette époque il y avait beaucoup moins d’ostéopathes et ils ne prenaient que rarement des décontracturants ou des anti-inflammatoires, allez savoir pourquoi…
Sachez qu’aujourd’hui beaucoup d’ostéopathes et de médecins remettent cette idée en cause.

D’AUTRES EVIDENCES ET TORDRE LE COU AUX IDEES RECUES

On naît par une inspiration, on meurt par une expiration.
Respirer est un acte vital mais la qualité de l’air est primordiale et là, je vais encore me faire des ennemis.
Tout d’abord, et afin d’être juste et sincère, je dois vous dire que je suis un grand fumeur, quand je fume (j’alterne des périodes avec ou sans) .
Oui, j’ai pour moi cette maxime stupide qui dit que quand on aime, on ne compte pas…
Fumer est certainement une des choses qui, même si elle amène certains effets positifs (ceux qui n’ont jamais fumé ne peuvent pas comprendre…) n’en est pas moins un des actes les plus dévitalisants qui soit. Mais là encore, je crois qu’il est bon d’arrêter la chasse aux sorcières. D’autant qu’on peut être surpris si on réfléchit.
Par exemple : que n’a ton pas entendu sur les vertus de tel ou tel encens aux vertus purificatrices, rééquilibrantes et énergisantes. Or, on sait aujourd’hui que dans certains temples hindous, la pollution est comparable, voire pire, qu’un vendredi soir, place de la Concorde à Paris, tant le nombre de substances polluantes et nocives abondent, suite à la consumation des encens.
Il en est de même avec tous les déodorants ou désodorisants pourtant fort en vogue, dont certaines études récentes montrent la présence de substances hautement cancérigène.
Alors je pense qui si vous ne fumez pas, tant mieux pour vous, et surtout ne changez rien, mais que vous fumiez ou non, empressez vous d’augnmenter votre capacité pulmonaire (le respirator de Plent est génial) et aérez vos espaces de travail. Je connais des instituts de prestige qui se trouvent au sous- sol, sans fenêtre, et où on veut vous faire miroiter l’ambiance zen qui y règne…

Justement, puisque j’en parle, la lumière est un facteur de recharge ou de décharge incroyable, et là encore, il est évident que travailler dans une pièce qui n’a pas de fenêtre ne permet pas d’avoir la lumière du jour. Les lampes " rechargeantes " en " énergie " quel que soit le fabricant, me font doucement sourire, car rien ne remplacera la lumière du soleil, mais là encore, faudrait il se coucher tôt pour pouvoir profiter du lever du soleil…(je dois vraiment vieillir car le radotage est un signe qui ne pardonne pas…). Au pire, procurez vous au moins une lampe de photographe, voire même un projecteur de diapositives ou simplement une lampe dont l’indice est proche de la lumière solaire (5600 K environ) et faites des bains de lumière quotidiens, surtout en hiver.

Par contre, il est évident que l’odeur est un facteur de rééquilibration extrêmement puissant. Et là, il n’y a pas de truc non plus. Je pense que les huiles essentielles, quand elles sont pures et naturelles, (ce qui devient aussi difficile à trouver que le bon vin…) sont un vrai moyen de se recharger et personnellement je les utilise depuis plus de 25 ans quotidiennement à l’aide de diffuseurs qui ne chauffent pas les huiles. Faites attention aux mélanges trop exotiques et préférez la saveur du pin, de l’eucalyptus ou de la menthe par exemple (pour les chagrins qui me contrediront, la prise de médicaments homéopathiques n’est pas une contre-indication, revoyez vos cours car rien n’est prouvé à ce sujet).

ON PEUT ETRE DE BONNE VOLONTE ET SE TROMPER.

Je vais encore m’attirer les foudres de certains mais la sincérité est une espèce de drogue chez moi et voici un autre exemple de réflexion qui me chagrine :
" Je veux une table de massage en bois parce que c’est mieux pour l’énergie "
Là ça relève de l’escroquerie pour ceux qui les vendent et qui se servent de ça comme argument, et de la stupidité pour ceux qui y croient.
Toutes les tables de massage en bois ou en métal sont recouvertes de skaï, qui lui même est posé sur une mousse synthétique et souvent recouvert d’un drap en papier non tissé, lui même synthétique. En plus de cela, toutes les tables en bois ont à l’extrêmité des pieds (qui les relient au sol) un embout en plastique qui les isole du sol.
" Oui, mais moi, c’est pour ça que je masse pieds nus "
J’adore la naïveté… quand elle vient d’un enfant.
99,9% (je vous laisse une chance) des gens qui massent pieds nus le font sur une moquette synthétique… et souvent (une dernière chance) dans un bâtiment en béton armé qui, telle une cage de Faraday, est le meilleur isolant.
Attention aussi aux couvertures chauffantes qui rajoutent un champ électrique juste sous la personne, n’utilisez les vraiment qu’en dernier ressort, si votre système de chauffage est défaillant. Même sur une table en bois, c’est la catastrophe .Si vous voulez faire transpirer quelqu’un, il suffit de " l‘emballer " dans une couverture de survie et de la couvrir avec une couette en laine ou en duvet..
Alors c’est vrai, et certains auteurs l’ont décrit longuement ,que l’électricité statique est une vraie plaie qui nous électrocute lentement et là, il n’y a qu’un truc : c’est de marcher régulièrement pied nus, mais sur la terre, ou mieux dans l’herbe à la rosée du matin. Je sais, pour ceux qui sont en ville, c’est pas facile alors je vous donne un truc qui peut marcher. Mettez régulièrement vos deux mains sur la canalisation d’eau si elle n’est pas en plastique. Normalement elle est reliée au sol et vous devriez pouvoir vous décharger.
Pour l’électricité statique, attention à vos vêtements. Bannissez les matières synthétiques, point.

LES TRUCS NATURELS

Bannissez le bain au profit de la douche. Le bain est excellent pour se détendre musculairement mais la douche est beaucoup plus énergisante surtout par la production de ions négatifs dus à la chute de l’eau (on se sent bien près d’une cascade).
Travaillez vos mains. En faisant des exercices quotidiens avec vos doigts (CF DiGiQiDo septembre 2004) on stimule et dénoue la plupart des circuits d’acupuncture et les points associés. Des poignets et des doigts bloqués, c’est la fatigue assurée.
Ne mangez pas trop dans la journée. Manger n’est pas dévitalisant, au contraire, mais après avoir mangé il faut digérer, et je suis toujours étonné de voir quelqu’un qui me dit qu’il est fatigué après un massage alors que l’heure d’avant il a mangé un couscous …
Des fruits et des crudités garnis d’arômates pleins d’huiles essentielles) plus de l’eau à profusion me semblent plus indiqués.
Cherchez votre " ginseng ".
Je suis toujours effaré, là aussi, qu’il faille toujours se référer à l’orient pour mieux faire. Le thé ou le ginseng, ou d’autres substances exotiques, sont certes intéressantes mais nous avons les mêmes chez nous. Une friction des reins et des épaules, voire des pieds et des mains, avec une huile d’olive dans laquelle on a rajouté quelques gouttes de romarin et de menthe, je vous assure que ça vaut son pesant de racines en tout genre et c’est beaucoup moins cher.
Des chaussures larges et qui tiennent au pied.
Là aussi, un petit truc qui peut paraître anodin et pourtant… Si vous avez des chaussures style tongues ou sabots pour masser, vous dépensez une énergie considérable pour que vos pieds restent dans vos chaussures et vous ne pouvez pas profiter de vos jambes. En plus, vous créez en permanence des tensions dans vos pieds et vos jambes, qui remontent dans votre bassin et votre dos jusqu’à la nuque et ça fatigue (CQFD). Utilisez des chaussures fermées et souples, style chaussons de danse jazz, avec une semelle en cuir et vous verrez la différence. Si vous voulez connaitre la marque de celles que j’utilise, appelez moi.

UN DERNIER TRUC ET COMPLETEMENT GRATUIT : CHANTER

Eh oui, vous chantez et vous respirez, vous chantez vous vous distrayez. Vous chanter et éventuellement vous dansez, vous bougez. Vous chantez, vous mobilisez votre diaphragme, vous vous détendez. Vous chantez et vous détendez les muscles de votre visage et de votre nuque. Vous chantez et vous vous exprimez, vous vous déchargez. Vous chantez, " la vie en rose " de Piaf par exemple ou " savoir aimer " de Pagny et vous aimez. Facile et pas cher. Ringard et trop simple… désolé, la sincérité est ma faiblesse.

LES GRIGRIS

Si tout cela ne vous a pas convaincu il reste les grigris. Sans ordre, le bracelet qui recharge, la pierre miracle, le dessin magique, la formule incantatoire et tous les autres outils cabalistiques sont à votre disposition dans les boutiques ou stages à grigris pour vider votre porte- monnaie. N’oubliez pas au passage d’invoquez votre ange bienfaiteur ou d’orner votre pièce du portrait de votre gourou bien aimé en diffusant une douce musique, dite de relaxation, produite sur un synthétiseur et transmise par l’intermédiaire de votre Radio CD à 30 euros (le même que celui que l’on voit dans les instituts de référence…)
Plus sérieusement, je n’ai jamais nié l’effet de quoi que ce soit, mais il faut rester lucide. Par exemple, un gros bloc d’un minéral, style cristal, améthyste ou géode de toute nature est certainement plus joli et reposant qu’un objet quelconque en plastique. Un bol tibétain (fabriqué en Chine…) est plus agréable qu’une tasse gagnée dans une station -service etc…Et il vaut mieux porter un bracelet en cuivre ou en or, qu’un bracelet en plastique récupéré dans un baril de lessive.
Mais n’oubliez jamais que les vrais objets magiques, ce sont vos mains, votre sourire, votre envie d’aider et de réconforter. A ceux qui vous objecteront qu’on se décharge en donnant et qui se permettent de remettre en cause cet adage " donne et tu recevras " qui est mon crédo et mon support, je leur suggère simplement de cesser cette activité pour en trouver une qui leur plaise mieux. Car le plaisir de faire un cadeau n’a jamais appauvri personne et seul le plaisir est le garant de l’efficacité en toutes circonstances.
Ces paroles sont en fait destinées à celles qui débutent et qui se font fourvoyées dans des directions qui ME (ce qui n’est pas une garantie mais juste ma conviction, à vous de vérifier) paraissent dangereuses et qui cherchent ou qui doutent. Rassurez vous, toucher et masser est un métier fabuleux et en prenant simplement quelques précautions de bon sens, vous pourrez le faire longtemps encore.

Le Diapa-Zone Massage : la synergie sensorielle

Depuis plus de 25 ans que je pratique et enseigne le massage, j'ai découvert, étudié et pratiqué de multiples techniques dans le domaine de la détente et de la rééquilibration mentale et physique. Toutes les techniques sont très intéressantes, avec chacune leur mode spécifique d'intervention et d'action, mais aussi avec leurs limites. La limite est souvent dictée par le temps car qui pourrait prétendre effacer en une heure ce qui a mis des années ou des dizaines d'années à s'installer ? Il y a aussi une composante inéluctable qui fait que le corps de tout un chacun vieillit au fil des jours avec son cortège de maux plus ou moins chroniques qui s'installe. Nous sommes tous des malades en puissance et même le plus utopiste ne pourrait pas le nier, à moins de vouloir profiter de la crédulité humaine sans cesse grandissante.
Toute personne intègre qui essaye d'aider son prochain, notamment grâce au contact tactile, se doit d'amener le maximum de confort dans le temps imparti et quel que soit l'état ou l'âge de la personne qu'elle touche.
C'est aussi ce que je m'efforce de faire à chaque fois que je pose la main sur quelqu'un. Depuis de nombreuses années, j'ai cherché à progresser dans la qualité de ma technique, le Massage Artistique. Grâce aux DiGiQiDo, j'ai exercé au plus au point mes doigts et mon corps au service de mes mains et de la technique. Les résultats sont, de fait, meilleurs au fil des années.
Malgré tout, et depuis quelques années, il me semblait que souvent je luttais en vain et que quel que soit le niveau que je pourrais atteindre, il existait un autre paramètre qui m'empêchait d'être vraiment efficace.
En effet, nous souffrons tous d'un état d'inconfort plus ou moins conséquent suite aux coups, chutes, blessures ou simplement mauvais mouvements et attitudes que subit notre corps quotidiennement. A cause de cela, nous cherchons moultes solutions ou thérapeutes pour subvenir à ce mal être.
Mais il est une chose aussi importante, et si ce n'est plus importante, qui influe sur notre état quel qu'en soit la cause : c'est l'environnement.
En effet, en supposant que votre mal être soit un mal de dos ou de tête dû à telle ou telle cause, il est évident que l'environnement dans lequel vous êtes vous aidera ou aggravera votre état.

L'ENVIRONNEMENT.

Ce qui symbolise le mieux un être humain, physiquement ou mentalement, c'est le mouvement. Chacune de nos cellules doit être en mouvement pour continuer à exister et quand ce mouvement disparaît ou s'amoindrit notre état d'inconfort augmente.
Ce mouvement a une nature propre : le sang par exemple, ne circule pas à la même vitesse que la lymphe, le cœur n'a pas le même rythme que les poumons etc…
Mais ce mouvement propre à chaque organe est lui même influencé par son environnement. Le sang circulera plus vite quand il fait chaud que quand il fait froid.
La chaleur, le son, la lumière, le magnétisme et la forme d'un lieu influent grandement sur notre état, car ils sont autant de mouvements qui confortent ou non notre propre mouvement intrinsèque.
Quand les mouvements extérieurs sont trop perturbés, le thérapeute ne peut être efficace que sur l'instant, mais son action sera très vite annihilée par l'environnement de la personne qu'il vient de toucher.
Supposons, par exemple, que vous ayez mal à la tête à cause du bruit incessant qui vous entoure et auquel vous n'arrivez plus à vous adapter. Si vous allez voir une personne pour vous aider et que cette personne est dans un endroit calme, de fait, vous vous sentirez mieux mais cela disparaîtra presque instantanément dès que vous retournerez dans votre environnement.

LE CORPS HUMAIN : UNE FORMIDABLE MACHINE D'ADAPTATION.

J'ai toujours été étonné du pouvoir d'adaptation de l'être humain. Les exemples les plus grossiers le démontrent de manière irréfutable.
Qu'un homme ou une femme fume sa première cigarette et, instantanément, c'est un dégoût, une toux et l'étouffement assurés.
Qu'une personne qui a toujours vécu à la campagne passe une seule journée au centre de n'importe quelle capitale et c'est les maux de tête garantis.
Qu'une personne qui a toujours marché pieds nus se retrouve sur des talons aiguilles pendant une seule journée, en plus des ampoules, ce sont les douleurs dans les jambes ou le dos qui l'assaillent.
Et pourtant, il est étonnant de constater qu'à l'inverse, le raisonnement est le même au bout d'un certain temps.
Emmenez un gros fumeur au grand air en le privant de ses cigarettes, un citadin dans un lieu ou le silence règne et privez une starlette de ses chaussures, et vous vous apercevrez que le même inconfort, dans l'autre sens, les assaille.
Chacun vous dira que son inconfort lui manque, et pire encore, qu'il lui est nécessaire pour vivre correctement.
Au niveau mental il en est de même. Une personne qui a l'habitude de s'exprimer en toutes circonstances ne supportera pas d'être " muselée " mais une personne à qui l'on n'adresse jamais la parole se sentira agressée à la moindre réflexion.

S'ADAPTER OU CHANGER.

A l'énoncé de ce qui vient d'être dit, on pourrait avoir tendance à dire : " alors chacun choisit et tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes puisque le corps s'adapte ".
Oui, mais non.
Si le corps humain a effectivement des facultés d'adaptation incommensurables, elles ne sont non seulement jamais gratuites, mais parfois la seule cause de notre mal être jusqu'au point d'en être irréversible.
En effet, même si on peut comprendre, sans accepter, qu'un fumeur peut être en manque de cette substance qu'est la nicotine et qui le stimule, il n'en est pas un seul, même le plus invétéré qui oserait vous affirmer qu'il vivra mieux et plus longtemps avec ce poison. Idem pour le bruit ou le manque de lumière par exemple.

CHANGER SANS CHANGER

Le problème, c'est qu'il n'est pas possible de changer sans changer ou sans une nouvelle information..
J'ai pour habitude de répéter inlassablement cette phrase à toutes les personnes que je reçois : " tout ce vous faites ou vivez aujourd'hui, ça donne ça . Vous me dites qu'il y a quelque chose qui ne vous plait pas. De fait, si vous ne changez rien, ce sera toujours le même résultat car je ne suis pas sorcier et en aucun cas je ne peux me substituer à vos erreurs, même si je ne les juge pas. Ceux qui vous feront croire l'inverse sont des escrocs ou des charlatans (le charlatan est celui qui ne sait pas, l'escroc est celui qui sait mais qui ne vous dit pas).

CHANGER N'EST PAS FACILE.

Chacun d'entre nous sait très bien qu'il est très facile de changer sur ce qui ne nous pose pas de problème (en se moquant de la personne d'à côté qui n'arrive pas à le faire). Mais tout être humain honnête sait que les mauvaises habitudes sont les plus tenaces et les plus difficiles à abandonner, même quand on en est conscient.

REVENIR AUX PRINCIPES ET AUX VRAIS MOTEURS DE LA VIE.

A force d'enfreindre les lois de la vie, il ne nous est parfois plus possible de faire marche arrière TOUT SEUL car l'information est trop ancienne et nous l'avons oubliée, même si son pouvoir intrinsèque est gravé en nous.
J'aime bien la parabole du sourire :
" Un sourire ne coûte rien et pourtant il produit beaucoup… "

Un SIMPLE sourire, un son, une odeur, un toucher, une forme ou un lieu peuvent, et nous ont déjà, Boule-Versés ou Trans-Formés.

Comme le point de départ de la " déchéance " est très simple (la première cigarette, la première agression…) son point de retour peut l'être aussi, et ça marche, nous l'avons tous expérimenté maintes et maintes fois. Les bouleversements de notre vie sont rarement dus à une longue réflexion torturée, mais plutôt à une simple prise de conscience ou à un évènement fulgurant à un instant précis.

LE DIAPA-ZONE

Partant de ces réflexions, il m'est venu à l'idée de ré-informer le corps de manière juste et simultanée au niveau de son environnement, c'est à dire au niveau de sa sensorialité.

LE SON ET LA VIBRATION.

Tout ce qui est autour de nous est en mouvement, car même si une matière est apparemment inerte, nous sommes sur la terre et la terre tourne (environ 500 m à la seconde à l'équateur). Nous sommes un mouvement (tout notre corps bouge 24h/24) entouré de mouvements.
Parmi ces mouvements, le son est celui qui a la plus grande amplitude et le plus facile à percevoir. Tout le monde a déjà entendu la vibration, le mouvement du son quand le tonnerre gronde ou tout simplement en posant sa main sur un haut parleur.
Il n'existe pas, ni sur , ni sous terre, un endroit absolument silencieux, même dans les lieux les plus calmes apparemment (grotte, désert etc…). Et rare sont les personnes qui habitent en permanence ce genre d'endroit. Nous sommes en permanence entourés de bruits divers et variés, tant dans leur nature que dans leur amplitude, et s'il n'est pas toujours facile d'absorber et de s'adapter à un mouvement, cela l'est d'autant moins quand il varie instantanément tant dans son amplitude que sa vitesse et son rythme.
Je vais prendre une image.
Supposons un bon danseur. Il lui est très facile de s'adapter au rythme du slow, du rock ou du tango et d'autant mieux et facilement si ce rythme perdure un certain temps. Mais en supposant qu'on lui impose de danser sur un morceau de musique qui alternerait, toutes les 5 secondes, slow, tango, valse, rock ou tcha tcha, cela serait impossible quel que soit son niveau. Et même en supposant que cela soit possible pour l'élite de la danse, ce serait à coup sûr harassant et disgracieux.
Et pourtant c'est exactement ce que nous vivons. Voiture, musique, avion, parole, machine en tout genre produisent autant de bruits et de mouvements disparates auxquels nous devons nous adapter en permanence et cela nous fatigue.
J'ai donc choisi d'informer le corps d'un seul mouvement, d'une seule note, pour lui faciliter la tâche et lui redonner la possibilité de pouvoir s'adapter aux mouvements qui l'entourent.
Il existe 2 Diapa-Zone. Le premier est étalonné et règlé sur le Do 64 Hz, fréquence fondamentale, et le 2ème est réglable du Do 128 ou Si 240 Hz, note par note. Dans ma pratique quotidienne, j'utilise à 99 % le premier.
Le son produit par le diapason spécialement étalonné a un double avantage. Il est totalement naturel et son amplitude décroît lentement, permettant au corps d'absorber lentement et progressivement ce mouvement, avec un temps de récupération entre chaque impulsion. De plus, le son n'est pas perçu uniquement par l'oreille, mais aussi par résonance sur la boite crânienne par exemple.
Le corps ressent donc une information juste du son et peut donc retrouver et rééquilibrer tous ses systèmes d'adaptation, ce qui élimine les tensions dues aux agressions auditives, en plus de la sensation très agréable de cette information.

La pollution sonore est aujourd'hui un véritable fléau qui a des conséquences très importantes sur notre équilibre en général. Certains chercheurs n'hésitent pas à affirmer que ses conséquences sont aussi importantes que la pollution atmosphérique.

Le Diapa-Zone possède à son extrêmité une pierre fine interchangeable. J'ai choisi cette solution pour le contact du Diapa-Zone avec le corps pour plusieurs raisons.
Le contact des pierres est beaucoup plus agréable que le plastique ou le métaL
La forme de chaque pierre permet d'avoir une multitude de contacts différents, du plus étroit au plus large, donc de s'adapter à chaque partie du corps.

LITHOTHERAPIE.

Depuis la plus haute antiquité, l'être humain voue un certain culte plus ou moins prononcé aux pierres fines ou précieuses, en leur attribuant tel ou tel pouvoir. J'ai toujours pensé que quand une théorie existe elle ne peut être le fruit du hasard, même si on ne peut pas toujours lui attribuer réellement tous les bienfaits qui sont énoncés.
La encore, il est évident que si vous êtes dans une pièce en ardoise ou en marbre, cet environnement va directement influencer votre état.
Mais là encore, je ne crois pas aux miracles. Je pense qu'il ne suffit pas de poser une pierre quelle qu'elle soit sur tel ou tel point pour obtenir à coup sûr tel ou tel effet.
D'autant que les pierres, dans leur état naturel, sont soumises, elles aussi ,à leur environnement , soleil, son, ou magnétisme terrestre qui leur permet de " vivre ". Je pense que les pierres isolées de leur contexte naturell perdent une grande partie de leurs effets.
Le Diapa-Zone recré ces conditions et permet à chaque pierre de retrouver son réel " pouvoir " ou tout au moins sa vibration normale.
J'utilise essentiellement 3 pierres (qui sont livrées avec le Diapa-Zone) : Le cristal de roche car sa translucidité permet à la lumière d'être d'autant plus magnifiée. L'hématite pour sa teneur exceptionnelle en fer qui lui permet de véhiculer le champ magnétique des aimants. L'Améthyste parce que je travaille souvent sur le visage et la boite crânienne et que le violet est reconnu depuis des lustres comme la couleur fondamentale de rééquilibration de la sphère mentale et spirituelle.
Chaque pierre est interchangeable en quelques secondes.

MAGNETOTHERAPIE.

En tant que terriens, nous sommes, de fait, soumis au magnétisme terrestre , un pôle nord et un pôle sud. Depuis des centaines d'années, l'Homme conscient de ce fait, s'est servi de ce magnétisme vrai et irréfutable pour essayer de rééquilibrer le surplus ou le manque de l'une des polarités.
De nombreuses recherches ont été faites sur le sujet, établissant sans contest l'influence du magnétisme terrestre sur notre équilibre physique ou mental.
Les dernières recherches concernant l'influence des champs électriques des téléphones portables par exemple, en sont une illustration.
Mais le plus grand flou règne sur ce point, car si on sait de manière irréfutable que le magnétisme a une influence certaine sur notre état de santé, il semble impossible de déterminer à coup sûr le surplus ou le manque de telle ou telle polarité et donc encore plus difficile de le combler.
C'est pourquoi j'ai choisi de proposer au corps les 2 polarités, de manière significative et importante, faisant confiance au fait qu'il profiterait et emmagasinerait celle qui lui fait défaut en laissant de côté celle dont il est déjà comblé.
Les 3 aimants qui maintiennent la lampe sur le Diapa-Zone, fabriqués spécialement, ont une puissance de 30 joules au cm2 ce qui assure que leur champ magnétique se répand bien au delà de l'extrémité du Diapa-Zone donc que le corps peut réellement se " nourrir " de cet effet. Anti-inflammatoire et relaxant, les deux effets sont disponibles en permanence à chaque contact.


CHROMOTHERAPIE.

S'il est un organe sensoriel essentiel à notre équilibre, c'est bien celui de la vue. Non seulement pour voir et se diriger, mais aussi et surtout, pour percevoir les couleurs qui nous entourent et leur influence.
Je ne sais pas dans quel endroit ou quelle pièce vous vous trouvez en lisant cet article et pourtant je suis certain que sa couleur a une influence sur vous. D'ailleurs, c'est un des facteurs les plus faciles à démontrer. Fermez les yeux et supposez que la pièce dans laquelle vous vous trouvez devienne instantanément noire ou blanche, jaune ou bleue, rouge ou verte, du sol au plafond. Vous serez toujours en train de lire la même chose et pourtant vous ne serez plus dans le même état de tension ou d'absorbtion. Et pourtant, si cette constatation, là encore, est irréfutable il me semble très difficile de définir qu'elle est la bonne couleur, car je suis sur que si je vous pose la question, vous allez répondre une phrase à peu près identique à celle ci :
" Je voudrais que la pièce soit , bleue, rouge ou jaune ( la couleur que vous préférez) mais avec une pointe de bleu, rouge ou jaune ( la couleur qui vous manque).
Bien sur vert, marron, violet et autre sont possible mais seulement la combinaison des trois précitées sachant que toutes les couleurs réunies mènent au blanc parfait et non au noir.
Partant de ce constat il m'est venu une idée très simple mais fondamentale, c'est de repartir du blanc et de trouver un système permettant de diffracter (diviser) la lumière blanche pour faire réapparaitre toutes les couleurs du spectre solaire, là encore pour redonner au corps les conditions les plus naturelles, qu'il vit depuis sa naissance, l'arc en ciel.
L'Etre Humain a toujours été fasciné par l'arc en ciel, à croire qu'au moment ou il perçoit un arc en ciel il se passe réellement un phénomène physique plus ou moins subtile qui influe grandement sur son équilibre et qu'il ne voudrait pas perdre.
Partant de cette constatation, nombre de chercheurs ou de thérapeutes ont essayé de stimuler telle ou telle zone du corps, ou tel ou tel point, avec la couleur qui semblait correspondre et avec plus ou moins de résultats. Là encore, j'ai toujours été non pas sceptique, mais déçu par ces pratiques, car non seulement elles nécéssitaient un matériel extrêmement conséquent (des dizaines ou des centaines de filtres colorés) mais c'est le choix de ces filtres qui me semblait très aléatoire. Car si effectivement tout le monde s'accorde pour dire que le bleu est calmant je n'ai jamais trouvé à coup sûr une réponse pour savoir qu'elle était la bonne tonalité du bleu qu'il fallait employer. Or il existe des milliers de tons (et donc autant de chances de trouver ou de se tromper) pour chaque couleur et il n'est physiquement pas possible de les avoir tous et encore moins de les proposer au corps.
J'ai donc cherché une lumière blanche (la réunion de toutes les couleurs) et un moyen pour la diffracter (séparer les couleurs) étant par là même certain que j'obtiendrai, non seulement toutes les couleurs dans cette projection, mais aussi et surtout tous les tons possible. C'est donc ce procédé qui est intégré dans la lampe du Diapa-Zone, qui projette non seulement la couleur blanche, au centre, mais l'ensemble des couleurs du spectre. L'avantage c'est que le blanc " nettoie " la zone sollicitée et que tout de suite après, cette zone peut se recharger par la couleur qui lui convient et avec le bon ton. Mieux encore, le corps reçoit non seulement la bonne couleur et le bon ton, mais aussi et simultanément la couleur complémentaire, elle aussi avec la tonalité adéquate. Le corps peut se " servir " au fil des secondes de tout ce dont il a besoin et même si ce besoin varie il est certain de pouvoir puiser en permanence ce qui lui convient.

Vous voyez que le Diapa-Zone amène au corps une réponse sensorielle adaptée car globale et non limitée.

Mais de toutes ces fonctions, il en est encore une plus remarquable, c'est la synergie de ces informations et pour en parler, je prendrais deux images : la nourriture et la musique.
Supposons que vous puissiez déterminer que telle personne a besoin de manger des œufs ; alors vous lui donnez des œufs ; puis vous pensez qu'elle a aussi besoin d'huile, de sel, de moutarde et de poivre, alors à chaque fois vous lui donnez l'élément qui convient l'un après l'autre. En procédant de cette manière, et même si la personne profite de chaque élément, elle sera très vite lassée, voire frustrée. Alors qu'en mélangeant correctement tous ces éléments, vous allez obtenir une mayonnaise, qui non seulement sera la réunion de tous ces éléments, mais produira un autre goût et je dirais surtout un autre aliment que la personne appréciera beaucoup plus et sans se lasser tout de suite (sauf à haute dose…).
C'est pareil pour la musique. Chaque instrument d'un orchestre pourrait jouer sa partition tout seul mais cela serait vite ennnuyeux, alors que l'ensemble et la synergie de tous les sons rend cet ensemble harmonieux, agréable et profitable.

Voilà la description apparemment précise du Diapa-Zone et pourtant très succinte car il n'est vraiment pas possible de décrire sur le papier les sensations réelles qu'il procure.
Chaque patient ou élève qui a reçu une séance de Diapa-Zone prononce sensiblement la même réflexion à la fin de la séance et que je résume ainsi: " c'est très bizarre, je n'ai jamais été dans cet état, car je me sens en même temps détendu et rechargé, comme si j'étais " tout neuf "… "

PROTOCOLE.

Le Diapa-Zone peut s'utiliser sur tout le corps soit comme technique à part entière soit comme adjuvant à une autre technique ou soins du corps : acupuncture, réflexologie, ostéopathie, drainage lymphatique…
Personnellement, je l'utilise beaucoup sur le visage et le crâne, ce qui donne des résultats remarquables qui se répercutent sur l'ensemble du corps.
Je commence toujours par un massage classique du haut du dos et de la nuque (en position assise) pour être certain que les informations transmises par le Diapa-Zone ne seront pas bloquées en haut du corps. D'ailleurs toutes personnes qui ont essayé relatent des sensations perçues aussi dans le ventre ou les jambes par exemple, prouvant par là même que lorsqu'on donne au corps les moyens justes de se rééquilibrer il les dispatche de lui même et de la meilleure manière qui soit.
Une main tient le Diapa-Zone, et l'autre reste toujours en contact avec le corps, non seulement pour ne pas rompre le confort mais aussi pour s'assurer que les informations transmises circulent librement ou remarquer quelles sont les zones de tensions.

L'utilisation du Diapa-Zone demande un entrainement très court et il peut être utilisé non seulement par tout thérapeute en soins corporels qui y adjoindra ses connaissances mais aussi dans un cadre familial en donnant des résultats spectaculaires de détente.

Le Massage Artistique à 4 Mains : le bien être conjugué au superlatif

Si la plupart de vos clientes viennent chercher à l’institut une réponse à la nécessité et au désir d’entretenir leur apparence, d’autres cherchent simplement un endroit pour se détendre, faire une pause dans leur quotidien souvent surchargé, et le soin devient alors un “prétexte” à se faire chouchouter entre les mains de l’esthéticienne.
Cette clientèle n’est pas à l’affût du produit miracle, ni friande des derniers appareils en vogue. Elle souhaite seulement être bien ou mieux dans sa peau. C’est ainsi qu’est née l’Aire de Re-peau, qui tout en proposant tous les soins esthétiques classiques, réserve une large plage à la détente avec le Massage Artistique.

Le Massage Artistique est né, je l’ai souvent dit, d’une émotion devant le patinage de Isabelle et Paul Duchesnay. J’ai été subjugué par la beauté du mouvement guidé par la musique, conjuguant force et délicatesse. Si j’ai tenté de m’en approcher dans le Massage Artistique, en donnant tout d’abord une place privilégiée à la musique, mais aussi en recherchant le geste juste dans des enchainements de plus

en plus élaborés, c’est encore plus vrai pour le massage à quatre mains.
J’ai souvent présenté le massage à quatre mains, ou même à 6, 8, voire 10 mains!... sous forme de spectacles lors de congrès où je suis régulièrement invité, et plus particulièrement aux Nouvelles Esthétiques avec mes stagiaires.
Ma rencontre avec Mylène Duc, esthéticienne, que j’ai formée au Massage Artistique et qui travaille maintenant à l’Aire de Re-peau dans son propre espace, m’a permis de concrétiser ce rêve : intégrer le massage à quatre mains dans ma pratique quotidienne et pouvoir le proposer à notre clientèle. Le Massage à quatre mains est en effet, le “must” du massage de détente, s’il est bien fait, sinon il devient perturbant. Il se pratique dans le même esprit que le Massage Artistique dont le confort est le premier but, dans une synergie coeur-corps-mains avec toujours, la musique pour guide.
Quatre mains... c’est plus de contact, plus de chaleur, plus de déplacements... plus de tout! Les effets ne sont pas simplements multipliés par deux, mais potentialisés et les perceptions sensorielles décuplées.
Au début, les personnes cherchent plus ou moins à suivre le déroulement du massage, le trajet des mains, les déplacements, à savoir “qui est qui”... Elles abandonnent vite face à l’afflux des sensations, pour enfin, oser se laisser aller, et ceci pour plusieurs raisons : Les enchainements que j’ai créés nous permettent de nous déplacer sans aucune rupture de contact ni de rythme, dans la continuité des mouvements et de changer de côté, d’être à droite ou à gauche, en haut ou en bas, sans qu’elle s’en aperçoive. Cette désorientation spaciale est primordiale : c’est elle qui va lui permettre de lâcher, de déconnecter.
D’autre part, si la synchronisation est parfaite, ce qui est pour moi un principe fondamental dans le massage à quatre mains, même les personnes qui croient déjà connaitre cette méthode la redécouvrent! Le massage à quatre mains ne consiste pas seulement à être deux à masser, chacun faisant “ses petites affaires” dans sa partie, mais nécessite une entente, un accord, fondé sur le principe de deux partenaires qui se respectent et tiennent compte de l’autre. La symétrie doit être totale, non seulement pour les bras et les jambes, mais pour tout le massage. Nous avons peaufiné la méthode au point que sur les jambes, par exemple, nous travaillons soit chacun sur une jambe, soit simultanément une main sur chaque jambe.
Lors d’un récent week-end organisé pour la presse aux Thermes Marins de St Malo, tous les journalistes qui croyaient déjà connaitre le Massage à quatre mains ont tous eu la même réflexion : je ne pensais pas que cela existait !
Il faut souligner que le rôle de la musique, qui sert toujours de guide dans le Massage Artistique, devient ici primordial. Lorsque cette vague de quatre mains est parfaitement en rythme sur la musique, c’est un déferlement de sensations qui vaut bien tous les voyages les plus exotiques pour se dépayser et débrancher d’une réalité parfois pesante!
Le succès est d’ailleurs tel que nous avons de plus en plus de demandes de nos clients qui souhaitent offrir un cadeau original. Il nous suffit de remettre une carte-cadeau à offrir et la personne à qui elle est destinée prend elle même rendez-vous.

Si les effets sont remarquables pour la clientèle, les avantages de cette technique pour nous sont innombrables :
Vous le savez bien, nous ne sommes pas en pleine forme tous les jours! Or, il est indéniable que le fait de travailler à deux est extrêmement stimulant, permettant à chacun de bénéficier mutuellement de la bonne humeur ou de la vitalité de l’autre... du moins au démarrage! après, ça vient tout seul! On est soi- même “embarqué” ! La musique est porteuse, les enchainements qui favorisent le déplacement au lieu de rester statique (vous savez bien qu’il n’y a rien de plus fatiguant qu’une position statique !) et enfin les mouvements eux mêmes permettent de s’étirer, d’utiliser les jambes plutôt que son propre dos et de ne pas sortir du massage “cassés”!
A l’intérieur même d’une équipe, dans un grand institut ou un grand centre, cet apprentissage et cette pratique soude les personnes entre elles et développe une forme de solidarité. nous en avons fait plusieurs fois l’expérience, puisque nous avons ensigné cette méthode dans des lieux aussi prestigieux qie les Thermes Marins de St Malo ou l’Hôtel Ermitage à Evian. Mais cette formation n’est pas réservée à une élite! Il suffit d’être deux... et de vouloir travailler main dans la main!
A noter aussi, que certaines d’entre vous ont trouvé là le moyen de résoudre ce que l’on appelle pudiquement “le problème de la clientète masculine”... que vous connaissez toutes. D’un seul coup, le problème n’existe plus! balayé! Il n’y a jamais de dérapage lors d’un massage à quatre mains, parce que tout simplement les conditions ne s’y prêtent pas. Il n’y a plus d’ambiguité dans les relations ni dans le contact.
J’ajouterai enfin que, dans le cas de Mylène et moi-même, nous sommes privilégiés, ou plutôt, nos clients sont privilégiés. Je veux dire que lorsque le massage est pratiqué simultanément par un homme et une femme, que demander de mieux? Au niveau des énergies, c’est la complémentarité totale, pour cette part de masculin et de féminin qui est en chacun de nous.
Le seul inconvénient possible, et il n’existe pas toujours, peut être à la première séance, au tout début de la rencontre, où la cliente se trouve confrontée à deux personnes et peut en être gênée. Mais ce sentiment est vite dépassé et remplacé par la sensation d’être au contraire prise en charge, cocoonée, entourée.
Il faut évidemment que les deux praticiens soient libres en même temps, c’est pourquoi, face à la montée des demandes, nous réservons des crénaux horaires pour ce soin afin que nous puissions prendre rendez-vous indifféremment, chacun de son côté, en étant sûr de la disponibilité de l’autre.

Les conditions matérielles sont les mêmes que pour le massage de détente tel que je le conçois :
- température suffisante pour que la personne puisse se détendre, mais avec quatre mains en permamence, elles se refroidit moins.
- tranquilité garantie, c’est à dire pas de sonnerie de téléphone, pas de dérangement d’aucune sorte.

- un système musical avec un choix suffisant de disques.
- une huile de bonne qualité permettant de glisser sans graisser.
- une cabine suffisemment grande pour que chacun puisse évoluer à l’aise en tournant autour de la table.
- une table confortable. Nous avons chacun une table électrique dont j’ai conçu le modèle qui permet de règler la hauteur de la table et du dossier, quel que soit l’endroit où nous sommes sans interrompre le massage, selon la partie massée.

La formation:
Toutes les possibilités sont envisageables selon les disponibilités de chacun. Nous nous déplaçons dans les centres de remise en forme, de thalasothérapie, les grands hôtels, et tous les instituts désireux d’innover en offrant cette prestation de plus en plus demandée. Une cassette vidéo de cours est également en vente aux Nouvelles Esthétiques.
Un module de base de 5 jours permet de démarrer cette activité avec une rentabilité certaine et un plaisir renouvelé.

Le plaisir de travailler et la passion de notre métier, c’est ce que nous nous efforçons d’entretenir, de partager, et ce que nous vous souhaitons de tout coeur.

L’Art du Toucher Juste ou comment améliorer sa qualité de toucher | Mars 1989

C’est à la qualité de ses outils, mais aussi à la manière dont il les entretient et dont il s’en sert, que l’on reconnaît le véritable artisan, et dont dépend à jamais la qualité de son travail.
L’esthéticienne a un double privilège : premièrement elle travaille avec l’un des outils les plus perfectionnés de la création : la main.
Deuxièmement, elle utilise un des matériaux les plus nobles qui soient : La peau.

Ces notions, loin d’être des formules toutes faites ou des paroles flatteuses, trouvent leur réalité dans le concept même de notre cerveau. En effet, si l’on considère la représentation corticale de la peau et de tous les organes des sens, on s’aperçoit que la représentation de la main et du visage couvre à elle seule plus de la moitié de l’ensemble du corps.
En ce qui concerne la main et cette possibilité que nous avons entre toutes les espèces animales de l’opposition du pouce par rapport aux autres doigts, on peut penser qu’elle a grandement contribué à la conception même de notre mode de vie et de notre système de relation.
La main, cet outil qu’aucune machine ne peut remplacer et qui peut s’adapter à n’importe quel support, est le fondement de nos sensations physiques et mentales.
Chaque fois qu’une esthéticienne touche un visage avec sa main, c’est à la partie tactile la plus importante de la personne qu’elle s’adresse et c’est avec le meilleur outil d’information en sa possession qu’elle le fait. En effet, sous chaque pulpe de doigt, se cachent environ deux à trois cent capteurs, véritables micros hypersensibles, capables de lui donner toutes les informations nécessaires sur les différents paramètres de la personne touchée. Encore faut-il que ces capteurs soient en bon état, disponibles et suffisamment exercés pour recevoir des informations justes.
“Avoir la main heureuse”, “de bonnes mains”, “du tact”, “laisser son empreinte”, reconnaître “le tour de main” de quelqu’un et avoir un toucher juste sont l’apanage de tout être humain qui développe et entretient cet outil.


Quelques exercices :

Je vais donc vous proposer quelques exercices pour améliorer cet outil merveilleux et ainsi accroître les résultats de votre pratique quotidienne. Je n’aborderai dans cet article que quelques unes des possibilités qui représentent à elles seules un véritable enseignement.

C’est avec vos mains que vous travaillez et si votre clientèle peut être attirée de prime abord par vos équipements, votre vitrine ou votre publicité, c’est pour la qualité de vos mains qu’elle se fidélisera.... ou non.
Un enseignement complet sur le développement de la sensibilité tactile est indispensable pour l’esthéticienne, ainsi que dans toutes les formations présentant une technique manuelle, souvent très intéressante, mais dans lesquelles l’enseignant ne vérifie jamais la qualité des outils et ne donne ni les moyens de les affûter, ni de les entretenir. A quoi serviraient toutes les connaissances de CAP d’un menuisier qui ne disposerait que d’outils ébréchés ou dont il méconnaîtrait même l’utilisation?
Ces exercices sont donc destinés à rendre vos mains habiles, perceptives, douces et confortables, mais aussi à vous apprendre à bien les utiliser.

Si la main doit avoir toutes ces qualités, elle ne peut agir seule, puisqu’elle appartient à l’ensemble du corps dont elle n’est que le prolongement. Je prendrai une image un peu grossière, mais tout à fait significative : s’il est important pour une voiture d’avoir de bons pneus, ceux-ci ne feront jamais que traduire la puissance du moteur et seront toujours dépendants de la structure du châssis. Il en est de même pour les mains : l’esthéticienne passe la plus grande partie de son temps debout, et de plus en station immobile, voire en piétinant, et c’est assurément de la qualité de cette position que dépendra la qualité de son exécution. Pour avoir de bonnes mains, il faut de bons pieds et de bonnes jambes.

Ne négligez pas vos pieds... ni vos jambes.

Je vous suggère donc de bannir progressivement toute forme de talons hauts et de vêtements serrés. Pour ma part, j’utilise des chaussons en cuir souple, style chaussons de danse-jazz, avec un talon n’excédant pas un centimètre.
Ne négligez pas vos pieds, ils sont les garants de votre dos, de votre circulation, de votre bonne humeur et de votre dextérité. Je vous conseille de prendre des bains de pieds quotidiens et de masser vos pieds, ce qui aura un double effet : premièrement, cela vous permettra de vous détendre en fin de journée et deuxièmement, cela fera travailler vos mains sur vous même.

Après le confort des pieds, il faut s’assurer de la solidité des jambes, car ce sont elles, et elles seules qui doivent supporter le dos et le poids du corps et qui permettront de garder toute la disponibilité nécessaire au niveau des mains, sans tensions inutiles de la nuque, des épaules et des bras. Un entretien physique permanent des jambes est la seule garantie irremplaçable de toute exécution technique manuelle juste. Il me parait donc indispensable de pratiquer quotidiennement un exercice aussi simple que les flexions de jambes que l’on peut varier à l’infini.
Cet exercice entraînera certainement dans les premiers jours de son exécution quelques courbatures diverses et peut être d'autres désagréments, mais je peux vous assurer qu'en peu de temps, il décuplera grandement votre qualité d’exécution manuelle et en tout cas le confort même de cette exécution. Comme il m’est impossible de définir pour chacune le mouvement idéal, ainsi que le nombre de répétitions adéquates, je vous propose l’exercice que j’exécute personnellement.
En ce qui concerne le nombre de répétitions, l’un des moyens le plus sûr de ne pas dépasser ses possibilités est d’émettre un son continu pendant toute la durée de l’exercice. En effet, en prononçant un son, quel qu’il soit, vous êtes assurés de toujours garder un rythme cardio-pulmonaire en- deçà des limites à ne pas dépasser. Toutes les solutions sont possibles : chanter, déclamer, réciter, jusqu’au point où l’exercice perturbera votre élocution. Vous serez étonné de la rapidité de progression si vous faites cela au moins trois fois par semaine.
Les avantages d’une telle pratique sont non seulement ceux précités, mais aussi d’avoir une répercussion considérable au niveau tactile. Les flexions de jambes utilisent le plus gros groupe musculaire de notre corps et vont ainsi accroître tous les échanges liquidiens et gazeux. C’est un véritable nettoyage, mais aussi la parfaite irrigation de vos cellules qui se propageront jusqu’au bout de vos doigts et en accroîtront à coup sûr la sensibilité.
Une meilleure irrigation sanguine et lymphatique, ainsi que l’absence de tensions dans votre dos, vous assureront à jamais d’avoir les mains chaudes et confortables, tant appréciées par votre clientèle.

Developper vos facultés d’équilibre
Considérons maintenant un autre point important dans le contact tactile. Comme je l’ai déjà expliqué dans un article précédent, le contact tactile entre deux personnes est, avant tout, un contact entre deux mouvements. Le contact ne peut avoir que deux qualités : soit les mouvements s’entrechoquent, soit l’un accompagne l’autre et ils sont accordés. Dans le premier cas, c’est l’inconfort et l’imprécision qui dominent, dans le second, c’est l’écoute et l’aide qui en résultent. Pour parvenir à coup sûr à cet accord, il vous faudra, là encore, commencer par un travail personnel, afin d’obtenir cette qualité incommensurable qu’est l’équilibre.
Pour tester votre faculté d’équilibre, je vous propose de vous mettre en appui sur un seul pied, les yeux fermés. Dans cette position, il doit pourtant vous être possible de garder le bras tendu, en contact parfait, sans trembler, avec n’importe quel objet.
Voici deux autres exercices, tout à fait remarquables pour développer cette faculté :
Prenez un manche à balai, ou tout autre bâton d’au moins un mètre et posez le au centre de la paume, doigts tendus; Essayer de maintenir l’équilibre, sans bouger les pieds, avec le minimum de déplacements de la main.
Un autre exercice similaire consiste à mettre le bâton en équilibre à l’horizontal, sur la première phalange de l’index, et à maintenir cet équilibre, quelle que soit la position de la main dans l’espace.
Pour améliorer parallèlement la sensibilité tactile, je vous propose de faire cet exercice les yeux fermés : ainsi vous devrez percevoir le moindre déséquilibre du bâton et le rétablir par une micro rotation de l’index;
Si vous trouvez ces exercices enfantins, sachez que c’est un compliment, car les enfants ont, en général, un très bon toucher.
Vous pouvez d’ailleurs, et je suis sûr que certaines ne s’en priveront pas, accroître vos qualités de perception et d’équilibre, en essayant de maintenir ce bâton à la verticale, sur n’importe quelle partie de votre main, droite ou gauche.
Une démonstration édifiante de la représentation de cet exercice vous sera donnée dans l'exercice suivant, similaire, mais pratiqué à deux :
Placez le bâton à l’horizontale, en équilibre sur la dernière phalange de l’index d’une autre personne qui devra garder les yeux fermés et se laisser aller complètement. Avec une de vos mains, soutenez sa main. Avec l’autre, prenez contact avec son index, sans toucher le bâton et essayer de maintenir l’équilibre.
Ceci illustre parfaitement, à mon avis, ce qu’est l’aide et le contact tactile avec une autre personne, et plus particulièrement l’accompagnement et l’aide que l’on peut apporter par le toucher. Je pense que s’il ne vous est pas facile de réaliser cet exercice, vous aurez certainement les mêmes difficultés à entrer en contact de manière juste avec quelqu’un, quelle que soit la technique employée.

Assouplissez vos mains

Une fois ces fondements parfaitement établis, et seulement à ce moment là, il devient nécessaire de s’intéresser particulièrement à la qualité de vos outils.
La bonne main est une main qui doit être souple, relativement charnue, habile et posséder une certaine indépendance des doigts les uns par rapport aux autres.
Une pratique quotidienne, aussi simple que les bains de mains chauds, vous assurera de garder en permanence une circulation parfaite qui accroîtra votre sensibilité. Prolongez ces bains entre cinq minutes et un quart d’heure, puis rincez à l’eau fraîche, mais non froide. Simple, mais irremplaçable. Pour assouplir vos mains, il existe toute une gymnastique qu’il serait beaucoup trop long de décrire ici, propre à chaque articulation et chaque fonction de la main : tractions, étirements, rotations, écartements, mouvements en tous sens, pratiqués une main sur l’autre ou simultanément par les deux mains.
Voici trois exercices qui vous seront d’une grande utilité lorsque vous les maîtriserez :
Le premier consiste à pétrir de la pâte à modeler, le plus souplement possible. Cela aura le double effet d’assouplir vos mains et de les rendre suffisamment charnues, sans tension, pour le plus grand confort de vos clientes.
Pour développer votre sensibilité, je vous propose ce petit jeu qui consiste à inclure dans la pâte à modeler quelques minuscules billes d’acier, et tout en pétrissant cette pâte, vous essaierez de percevoir à tout moment et en toute position ces billes. Cet exercice est particulièrement enrichissant pour toutes celles qui désirent pratiquer le Drainage Lymphatique de manière juste et efficace.
Pour accroître la mobilité des doigts et leur rendre cette indépendance qui leur permettra de remplir au mieux leurs fonctions de capteurs et de palpeurs, je vous propose les deux exercices suivants :
Prendre une petite balle de caoutchouc souple entre l’index et le majeur, , et par déplacement transversal et vertical des doigts, faire passer cette balle entre le majeur et l’annulaire, puis entre l’annulaire et l’auriculaire, revenir ainsi par dessus ou par dessous l’index, et recommencer.
Le dernier exercice accroîtra grandement votre précision pour tous vos soins du visage : Placez deux allumettes parallèles, la troisième perpendiculaire sur l’extrémité des deux autres. Posez le majeur entre les deux allumettes parallèles, la troisième perpendiculairement sur l’extrémité des deux autres. Posez le majeur entre les deux allumettes parallèles, saisir l’allumette perpendiculaire entre les premières phalanges latérales de l’index et de l’annulaire, et tout en conservant le contact permanent avec la première phalange du majeur sur la table, montez l’allumette sur la boite et redescendre.

Voici terminés et développés très succintement les quelques exercices qui doivent composer quotidiennement la séance d’échauffement, d’entretien et de développement de cet outil extraordinaire qu’est la main, et dont l’esthéticienne doit être la garante. Ils représentent une petite partie du fondement de la technique du toucher juste, lui même à la base de la technique du Massage Rythmique dont je suis le créateur. C’est une technique manuelle de détente et de relaxation vraie, à la portée de toute esthéticienne qui désire accéder à ce rôle privilégié pour aider à procurer le bien être.
La passion du contact tactile et le plaisir apporté à l’un et à l’autre des acteurs de cette relation demandent une formation sérieuse qui, je l’espère, sera prochainement la fierté de cette profession et contribuera à lui redonner toutes ses lettres de noblesse et sa véritable place.
J’espère que ces quelques lignes vous auront réconciliées avec ce fameux “don” dont semblent être affublées certaines personnes, mais qui, pour ma part, me semble plutôt dû à un travail acharné et passionné. Il n’y a pas de “trucs”. Toutes ces techniques sont bonnes lorsque les outils sont bons.
Soyez fières de vos mains. Entretenez les, développer les, aimez les. Ces possibilités sont en chacune de vous, et j’espère de tout coeur que vous en profiterez.
Je terminerai par cette phrase d’Arthur Rubinstein : “Le don ne s’acquière pas, il se développe”

L’Aqua-Massage

     
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“On nait liquide, on meurt solide” Notre corps est constitué de plus de 70% de liquide et nous sommes sur une planète dont la surface est recouverte de 70% d’eau. Il est donc assez évident que l’eau a un impact certain sur tous nos systèmes et qu’en ce sens la balnéologie peut être une source de bienfaits considérables. De tous temps l’homme s’est servi de l’eau soit pour se soigner soit tout simplement pour se détendre. Des bains de bras aux bains de pieds, des douches au jet aux douches à affusions, du hammam au bains chauds, toute une panoplie de soins peuvent être envisagés. Même le sauna et les enveloppements qui font partie de la balnéologie sont autant d’atouts pour se régénerer ou se détendre.
Certaines méthodes sont tombées complètement en désuètude et souvent pour des raisons toute simples. Il en est ainsi par exemple pour les bains tièdes, 37°5, prolongés (parfois plusieurs semaines ou mois) vulgarisés par le docteur Simon Baruch. Ces bains qui donnaient des résultats stupéfiants pour les insomniaques, les déprimés et les neurasthéniques avaient deux inconvénients. Le premier, certes pas facile à mettre en oeuvre, c’était le temps et la disponibilité des sujets, mais le pire inconvénient et qui était souvent la seule cause de refus ou d’arrêt du traitement, c’était “l’ennui”. Il fallait absolument qu’une tierce personne soit présente en permanence de jour comme de nuit pour tenir compagnie à la personne immergée sinon cela ne marchait jamais et la personne n’arrivait pas à se détendre.
C’est un peu la même chose dans les instituts qui proposent de la balnéologie. Même dans les centres de thalassothérapie le bain n’est pas le moment préféré.
Généralement on vous “jette” (et même dans des centres très réputés, j’en ai fait l’expérience) dans la baignoire déjà pleine (erreur) et on vous indique le temps restant. Si vous avez beaucoup de chance, on repassera vous voir1 fois pour vous demander si tout va bien et en espérant bien que tout aille bien parce qu’il n’y a pas d’autres solutions.
Or il existe un grand nombre de personnes qui, même si elles ne sont pas des phobiques de l’eau, n’en ont pas moins une certaine appréhension d’autant que les systèmes air et eau ne sont pas là pour les rassurer. Mais comme on nous vante sans arrêt les bienfaits de la balnéothérapie, elles essaient quand même et le résultat est toujours le même : elles ressortent encore plus tendues après qu’avant. Eh oui! cette apréhension de l’eau et les bouillonnements qui s’en dégagent ne les incitent pas à se laisser aller mais au contraire, elles se retiennent pour ne pas avoir, par exemple, la nuque dans l’eau, d’ou tension permanente dans les bras et les épaules ou dans les jambes et le bassin, pendant toute la durée du bain avec à la sortie des douleurs qui n’existaient pas avant. Et là, c’est toujours le même discours : “ne vous inquiétez pas, il est possible que de vieilles douleurs se réveillent mais ça passera et au contraire cela va vous permettre de règler de vielles tensions”. Oui ça passera si la personne insiste beaucoup parce que les facultés d’adaptation du corps sont considérables, mais ça passera à coup sur quand la personne rentrera chez elle et que cette accumulation de tensions quotidiennes cessera...
Et ce n’est pas le seul problème. En effet je suis toujours surpris quand je pense aux baignoires et quand je pense à deux acteurs que j’aime bien, Miimi Mathy et Mouss Diouf. C’est même un des trucs dont je me sers quand j’ai pas le moral, car instantanément, en les imaginant je ne peux pas m’empêcher de sourire.
Plus sérieusement, on a beau nous vanter tel ou tel programme avec telle ou telle buse d’air ou d’eau je me demande toujours par qui et pour qui a été conçue cette baignoire et comment peut on nous vanter le placement et l’effet de telles ou telles buses alors que le corps n’aura pas la même place suivant la grandeur, surtout si on ne contrôle pas.
Fort de cette réflexion et de mes diverses expériences, par principe qui dit qu’on ne doit jamais laisser seul un ou une cliente et par passion toujours plus grande du massage et du toucher en général, j’ai mis au point l’aqua-massage. Dans cette technique non seulement tous les problèmes énoncés plus haut sont inexistants mais mieux encore le massage sous l’eau décuple les effets de la détente et de la balnéo.

Pour des raisons évidentes dans les photos qui illustrent cet article le mécanisme d’air et d’eau est arrêté et la baignoire peu remplie pour que vous puissiez voir mes mains.

Installation de la personne.

Il est important que la baignoire ne soit pas remplie complètement quand la personne entre dans le bain, cela lui laissera plus de temps pour s’acclimater à la température et comme vous êtes à côté, il est facile de remettre de l’eau à la température désirée par la personne et non pas de manière standard (Voir article “un homme à l’institut”)
Cela permet aussi de faire des bains plus chauds si nécéssaire (la température juste est encore plus importante que les bulles mais il serait trop long de faire ici un cours de balnéologie concernant le chaud et le froid, les avantages et les inconvénients). A ce sujet, il faut toujours se rappeler que la chaleur humide est beaucoup difficile à supporter que la chaleur sèche. Un bain à 42 ° est déjà un bain presque insupportable, tandis qu’un sauna à 80 ° se supporte très facilement. Pour remédier à cela, il est une technique très simple à mettre en place, possible de fait si on est à côté de la personne et impossible si on la laisse seule, c’est d’avoir juste à côté de la baignoire une petite cuvette remplie d’eau froide avec un gant de toilette par exemple, ou un linge quelconque. Si on sent que la personne à trop chaud, il suffit d’appliquer ce gant d’eau froide sur le front (ce qui en plus est très agréable) plusieurs fois, en essorant chaque fois le gant et en le regorgeant d’eau froide, pour que la personne soit instantanément rafraichie et détendue.
Si la personne manifeste une certaine appréhension à l’eau, ne mettez pas le mécanisme air et eau en marche tout de suite, mais simplement conseillez lui de fermer les yeux et, en lui expliquant que vous ne la lâcherez plus et qu’elle peut avoir toute confiance, mettez simplement vos mains sur ses épaules. En fait, ce contact la rassure et en même temps vous permet de l’inciter, avec une légère pression, à pénétrer un peu plus profondémént dans l’eau. Dès que vous sentez qu’elle accepte cette proposition, mettez une main sous sa nuque et l’autre main sur le torse, position extrêmement confortable (le confort c’est mon hobby... et la seule technique à laquelle je crois...) et qui en plus lui donne vraiment la sensation que vous contrôlez tout et qu’elle n’a rien à craindre. Au bout d’un petit temps vous pourrez mettre en marche le système air-eau pulsé.
A ce moment, commencez par un massage de détente des épaules et de la nuque, chaque fois en contrôlant son “enfoncement” dans l’eau ou pas, les deux mains simultanément ou alternativement.
Puis les deux mains sur le crâne, commencez un massage du cuir chevelu, soit avec le bout des doigts, soit avec la pulpe des doigts.
En suite, en faisant attention de ne surtout pas perdre le contact, je descend sur le côté droit et je commence un massage du ventre style drainage lymphatique, en portant une attention particulière sur le plexus solaire.
Puis, c’est au tour des jambes et des pieds, puis les bras et les mains, de chaque côté.
Je remonte à la tête pour effectuer à nouveau quelques manoeuvres sur les épaules et le crane et quelques effleurages ou mouvements de drainage sur le visage.
En général la durée du bain est d’environ 20 minutes.
Là encore, je ne termine pas n’importe comment. Le “je vous laisse vous essuyer et vous rhabiller pour aller vous étendre dans la salle de repos (s’il y en a une, ce qui n’est pas toujours le cas)” me parait aussi stupide que de vider le sac de son aspirateur au milieu d’une pièce que l’on vient de nettoyer.
Non, si le bain était très chaud, j’actionne le système de vidage en laissant la personne dans la baignoire et je la rince avec un jet d’eau à peine fraiche (froid si elle supporte) quelques secondes et je l’aide à se relever. Ensuite je lui “sèche-frictionne” le dos avec une serviette sèche, et je l’aide à sortir du bain pour l’accompagner directement vers ma table de massage que j’avais recouverte préalablement d’une couverture de survie dans laquelle je l’enveloppe. Là, pendant qu’elle va se reposer, je ferais un massage des pieds suivi d’une réflexolgie plantaire et un mini drainage du visage ou un étirement-massage de la nuque. Puis je la découvre, je l’essuie (il y a de grandes chances pour qu’elle ait beaucoup transpiré), je lui demande de se retourner et j’effectue un massage du dos avec une huile d’olive hyperoxygènée enrichie d’huiles essentielles. Vos pouvez retrouver tout le détail de cet après -soin dans l’article “Le soin Confort Plus - Avril 2003”.
Je lui propose éventuellement de se doucher (ce qui est rarement une envie ou un besoin) pendant que je lui apporte une boisson fraiche ou chaude.
Une heure, voilà le temps total du soin, un vrai soin de confort associé à la balnéothérapie. Ce que je peux vous assurer, c’est que pratiqué dans ce sens, la personne ne fera plus référence à une simple baignoire à bulles ou à l’eau de mer en parlant de ce soin, mais parlera de vous et ce n’est pas la machine qu’elle reviendra voir, mais vous.
Je sais, c’est apparemment plus contraignant, mais là encore c’est une question de choix et d’esprit. Personnellement, je trouve beaucoup plus fatiguant d’être pris comme un “presse-bouton” que de m’occuper personellement de quelqu’un en permmanence même si, je vous l’accorde, la dépense physique n’est pas la même. En plus de cela, vous verrez que rapidement votre baignoire, si vous investissez dans cet appareil, sera non seulement très vite rentabilisé, mais deviendra pour vous une alliée de votre développement et de votre réputation, et non pas un compte crédit débiteur au fil des mois.
Il est bien évident qu’il m’est impossible de vous donner ici toutes les explications techniques de ce soin qui peut facilement s’apprendre en une journée. Je me ferais un plaisir de vous renseigner et je peux me déplacer dans votre centre pour une formation particulière.
Je remercie l’école “Avenir et Beauté” 74 Seynod et sa directrice Sylvie Gouhier pour les photos ainsi que Eve, une de ses élèves, qui a bien voulu servir de modèle.

" Ne vous mettez plus la pression inutile "

FORCE ET PRESSION

J’ai toujours comparé le toucher à la parole et particulièrement en ce qui concerne le massage.
Si, lorsque je reçois quelqu’un, ce sont ma bouche et mes yeux qui l’accueillent, dès que je commence le massage, ce sont mes mains qui prennent le relais de la communication pendant que mes lèvres se taisent.
S’il existe un nombre incommensurable de mots et de tons différents pour la voix dans une seule langue, cette multiplicité de possibilités est encore décuplée par le nombre de langues dans le monde.
Selon le mot ou le ton choisi à un instant donné, la voix peut calmer ou agresser son interlocuteur.
On s’aperçoit très vite que le ton est plus important que le mot car même dans une langue que l’on ne connaît pas, et de fait, que l’on ne comprend pas, c’est le ton de la voix qui nous renseigne instantanément sur les intentions de la personne qui nous parle, bien que, selon les cultures, il faut se méfier.
Quels que soient les mots, un ton agressif ou violent vous met instantanément dans un état de tension, ou tout au moins dans un état de méfiance qui, non seulement ne vous incite pas à profiter d’un éventuel conseil, mais peut même vous le faire rejeter à priori, alors qu’il aurait pu vous être profitable s’il avait été énoncé sur un autre ton.
Il est d’ailleurs intéressant de noter que les mots qui nous ont le plus bouleversés, comme " je t’aime " ont toujours été prononcés avec calme et sur un ton bienveillant. Même chuchotés, ils peuvent avoir un écho qui n’en finit pas et même qui peut s’amplifier de lui-même par la seule force de la justesse et de l’intention des paroles prononcées.
La précision des mots peut aussi avoir son importance, même s’il est possible de s’en affranchir en nuançant le propos et en l’enrichissant par des synonymes ou des images.
Par contre, dire tout et son contraire successivement, entraîne une confusion extrême qui conduit rapidement à l’incompréhension et au rejet.
Il en est de même pour les répétitions : Si, répéter une phrase ou un mot, dont on est sûr qu’ils ont été compris, mais en changeant de ton ou de rythme, leur donne plus de poids, leur répétition sur le même ton n’en serait que plus ennuyeuse et romprait instantanément l’intérêt de la conversation. Le pire serait bien évidemment une dizaine de répétitions de la même phrase ou du même mot. Mais il y a toujours pire… D’abord, c’est quand cette phrase déjà répétée plusieurs fois, revient l’instant d’après comme une rengaine ou un let-motive. Et le pire du pire, c’est de ne pas comprendre ce mot ou qu’il soit inadapté.
De toutes façons, la répétition d’un mot ou d’une phrase, même justifiée, leur fait perdre leur force. Dire 10 fois de suite " je t’aime " ne peut qu’entrainer le doute et dévaloriser ce sentiment. Et si, en plus, cela recommence 5 minutes plus tard, vous risquez de devenir méfiant et de vous poser des questions quant à la profondeur et la sincérité de ces paroles.
Il est d’ailleurs facile d’illustrer ce propos qui me vient d’un probatoriste bramalien qui m’enseigne que le calcul de l’intention diffère dans la crénitude de son aphorisme étincelant.
Il est d’ailleurs facile d’illustrer ce propos qui me vient d’un probatoriste bramalien qui m’enseigne que le calcul de l’intention diffère dans la crénitude de son aphorisme étincelant.
Vous constatez que la répétition de deux phrases sans aucun sens et sur le même ton (l’écrit a cette faiblesse de ne pas permettre de changer de ton) est insupportable. La première fois, c’est dur… mais la deuxième fois c’est franchement intolérable. Et pourtant… et pourtant… et pourtant…
Et pourtant quoi ?
Un simple mot répété dix fois devient presque une agression… et je ne vous infligerai pas une nouvelle fois la répétition de ce paragraphe absurde, mais imaginez : tout ce que je viens d’énoncer peut instantanément être transposé dans le massage…

Des mots et des maux.
La qualité d’un massage repose sur la précision des gestes, puisés dans une bibliothèque suffisamment riche pour être variés, ainsi qu’ un toucher attentionné et nuancé bannissant toute agressivité, et guidé par l’écoute et l’attente de la réponse avant de proposer de nouveaux enchaînements.
Je suis effaré de la pauvreté de nombreuses techniques qui, en plus, ne sont même pas accompagnées d’une étude précise des possibilités innombrables de la main qui permettrait au moins de nuancer les sensations et la conséquence est édifiante : une technique " pauvre " pousse rapidement à en chercher une autre pour rompre l’ennui et combler une quête restée inassouvie, voire même à en interrompre la pratique vu le peu d’intérêt qu’elle suscite . Pour les plus motivées qui cherchent à " améliorer ", enrichir leur pratique, on arrive parfois à des résultats surprenants de techniques dégénérées ou chacun fait " sa cuisine " en mélangeant un peu de tout, et c’est la cacophonie !
Il suffit d’imaginer quelqu’un qui, dans une même conversation, parlerait 10 mots de français, puis 10 mots d’anglais, agrémentés de quelques mots de chinois ou de russe…
Si le poète ou l’écrivain semble être le maître des mots, c’est en variant son vocabulaire, en nuançant à l’infini les possibilités d’expression par la ponctuation, en faisant résonner les mots ou les phrases entre elles, en suivant son inspiration, qu’il parvient à la création et à trouver son style, mais sûrement pas en faisant cohabiter plusieurs langues ou plusieurs formes littéraires dans la même œuvre.
Enfin, l’acteur, respectueux du texte, en transmettra l’émotion ou le message sans le tronquer ni le déformer, en se servant de ses propres " outils " que sont la voix, le regard, les mains, son corps tout entier, afin d’être le digne interprête de l’auteur. (Un interprête peut provoquer des catastrophes, et je vous parle en connaissance de cause après 25 ans d’enseignement dans 17 pays, par son imprécision, voire même son orgueil qui l’empêchent de traduire avec justesse et l’amènent à déformer les propos de l’auteur jusqu’à faire éclater des conflits.)
Enfin, j’ajouterai qu’aucun appareil, quel que soit son prix, n’a jamais pu transmettre l’émotion et la force d’une voix ou le timbre exact d’un instrument. Le concert vivant reste une émotion irremplaçable. Il en est de même pour la main qu’aucun appareil ne pourra jamais remplacer quant à ses possibilités infinies (si elles sont cultivées et exploitées) et qui, en plus, sont modulables instantanément alors qu’un appareil est par définition toujours programmé pour accomplir sa tâche.
Rien n’est plus pénible qu’un discours qui s’enchaine indéfiniment sans vous laisser le temps de l’intégrer et éventuellement d’acquiessier.
Un arrêt contrôlé du geste, et non une interruption brutale qui serait vécue comme un abandon, peut, à l’instar d’un silence, être " habité ".
Attendre, suggérer, permettre un soupir ou un silence, vérifier que le message passe, préparera la suite à donner et vous permettra de constater votre crédibilité, ou non….

Force sans pression
Si un mot chuchoté peut nous transformer, une caresse aussi. Si elle n’est pas plus nécessaire qu’un discours ou une conférence prononcés à mi-voix, elle ne peut être bannie, si elle est appropriée, c’est à dire adaptée au moment ou aux circonstances. Ce sont d’ailleurs souvent les gestes les plus doux que l’on garde en mémoire toute sa vie, alors que les agressions, même si elles sont blessantes, peuvent être atténuées, justement, par des sensations plus subtiles et plus douces.
Pour reprendre la comparaison avec la voix, il est impossible et d’ailleurs complètement stérile de hurler pour tenter de se faire mieux comprendre, et si cette violence verbale devait produire un effet quelconque, cela relève de l’endoctrinement ou de la dictature, mais en aucun cas d’une véritable écoute.
On sait que les tympans des personnes qui fréquentent régulièrement des lieux trop bruyants se durcissent, au point d’entrainer une surdité passagère, voire définitive. Il en est de même pour l’ensemble du corps qui, dès qu’il se sent agressé, va instantanément se tendre pour se défendre et résister.
Moralité : plus la pression est forte, plus vous aurez de chance de tendre au lieu de détendre.
( cela est indiscutable, car c’est de la physique et non du Guy Dumont) La encore, nous en avons une démonstration évidente par la torture qui est l’ultime agression tactile que l’on puisse imaginer et qui entraîne généralement une insensibilité tactile partielle ou totale et dans tous les cas, un rejet du contact tactile.
Plus simplement, ce sont uniquement les personnes mal touchées qui n’aiment pas être touchées, tout comme les personnes que l’on a endoctrinées ou agressées mentalement deviennent méfiantes, même face à un sourire.

Il ne faut pas confondre force et pression.
De même que la force de conviction d’une voix ne se mesure pas en décibels, celle du toucher ne se mesure pas en kilos, même s’ils peuvent être importants sur certaines parties du corps et dans certains mouvements de massage(jusqu’à 100 kilos en massage Artistique). Dans les deux cas, c’est avant tout, l’intention et l’attention en permanence qui procure le sentiment de force, même sans pression importante et avec peu de décibels.
Il faut aussi avoir conscience que la force ne provient pas de la main, mais de l’ensemble du corps. C’est la bonne utilisation du corps tout entier qui permet à la main de rester souple, précise, disponible et confortable et de moduler sa force tout en percevant les informations les plus subtiles.
De la même façon, tous les chanteurs vous diront que ce sont le ventre et les pieds qui donnent la puissance de la voix et en aucun cas le mouvement des lèvres. Au plus fort d’un air d’opéra, les lèvres n’articulent pas, mais sont ouvertes pour laisser sortir le son, et la note ultime n’arrive pas arbitrairement mais appartient à une mélodie savamment orchestrée.
Enfin, le plaisir de chanter ou de masser est aussi un vecteur de force . Celui qui est passionné par ce qu’il fait ou raconte, le transmet toujours avec plus de conviction que celui qui déballe mécaniquement ce qu’on lui a appris… parfois platement aussi. (ceci explique cela) .

L’Empathie, source de force.
Quand on me demande quelle est la bonne pression et que je ne dispose pas du temps nécessaire pour expliquer, j’ai l’habitude de répondre : " Imagine que tu es dessous et tu auras déjà une idée de la réponse ". Dans le même esprit, quand un stagiaire effectue un mouvement avec une pression excessive, je le reproduis sur lui avec la même pression et sa qualité de toucher change alors instantanément. Se faire masser est un excellent moyen d’apprentissage, car ressentir est la meilleure façon de savoir ce que vous voulez donner ensuite. (J’ai déjà abordé ce sujet dans le chapitre " combien de temps faut- il pour apprendre à masser ?").

La force dépend aussi de la qualité de l’enchainement.
Raymond Devos, un des maître incontesté du verbe, affirme qu’il construit ses textes en choisissant toujours ses mots de telle façon qu’un mot en appelle un autre et le fasse résonner, c’est à dire re-sonner.
C’est pareil en massage : Il faut que chaque mouvement soit lié au précedent, ou au moins, ne casse pas le rythme ni la fluidité du massage. En ce sens, une technique a toutes les chances d’être plus efficace si elle a été créée par quelqu’un qui a travaillé le toucher et le mouvement plutôt que par quelqu’un qui doit à tout prix caser les produits d’une grande marque dans son soin et dont la qualité du toucher devient secondaire par rapport à l’enjeu commercial.

La force de la variété
C’est la diversité de son vocabulaire qui permet à l’orateur de se faire comprendre, la variété de ses recettes qui permet au restaurateur digne de ce nom de composer un menu et la richesse de sa " bibliothèque " qui permet au masseur de choisir les mouvements adaptés à chaque personne et d’être confortable.
Comment un orateur pourrait-il intéresser son auditoire en répètant toujours le même discours ?
Seul les Mac Do proposent toujours le même menu (quoi que…) mais là, on ne parle pas de gastronomie, ni même de nourriture.

Alors, développez vos possibilités, travaillez vos mains, ouvrez votre cœur, approfondissez votre réflexion et améliorez votre technique ou changez en si elles sont ennuyeuses parce que pauvres et linéaires.
En tous cas, restez passionnées !
Et surtout, n’oubliez jamais que les corps que vous touchez sont de véritables musées, qui ont un passé, une histoire, que vous ne pouvez en aucun cas vous permettre de déranger et de bousculer. Ayez des mains et une attention d’orfèvre !

" N’entre jamais dans le temple de l’Autre avec tes propres règles "

Le Temple du confort.

Depuis 25 ans ma priorité a toujours été de chercher à amener le confort quelles que soient les circonstances et les conditions partout dans le monde. Cette démarche qui pourrait paraitre simpliste car assymptomatique m’a été dictée par une simple réflexion. Le confort est notre premier alphabet et notre système de référence quant au développement de la vie.
En effet, pour pouvoir naitre et nous développer, le ventre de notre mère nous a proposé le lieu et les conditions parfaits pour ce but.
Température idéale et constante, environnement liquidien pour amoindrir tous les chocs, “pré-digestion” de toutes les informations, bruits, odeurs et alimentation.
Cette empreinte indélébile est pour l’être humain la référence ultime de son bien-être et du remède à tous ses maux car il en connait l’influence et l’incommensurabilité de ses effets.

Malgré tout, ce temple du confort est souvent malmené et la femme enceinte à, elle aussi, besoin des services de confort que peut lui prodiguer l’esthéticienne.
Au delà des agresssions extérieures difficiles à quantifier, c’est tout simplement la transformation physiologique rapide du corps de la Mère qui entraine ce besoin d’un “coup de main” de confort.
Le surcroit de poids qui modifie complètement l’équilibre et le centre de gravité entraine souvent des tensions au niveaux du dos et des membres inférieurs, mais aussi au niveau de la nuque. Il est bien évident que je ne parle ici que de situations “normales” et non pas de pathologies quelconques dont l’intervention est réservée de fait au corps médical. Rappelons le, la grossesse n’est pas une pathologie.

En fait il est facile de comprendre que les les 10 à 20 kg de poids supplémentaire à supporter en plus alors que la musculature n’a pas changé, entrainent une fatigue et des tensions qu’il est souhaitable de soulager.

Si l’on veut être tout à fait juste il n’est pas possible de définir à priori une méthode précise de A à Z pour s’occuper d’une femme enceinte, tant les effets de cet état sont différents d”une femme à l’autre en fonction de sa morphologie et de son activité.
Là encore, c’est surtout la richesse des possibilités d’intervention et la qualité extrême du toucher qui sont les garants d’une intervention juste et non à priori.

Il est tout de même posssible de définir les grandes règles de cette intervention.

La position idéale.
Le premier élément évident c’est que cette nouvelle morphologie impose une attention particulière pour l’installation sur la table de massage. Pour beaucoup de femmes la position sur le ventre devient très vite inconfortable et pour intervenir sur le dos il est nécéssaire d’allonger la personne sur le côté.
Même la position sur le dos n’est pas toujours confortable à cause du poids qui se répercute sur la colonne lombaire, ce qui peut entrainer des douleurs importantes.
Là, c’est le jeu subtil de coussins en tout genre qui permet de caler au mieux. Un des plus importants est celui que vous mettrez entre les genoux; En effet, si vous l’oubliez, le contact permanent des genoux est une source d’inconfort très importante. Celui que vous mettrez sous la tête sera ajusté par la personne allongée. Enfin il peut être nécéssaire suivant la période de la grossesse de rajouter un autre coussin sous le ventre afin de soulager le bas du dos.
Il est intéréssant de noter que cette simple postion que la femme enceinte ne prend pas souvent le temps de “s’offrir” permet déjà sans aucune intervention de réduire bon nombre de tensions.
Cette position, si elle est confortable pour la femme enceinte n’est pas très facile pour le masseur qui doit se baisser s’il ne dispose pas d’une table electrique. Il faudra adapter bon nombre de mouvements par rapport à une position plus classique. De plus il est indispensable de prévoir le retournement, donc à nouveau l’installation et le calage qui prennent un certain temps, pour pouvoir s’occuper du corps de manière symétrique et surtout pour avoir accès à toutes les parties importantes.

Les jambes et les pieds.
Ce sont elles qui de fait supportent en premier lieu le surcroit de poids et très souvent la femme se plaint d’avoir simplement les jambes lourdes.
Je pratique beaucoup de mouvements d’effleurage et de pétrissage agrémentés de mouvements de drainage sur l’ensemble de la jambe. Le plus important pour moi est d’avoir ces deux actions: nettoyage des tensions accumulées et aide à la circulation de retour. Souvent j’apporte une attention particulière aux pieds par un massage de détente global qui en permettant de les remettre un peu plus à plat soulage l’ensemble du corps et des jambes en particulier.

Le muscle fessier
J’ai toujours énoncé qu’il était aberrant de prétendre détendre quelqu’un si on ne lui masse pas le muscle fessier tant il le siège de tensions importantes. En effet ce muscle, un des plus gros du corps est chargé de compenser les tensions qui proviennent aussi bien du haut que du bas et c’est en ce sens qu’il doit être privilégié. Je reprécise d’ailleurs que le muscle fessier est certainement l’une des parties de peau les moins sensibles du corps. C’est donc un simple état d’esprit qui fait que l’on touche ou que l’on évite ce muscle mais en aucun cas par rapport à une certaine sensualité déformée.
Pour détendre le muscle fessier j’imagine tout simplement, au sens noble du terme, que j’ai affaire avec une boule de pâte à modeler qu’il faut pétrir en tous sens, de manière attentionée et délicate pour la ramollir et la rendre homogène. Lorsque ceci est effectué correctement j’ai toujours la même réaction: un immense sourire de bien être et de remerciement tant la réaction est importante et immédiate sur l’ensemble du corps.

Le bas du dos.
La position proéminente du ventre entraine une cambrure au bas du dos et la aussi un inconfort important. La position sur le côté ne favorise guère le massage de cette partie. Aussi j’effectue des mouvements amples avec une seule main suivis d’une séance de “tournage de pouces” sur le muscle paravertébral.

Le milieu du dos.
Là c’est le poids des seins, en fin de grossesse, qui va générer une tension importante sur l’attache des muscles trapèzes à la hauteur de la bretelle du soutien-gorge. J’effectue simplement un ponçage léger avec les pouces ou avec la main à plat tout simplement pour redonner plus de place à cette zone qui à tendance à se contracter.

La nuque.
Là c’est l’ensemble du poids et les mauvaises positions qui auront tendance à tendre la nuque. Si la personne est assez confortable en étant sur le dos je préfère masser la nuque dans cette position car sur le côté ce n’est pas facile du tout. Ce sont en fait des mouvements d’étirements doux, de va et vient du bas de la nuque à la base du crâne qui me paraissent le plus indiqués.

Le visage.
La tension du visage d’une femme enceinte n’est pas physiologique au sens de cet état physique particulier mais c’est plutôt l’état d’inquiétude qui se reflète sur le visage. Je fais donc des mouvements TRES SIMPLES du centre vers l’extérieur avec les pouces. Je pars du front, pour enchainer sur les paupières, les yeux, les pommettes, les lèvres et le menton et enfin j’effectue un mouvement d’englobage global du visage comme pour le nettoyer et le désencombrer.
Le plus important c’est de ne jamais lacher, donc de se servir des autres doigts en appui pour changer de position soit de le faire alternativement. Pour parfaire ce confort je ne manque jamais de détendre le cuir chevelu, un peu comme si je devais laver les cheveux mais avec des gestes le plus à plat possible et le plus “tendres” possibles.

Très souvent je termine en prenant les mains de la femme enceinte et en les lui posant sur le ventre. Je mets les miennes soit à côté soit sur les siennes avant de la couvrir et de les laisser tous les deux à leur intimité de sensation.
Je dois avouer que j’ai un plaisir tout particulier à masser une femme enceinte et que j’y attache une attention tout à fait particulière. Moi qui suis l’apôtre du confort et du bien être par le toucher c’est toujours dans ce cas que je retrouve l’image parfaite du confort et du principe de vie que j’ai tellement de plaisir à ressentir et à aider.
Un grand merci à Aurélie qui a accepté de me servir de modèle pour ces photos et à sa petite qui au moment où vous lirez ces lignes aura quitté ce temple du confort pour rejoindre notre monde de stress...Je lui souhaite longue vie et le meilleur contact qui soit avec tous ses semblables.

Le plaisir de toucher

Quand on parle de technique de soins manuelle, il faut toujours parler des effets produits et des résultats que l’on peut soi-disant obtenir, comme si la qualité de telle méthode se mesurait comme un moteur de voiture ou une machine agricole.
Et le plaisir dans tout ça?
Pourtant, c’est sûrement la seule motivation qui m’a, non seulement permis d’apprendre, mais qui me permet de continuer à chercher, à évoluer, et... à me lever tous les matins. Plaisir de faire quelque chose que j’aime, plaisir de faire plaisir, plaisir de toucher la peau d’un corps nu et vivant... ça y est, je l’ai dit, et j’en suis bien content, car ce sont exactement les mots que je voulais dire.
Je perçois déjà les sous-entendus que suscite cette phrase... C’est tout de même incroyable que les choses les plus simples soient souvent les plus difficiles à dire, à faire comprendre, ou à admettre.
Je viens de voir un reportage sur Marc Veyrat restaurateur savoyard qui vient d’obtenir une troisième étoile dans le guide michelin, ainsi qu’une émission sur le goût. Eh bien, c’est avec eux que j’aurais envie de parler de massage, car je suis sûr qu’on aurait échangé beaucoup de sentiments identiques.
Oui, mais eux, c’est de la bouffe, et moi, c’est de la peau ! Alors, eux, ils ont le droit de dire que chaque fois qu’ils créent un plat, ou même chaque fois qu’ils le cuisinent, ils le font avec le plaisir du nez et des yeux. C’est même leur seul truc et leur seule recette de base. Henri Gagnaire, autre “trois étoiles”, dit même que si les couleurs et les odeurs ne lui remuent pas les tripes, le plat ne sera pas bon et le client n’appréciera pas. Et même si le client appréciait, c’est lui qui n’aurait pas envie de le faire.
J’ai vu aussi un reportage sur Maurice Béjart qui vient, au bout de plus de quarante années de recherche et de pratique, de permettre à la danse d’entrer à l’académie des arts.
Je pense aussi à cette émission sur les parfumeurs, qui tous relataient l’énorme travail d’éducation du nez, ainsi que cette qualité indispensable, même la plus difficile à transmettre : le plaisir des odeurs et de leur mélange.
Même les couturiers ont le droit de parler de la sensualité qu’ils éprouvent au contact de tel ou tel tissu et du plaisir qu’ils ont à penser au corps qu’il va parer.
Ce vigneron aussi chantait l’émoi qu’il ressent à toucher sa vigne, à la regarder pousser, et à faire déguster son vin. Marc Veyrat dit que chaque fois qu’il entre dans une forêt, c’est comme un véritable musée de sensations entremêlées les unes aux autres.
Eh bien, moi aussi, j'ai ma forêt intérieure : la forêt des êtres vivants, le musée de l’histoire de l’Homme au fil de sa vie, la magie du mouvement, si subtil soit-il. Moi aussi, je travaille avec toute ma sensualité comme guide. Et si vous voulez juste un instant vous défaire de vos vieux clichés, si vous acceptez de ne plus confondre sensualité et sexualité, si vous pouvez être juste sincère, vous allez comprendre.
Chacun a ses repères et ses valeurs. Pour moi, le corps humain représente vraiment l’aboutissement de la création. Certes, je ne suis pas le premier à le dire, mais comment expliquer l’émoi que je ressens juste avant de poser la main sur un corps vivant?
C’est d’abord en pensant qu’une nouvelle fois, je vais avoir le privilège de découvrir, à coup sûr, un nouveau monde que je ne connais pas, et qui sera, à coup sûr aussi, différent de tous ceux que j’aurai déjà découverts. C’est comme un nouveau morceau de musique dont je découvre chacun des mouvements et les nuances. C’est aussi comme un nouveau sentier que je découvre dans une forêt, un endroit où je ne suis jamais allé. Le relief n’est jamais le même et j’essaie de m’y adapter au mieux, au fur et à mesure que j’avance. Je ressens la terre ou les cailloux sous mes pieds, j’essaie de ne pas trébucher pour ne pas déranger ce qui a mis tant d’années à se réaliser. Si je trouve un papier, je le ramasse et je le jetterai ensuite.
Si c’est la nudité qui vous choque, regardez un dictionnaire et vous verrez que ce mot n’est pas vulgaire. Nu veut dire “dépourvu d’ornements, sans apprêt, à découvert”. Pour moi, un corps nu ou habillé, c’est la même différence qu’entre un sapin de Noël avec ses guirlandes et ses fanfreluches, et ceux que je contemple tous les jours dans les forêts qui m’entourent. Vous savez, ce qui me plaît dans leur nudité, c’est qu’il y a aussi les branches cassées et que même ceux qui ne sont pas droits ont le droit d’exister. Et quand je mets la main sur leur tronc ou leur feuillage, j’aime autant le contact du feuillage doux et naissant du printemps que celui de la mousse ancienne et rugueuse.
Oui, j’aime le contact de la peau, le matériau le plus noble que je connaisse, le seul dont on essaie encore de faire la culture mais dont on ne connaît pas tous les secrets de fabrication. J’aime et je me délecte à ressentir les différences de température, de densité, de rugosité, d’aspérité, de couleur, de souplesse, de forme, de mouvements, et même d’odeurs subtiles, au risque de choquer. Oui, parce que là encore, je ne parle pas du parfum dont on peut s’affubler à foison et sans discernement, mais de l’odeur réelle et subtile de chaque corps.
Là encore, il est honorifique de ressentir les odeurs de moisissure ou de pourriture des truffes que l’on vend hors de prix, mais il ne faut jamais parler des odeurs de son propre corps. C’est vulgaire... Ou alors, cela devient le thème d’un reportage aussi débile que celui que j’ai vu sur les renifleurs d’aisselles qui doivent, à longueur de journée, respirer les odeurs nauséabondes de personnes à qui on interdit de se laver dans le but de dépister quel sera le meilleur déodorant pour masquer les précédantes odeurs.
Pourtant, je vous assure que l’odeur naturelle d’un corps, certes propre, mais sans artifice, c’est un monde... Que la texture d’une peau âgée, ou d’un sein fatigué par l’oeuvre accomplie, c’est majestueux... Que la cicatrice d’une peau brûlée ou les cals de compensation que je découvre sont les plus beaux morceaux d’histoire qu’il m’ait été donné comme sujets de réflexion, incomparables avec n’importe quelle grande théorie... Que toutes les formes du corps humain sont aussi belles que celles des montagnes ou contrées lointaines qu’il parait impardonnable aujourd’hui de n’avoir pas visitées... et que mes mains valent bien mes pieds...
C’est tout ça et encore tout le reste. Bien sûr, la première fois, moi aussi, je ne sentais pas grand chose. J’avais sûrement les oreilles aussi bouchées que lorsque ce naturaliste prétendait entendre des bruits incroyables alors que j’étais sourd. J’étais sans doute aussi enrhumé que lorsque ce cuisinier s’enivrait d’odeurs subtiles alors que je le soupçonnais d’avoir forcé sur la bouteille. J’étais aussi aveugle que lorsque ce peintre s’extasiait sur la beauté des couleurs que je ne discernais même pas. J’avais la bouche aussi pâteuse que lorsque ce vigneron me faisait savourer les multiples bouquets de son vin alors que j’avais la bouche imprégnée de coca. J’étais aussi manchot que lorsque mon maître, par une simple palpation de la peau pouvait établir un diagnostic, alors que je ne savais que pincer le plus fort possible pour faire voir que j’étais là..
Oui, j’étais sûrement lourdaud et maladroit, mais déjà, j’avais envie... et surtout, j’ai toujours eu beaucoup de respect pour ces gens là, car même si je n’osais pas toujours avouer instantanément mon ignorance et mes incapacités, au moins je n’ai jamais dénigré ni mésestimé leur travail. Et puis, j’ai cherché, et j’ai du réellement commencer à travailler.
J’ai enlevé mes artifices, j’ai coupé mes ongles, j’ai lavé mes mains avec l’eau de mon coeur, j’ai mis les yeux et les oreilles au bout de mes doigts, et je les ai rééduqués. J’ai enlevé le vernis qui m’empêchait de toucher. Je ne parlais plus en touchant, je pénétrais sur la pointe des mains dans le temple de l’autre, et non avec mes gros godillots; Et alors, vous savez ce que j’ai trouvé?
Juste le Beau, le plaisir de toucher et de faire plaisir. je vous avouerai que c’est d’ailleurs très bizarre, parce que toutes mes anciennes valeurs se sont effondrées. Ce n’était plus automatiquement les jeunes femmes et leurs seins ou leurs fesses qui m’émouvaient le plus. Parfois, c’était simplement un orteil ou une oreille, comme un cuisinier se délecte d’une simple carotte nouvelle. D’autres fois, c’était un creux poplité accueillant où je me re-posais comme sur un tapis de mousse dans la forêt. Et puis, moi qui ai horreur de faire le ménage, surtout celui des apparences, j’ai découvert le plaisir de ré-équilibrer, d’harmoniser, de gommer, de lisser, de réconforter, de nettoyer en balayant les tensions, les vieilles douleurs, les faux-plis etc...
Je comprenais enfin le plaisir que peuvent avoir les archéologues à mettre à jour des trésors enfouis et à s’extasier des heures durant devant les histoires qu’ils racontent. Mes doigts devenaient comme une panoplie de pinceaux avec chacun sa spécificité; Je comprenais enfin le plaisir d’un danseur aux jambes agiles, du parfumeur au nez affiné, de tout artisan, au sens noble du terme, qui a trouvé après un long apprentissage le plaisir de travailler avec des outils adéquats. Je n’imaginais même pas que mes mains pouvaient être à elles seules le vecteur de tant de sensations, à donner et à recevoir, tant les livres et formations en ont occulté l’existence et limité les possibilités.
Sous mes mains, c’est à chaque fois que je touche, vingt, trente, quarante ou cinquante années de vie et d’informations qui me submergent, avec les joies, les peines, les peurs, les doutes, les efforts de chaque tissu. C’est autant d’empreintes que je peux laisser à mon tour, empreintes de confort, de chaleur, de douceur et de force mêlées, d’attention et de respect. Je me sens un peu comme un laborantin qui, partant d’un papier blanc, peut révéler toutes les nuances des couleurs imprimées et les fixer pour qu’elles embellissent leur support.
Allez, je ne vous dis pas au-revoir, mais “au plaisir”!

20 000 kilometres sur les mains !

“Un kilomètre à pied, ça use”...
Un kilomètre à pied, ça nourrit !


Quelle chance ce métier ! ... Je n’ose pas dire quel pot (peau)!
Ce début de siècle nous a asséné son lot de résolutions en tous genres et fut aussi pour beaucoup le moment de l’introspection et des bilans.
Pour ma part, je me résume : plus de 20 ans de pratique quotidienne du Massage Rythmique et Artistique, soit environ 50 semaines par an, 5 jours par semaine (il m’est arrivé de ne pas m’arrêter un jour pendant deux mois) avec une moyenne de 5 massages par jour (le maximum fut 12) soit 20 X 50 X 5 X 5 = 25000 massages à raison d’un peu moins de 1 “kilomètre à mains” parcouru à chaque massage, soit 25000 kilomètres.... Arrondissons à 20000 pour être sûr de ne pas exagérer !
Espérant que je ne suis qu’à la moitié de mon parcours, cela me permet de rêver : En fin de parcours, j’aurai fait le tour de la terre.
Quel voyage ! Supposons que je l’ai fait à pieds. 20000 kilomètres, cela représente en France plus de 10 fois la distance aller-retour Lille-Marseille ou Strasbourg-Brest ! J’en aurais vu des paysages!

On parle souvent des effets du massage pour la personne massée, et comme le dit si justement Patrick Demouy dans son article du mois de février, c’est souvent à coup de mots ronflants que chacun essaie de justifier sa démarche. L’évocation qu’il en fait me parait beaucoup plus appropriée : “sentir, observer, écouter, regarder, aimer”... et moi je voudrais juste ajouter que je me suis “promené”.
Si je n’ai pas la prétention d’être aussi raffiné qu’un “nez” ou qu’un parfumeur, je peux vous dire que des odeurs, j’en ai stockées.
Si je ne suis ni géologue ni archéologue, des paysages, des formes, j’en ai observés !
Si, comme tout bon français, j’ai des difficultés à bien parler ma langue, mes mains peuvent défier tout polyglotte : elles en ont écouté, compris des corps, de toutes races et de toutes langues, et elles se font souvent beaucoup mieux comprendre qu’un long discours. Pourquoi les maux alors que nos mains, pourquoi le silence des mots, alors que nos mains...

J’ai parcouru moins de kilomètres à mains que le moindre VRP en voiture, mais je pense que je possède plus d’adresses que n’importe lequel : de bonnes adresses, où mes mains ont pu se reposer, des lieux de rendez-vous où chacun a pu se détendre et se régénérer.
Comme pour tout randonneur, ce parcours fut jalonné de bons et de moins bons moments, soit parce que le parcours était difficile, soit parce que je n’étais pas en forme. Mais comme le randonneur, ce ne sont pas les plus faciles que j’ai le plus aimés. Plus j’avance sur ce parcours, plus mes mains savent déceler le trajet idéal, l’endroit à ne pas mésestimer, et je ne cesse de m’étonner de leur sagacité. Et souvent, c’est un trajet un peu difficile, sur un parcours de vie tortueux, qui m’a remis en forme. En fait, c’est le plaisir de faire du bien qui déteint sur l’autre et sur moi-même.

Bien sûr, les conditions de mon voyage ont changé aussi. Au début, c’était la 2CV avec ma petite table achetée d’occasion et qui n’était vraiment pas confortable ni pour moi, ni pour la personne massée. Un vieux magnétophone à cassettes distillait parfois un son bizarre au travers des gouttes d’huile de pépins de raisin qu’elles recevaient, elles aussi, incidemment. Même mes pneus, pardon... mes chaussures... n’étaient pas adéquates.

Aujourd’hui, j’ai la “Rolls” des tables, spécialement conçue pour moi. Une table électrique et très confortable qui me permet d’être ajustée au millimètre, suivant ce que je fais et selon la morphologie de la personne. Je dispose de disques laser et d’un système Hi-Fi de haute qualité que je peux programmer comme je veux, au gré des envies ou des besoins de la personne. Avec plus de 800 CD je peux répondre en toutes circonstances. Mon huile est spécialement préparée pour ce massage: une huile d’olive hyperoxygénée subtilement enrichie d’huiles essentielles assure la fluidité de mes mouvements mais sans graisser la peau et sans tâcher. Ce ne sont pas les outils qui forment la main mais s’ils sont de qualité, ils permettent à une main exercée d’exprimer totalement son art sans limite.

Imaginez que vous marchiez. Préférez-vous marcher sur une autoroute en descente, uniforme, linéaire, banale, sans surprise ou sur un sentier d’alpage qui, même s’il est escarpé, vous offrira à chaque virage ses trésors d’authenticité ?
Comme tout le monde, je suis sensible à la beauté des corps, des belles peaux, et aux bons parfums, mais vous ne pouvez imaginer comme je crains les corbeaux et ... l’eau dort qui croupit...
A chaque fois que je vois une vilaine cicatrice sur un corps, vous ne pouvez imaginer la réelle émotion que je ressens. Je sais qu’une grande part de l’histoire de la personne est sûrement là. Vous risquez de ne pas me croire et j’espère ne pas vous choquer, mais hormis les seins de toutes les Marianes qui ont trôné dans nos mairies, les plus beaux seins que j’ai rencontrés sont ceux d’une femme de 40 ans qui attendait son 7ème enfant. Je trouve que les seins d’une femme qui a allaité, même s’ils sont un peu relâchés, expriment la générosité, la tendresse, le réconfort, l’engagement à la vie, et suscitent en moi le plus grand respect.
Il en est des corps comme des visages : si personne ne peut remettre en cause la beauté d’un Alain delon ou de Léonardo Di Caprio, les “gueules”de Belmondo ou de Michel Simon en ont fait flasher plus d’une. Si Claudia Shieffer peut attiser mon regard “parce qu’elle le vaut bien”, c’est la voix qui sort de la poitrine de Montserra Cabalé qui me donne des frissons et m’émeut. C’est avant tout, ce qui se dégage d’un être et ce qu’expriment les formes qui suscite l’émotion. Or, si le regard a été conditionné et canalisé par les critères de la société, les mains, elles, savent toujours détecter et se délecter de la vie sous toutes ses formes. J’ai l’habitude de dire que le visage, c’est le musée de l’être humain et si ma tête n’aime pas particulièrement les musées des humains, mes mains se délectent à chaque fois qu’un être humain leur permet de rentrer dans son musée.
Pouvoir balayer les soucis d’un plat du pouce, reposer des yeux fatigués ou stressés par la chaleur de la paume, qu’un effleurage souffle la tristesse et amène le réconfort, c’est ça le discours de mes mains. J’ai toujours été bouleversé par la métamorphose d’un visage si on le touche bien. On dirait un bouton de rose très resserré au départ et qui s’ouvre lentement. D’abord, les pétales sont plissés, un peu comme la peau tendue et ridée par le poids de la vie. Puis progressivement, au fil des instants et des gestes qui rassurent, le visage s’ouvre et même sans la connaître, j’ai l’impression de voir l’enfance de la personne. Et même, ou surtout si la personne me fait la confiance de s’endormir, parfois dans des ronflements sonores, alors là, mes mains jubilent.

Si le contact lisse et parfait d’un panneau stratifié peut être agréable, la sensation est sans commune mesure avec celle que procure le bois d’un meuble ancien qui vous raconte son histoire sous les doigts. Il faut prendre le temps de laisser les mains écouter et elles vous raconteront des histoires merveilleuses, bien au-delà de ce qu’on a pu vous apprendre dans les livres.

Dans le musée du corps, moi qui ne fais pas partie des touristes friands de photos ou de lieux insolites, je peux vous dire que j’ai vraiment découvert des trésors, et comme tout bon inventeur, j’en ai même découvert ou plutôt révélé chez des gens qui ne savaient même pas qu’ils les possédaient.
Comme l’humble femme de ménage qui ne fait qu’arranger ce qui existe en remettant de l’ordre et en enlevant ce qui gêne, ou comme le forestier qui ne fait que défricher, mes mains ont appris, au fil des années, à déchiffrer le langage des corps.
Percevoir la “symphonie inachevée” des peines et des joies, faire taire les tracas et les douleurs qui encombrent les émois, de concert avec la personne qui se confie à moi, c’est cela ma promenade, mois après mois.
Aux pessimistes et aux ringards qui craignent de se charger de négatif en touchant des gens fatigués, je répondrai ceci : j’espère qu’il me reste encore autant de temps pour finir mon tour du monde “à mains” et que sur leur chemin à eux, il se trouvera de bonnes mains quand ils en auront besoin.
J’espère qu’au-dessus de mes cernes, c’est mon regard émerveillé par l’histoire de mes mains qui vous apportera une autre vision et demain, l’espoir pour deux mains.
En créant le Massage Artistique et en commençant ce chemin il y a plus de 20 ans, je ne me doutais pas du véritable pouvoir des mains. Je ne parle pas de ce pseudo pouvoir de pacotille que veulent nous vendre les escrocs ou les sorciers en tous genres. Le vrai pouvoir des mains est à l’égal des voix qui se clarifient pour atteindre la pureté du cristal. Au fil du temps, les mains ne savent plus “faire” un soin, elles savent apporter le réconfort en toutes circonstances et éventuellement “donner “un massage. Ce sont alors des mains sages.
Des mains exercées, c’est comme le bon vin : elles se bonifient avec le temps et c’est, bien conservées, qu’elles développent tous leurs arômes.
D’ailleurs, si j’adore voir les corps se dénouer sous mes doigts, je suis encore plus étonné par la transformation des mains de mes stagiaires. J’ai un souvenir impérissable de la formation en soins du corps que nous avons organisée au mois d’août dernier. Au départ, les mains étaient hésitantes et trébuchantes, souvent raides et froides. Au fil des jours et à la fin du stage, elles étaient devenues chaleureuses et j’aurais bien aimé que chacune d’elles vienne se balader sur mon dos souvent endolori.

J’espère que vos itinéraires, s’ils sont parfois tortueux et peuvent vous essouffler, sauront vous rendre au quintuple les bienfaits que vous apportez par ce si beau métier que vous avez choisi. Et si vous voulez voyager avec moi... pendant le temps d’un stage, n’hésitez pas à me contacter !

Le Massage 5 étoiles

Ayant la chance de voyager grâce à mon métier, j’ai aussi eu le privilège d’être reçu dans des hôtels de luxe et des restaurants prestigieux. Quel que soit le nom de l’établissement ou la chaîne qu’ils représentent, ces établissements détiennent un surnom presque passé dans le langage populaire : “c’est un 5 étoiles”, même s’ils n’ont que 3 étoiles dans le guide rouge. Dans mon enseignement, j’ai toujours fait le parallèle entre ces activités: hôtellerie et restauration d’une part, et massage d’autre part.
En ce qui concerne l’hôtellerie, je crois que l’image est évidente car les instituts ou spas que j’ai pu visiter, ou dans lesquels j’ai reçu un massage appartiennent souvent ,eux aussi, à tel ou tel établissement de luxe. S’ils sont indépendants et ne font qu’institut, ils sont aussi dans tel quartier avec une certaine réputation, et même représentants de chaînes qui se développent de plus en plus.
Pour ce qui concerne le parallèle avec la restauration, je pense qu’il est tout aussi évident car, pour moi, le massage est bien une nourriture du corps et de l’esprit.
Si tous les corps que j’ai pu toucher dans les 17 pays où j’ai pratiqué ou enseigné le massage étaient tous différents dans les formes, leur peau ou leur morphologie, ils avaient tous les mêmes besoins. Besoin de confort, de détente, de tendresse, ou plus globalement d’attention, si le mot tendresse vous choque. Tout cela comme une nourriture dont ils manquaient ou comme un régime qu’ils sollicitaient quand il s’agissait d’un soin.
Et je me suis mis à rêver qu’un jour il serait possible de proposer aussi un massage 5 étoiles, tant en ce qui concerne l’hôtellerie que la restauration...
On dit qu’il est parfois dangereux de réaliser ses rêves et qu’il faut être un doux dingue pour ne vivre que de rêves sous peine de vivre un cauchemar.
Voici mon expérience.

Si vous avez lu mes précédents articles relatant mes expériences, vous avez dû remarquer que je ne privilégiais jamais le cadre, et que c’est même dans des cadres très modestes que j’ai vécu quelques moments mémorables.
Il y a deux ans, je m’étais adressé à tous les instituts du Rhône en leur proposant de les visiter pour recevoir un soin de leur choix et d’en parler dans ces pages (cf articles “un homme à l’institut”)
Cette année, j’ai voulu renouveler l’expérience dans les instituts les plus réputés et les plus hauts de gamme à Lyon, en privilégiant le massage de détente.
Si Lyon est la deuxième ou troisième ville de France par sa population, elle n’en reste pas moins un village comparé à Paris, et le tour est vite fait. Je ne vous donnerai pas les noms des établissements qui m’ont reçu,( sans aucun problème, il faut le dire, et sur un simple coup de téléphone) et ceci pour deux raisons :
- La première, c’est que je ne m’octroie en aucun cas le droit d’être un critique au sens professionnel du terme (comme le sont les critiques gastronomiques) bien qu’étant un professionnel du massage depuis 25 ans, alors que les critiques gastronomiques ne sont en général, pas cuisiniers.
- La deuxième, c’est que je veux encore moins être un juge, mais je vous l’ai dit, plutôt un rêveur, qui veut garder toute sa sincérité et son intégrité et ne blesser personne.

L’hôtellerie
L’hôtellerie, pour moi, c’est le cadre et le matériel utilisés, ainsi que l’accueil.
Que ce soit dans les hôtels ou restaurants 5 étoiles, j’ai toujours été fasciné par le décor et les matériaux utilisés dans ces établissements qui, bien sûr, n’ont rien à voir avec mon quotidien personnel.
En effet, comment rester insensible à la beauté, voire l’Art, employés et déployés pour créer des cadres exceptionnels. C’est non seulement la qualité des matériaux mais aussi l’expression et l’agencement de la décoration qui donnent à chaque établissement son cachet et sa personnalité. Chaque détail, jusqu’au plus ultime, est pensé pour accroître l’accueil et le confort de chaque client, quel que soit l’investissement nécessaire.
Ce qui est frappant, notamment en ce qui concerne les restaurants, c’est que même en visitant les cuisines, on est frappé par la qualité du matériel qui a servi à préparer la nourriture, l’ordre et la propreté qui règnent, même dans les coulisses.
Bien qu’étant un homme, je suis fasciné par les batteries de casseroles en cuivre, la qualité et l’affûtage des couteaux et autres ustensiles.
Sur la table d’un restaurant, qui est la scène de cette salle de concert gastronomique, là aussi, chaque détail est peaufiné, du raffinement de la vaisselle en passant par la disposition de la table, elle-même savamment choisie, avec tous les accessoires qui permettront à coup sûr de magnifier la qualité et le contenu du plat proposé.
Les chambres d’un hôtel 5 étoiles permettent, elles aussi, de se rendre compte jusqu’où peut aller le raffinement dans l’accueil et le confort, en commençant par la structure que sont les murs, les portes et les fenêtres, qui vous assurent de ne jamais être dérangé par l’extérieur et de profiter ainsi au maximum du confort de cette intimité.
C’est ensuite, la qualité de la literie, qui vous assurera un repos de grande qualité, après être passé dans une salle de bain aux détails et aux produits raffinés, tout en ayant la possibilité de regarder la télé ou d’écouter votre style de musique préféré sur un système musical digne de ce nom.
Bien évidemment, l’accueil de ces établissements est du même niveau. Raffinement dans le décor, professionnalisme de la personne qui vous accueille et connaît parfaitement tout ce qui peut vous être proposé, le tout, le plus souvent, dans la langue de votre choix.... et ceci, uniquement pour accroître et même dépasser les espérances de vos rêves, même les plus fantaisistes!

“L’hôtellerie” des instituts prestigieux que j’ai pu visiter non seulement ne m’a pas fait souvent rêver, mais relève parfois du cauchemar! Si l’on peut retrouver une certaine similitude dans les matériaux ou dans la décoration, je trouve vraiment indécents, voire même outrageux, la quasi-totalité du matériel employé, ainsi que la qualité de l’accueil. En effet, quand on connaît le prix des matériaux de décoration, je ne sais pas quel mot employer pour qualifier la qualité du matériel qui va servir à l’activité proprement dite, en l’occurrence, le massage de détente et de confort.
Ce que j’ai vu et vécu relève de la même ineptie que si je vous disais qu’un grand chef m’a servi un repas sur une table de camping, offert un vin réputé dans un verre en plastique, et pour digérer m’a fait allonger sur une planche à clous, dans une pièce fermée par un rideau de perles, avec pour distraction le grésillement d’un poste à galène et le bavardage des voisins, surmontés par le bruit de la circulation environnante.
Des portes à courant d’air, des tables de massage ressemblant plutôt à des tables à tapisser, des chauffages à moins de 20 euros, des appareils de musique à moins de 30 euros, des flacons d’huile à moins de 10 centimes, voire même remplacés par des vaporisateurs avec lesquels on me mitraille une cinquantaine de fois en cours de massage, des nappes en papier maculées en fin de séance, une tenace odeur d’encens ou autres “parfums” tous aussi artificiels les uns que les autres, un linge inadapté comme le seraient les serviettes en papier d’un restaurant 5 étoiles etc... etc... sont le lot quotidien de ceux qui fréquentent ces établissements et de ceux qui y travaillent.
Et pourtant!... Une porte isophonique, le double ou triple vitrage... ça existe!
Une table de massage confortable et pratique est concevable par un professionnel du massage conscient des réalités et des nécessités, même si elle n’existe pas dans le commerce. (Nombre d’éléments sont conçus et fabriqués de manière spécifique pour les établissements de prestige, sans exister dans le commerce)
Un système musical de qualité... ça existe!
Une huile de qualité, dans un flacon à la fois pratique et joli... ça existe!
Un extracteur d’air vous assurant de ne pas bénéficier des odeurs du client précédant, et un diffuseur d’essences naturelles, ainsi qu’un chauffage performant... ça existe!
Un tissu éponge confortable et de qualité sur une table de massage... c’est possible! et la même qualité pour vous essuyer... ça devrait être naturel ... sachant que tout cela mis bout à bout n’atteint pas le prix d’un lustre en cristal taillé ou d’une reproduction de tableau de maître telle qu’il m’a été donné d’en voir dans certains établissements.
C’est en vous assurant de mon honnêteté, qui n’est pas la vérité, mais largement en dessous de la vérité, que je vous laisse méditer sur le confort.

La restauration
La restauration, pour moi, commence par l’accueil, le conseil, l’attention, et enfin la qualité de la nourriture ainsi que des boissons qui l’accompagnent et le temps consacré aussi bien à la préparation qu’à l’exécution et au service de cette nourriture.
Bien qu’étant toujours un homme, j’ai toujours été attiré par la cuisine depuis ma plus tendre enfance, et c’est pourquoi je suis fasciné à chaque fois que l’occasion m’a été donnée de me Nourrir (avec un N majuscule) dans un grand restaurant.
Toutes les conditions sont mises en place depuis l’accueil rempli d’attention où l’on s’enquiert de mon état, de mes désirs et de mes goûts, surenchéri par des conseils avisés concernant les propositions multiples et toutes maîtrisées, pour parvenir enfin à ce que chacune de mes papilles soient sublimées dans un concert de saveurs aux nuances les plus subtiles. Tout cela avec un service impeccable, attentif à mes moindres désirs ou besoins, et même souvent agrémenté par l’aimable visite du chef dont le plaisir réciproque se lit dans nos regards, celui de la satisfaction pour lui, et celui de la reconnaissance pour moi, plaisir scellé par un verre partagé.

A ce stade de mon récit, il va m’être difficile de poursuivre mes commentaires sans être, comme disait Coluche, “grossier mais jamais vulgaire”.
Franchement, je compare 99% de la “nourriture” que j’ai reçue dans ces instituts à celle d’un fast-food ! De l’accueil expéditif, sans une question personnelle et aimable comme le serait le service du plat de résistance avant l’apéritif, à la technique bafouée, déformée, voire même avariée (comme la nourriture de certains restaurants qui font le scandale de certaines gazettes) en passant par l’huile dans les cheveux, les coups d’ongles dans les oreilles, les bracelets ou autres bijoux qui vous griffent au passage, les manches de “l’uniforme” qui vous balaient le visage, les multiples pertes de contact, les orteils qu’on vous maltraite ou les doigts qu’on vous oublie... tout ceci emballé par des noms pompeux qui n’existent que dans les fantasmes de ceux qui les ont créés ou qui les proposent... voilà la restauration qui m’a été offerte, mémorable par au moins une de ces carences dans un de ces instituts qui se disent prestigieux.
Je précise que je parle ici de ma dernière expérience à Lyon, mais que j’ai vécu exactement la même chose dans les stations de sports d’hiver fort réputées, sur la côte d’Azur ou dans des spas de prestige en France ou ailleurs.

Quitte à être sincère et engagé et afin d’aller au bout de ma démarche, je vais vous dire ce qui est, à mes yeux, le pire. Si “l’hôtellerie” a son importance, il reste évident que lorsqu’on est massé, on a les yeux fermés et que même le décor le plus extra-ordinaire n’a aucun effet sur le massage ou ne peut être une garantie de qualité.
Ce que je trouve déplorable, c’est qu’il n’existe pas de réel apprentissage en massage et encore moins de concours du Meilleur Ouvrier de France mais par contre une profusion de techniques, non maîtrisées par ceux qui les enseignent (et même parfois ceux qui les ont créées) et encore moins par ceux qui les pratiquent.
Sur les six derniers massage que j’ai reçus, pas une seule personne ne m’a touché le muscle fessier. Ceci ne relève pas seulement de l’ignorance et de l’incompétence mais signe une grande stupidité à la limite de l’injure. (Je précise qu’à chaque fois je m’étais présenté comme un professionnel du massage cherchant un soin de détente et non comme un quelconque quidam en quête de sensations...)
Je l’ai déjà expliqué et je ne m’étendrai pas sur le sujet, mais prétendre détendre quelqu’un sans toucher le muscle fessier est stérile et totalement aberrant. C’est une question d’anatomie et de mécanique pure.
Dans le même esprit, terminer une séance de massage de détente en lâchant brusquement, tout en ponctuant ce geste du fameux “c’est fini!”, en vous laissant gras comme une frite digne de la pire gargotte, est tout aussi inqualifiable.
Dans un institut “spécialisé” dans le massage,( puisqu’il en compte une trentaine de différents à sa carte), je me suis entendu dire, après qu’on m’eut lâché brusquement : “Retournez-vous”! et comme je faisais mine d’attraper une serviette pour m’essuyer avant de me retourner, elle ajouta que j’aurais très bien pu attendre de prendre une douche à la fin... ce qui est quand même le comble du paradoxe.
En 25 ans de pratique, cette demande ne m’a été formulée qu’une seule fois, ce qui a été pour moi comme une insulte, signifiant par là même que soit mon toucher était mauvais, soit que mon huile de massage était de mauvaise qualité ou mal appliquée. Cette attitude est aussi aberrante que si, après avoir absorbé un bon dessert ou bu un bon digestif, vous éprouviez le besoin de vous rincer la bouche pour en éliminer le goût. Bref ! devant son incompréhension, je me suis rhabillé et je suis parti... sans me retourner !
Dans la même série, apporter un café ou un thé ou tout autre infusion préparés depuis plusieurs heures et réchauffés est un réel manque de délicatesse et même tout simplement de politesse.
Pour finir de choquer (mais en fait, j’espère au contraire rassurer et encourager toutes celles qui font l’inverse même si ce n’est pas simple) il ne m’a jamais été permis d’être tout simplement à l’aise et naturel, c’est-à-dire nu, m’obligeant à chaque fois à m’affubler d’un string informe et totalement inconfortable, exactement comme si un restaurateur m’obligeait à mettre une serviette en papier autour du cou. Et quand ce ne fut pas le cas, ce fut le ballet des serviettes savamment orchestré pour couvrir et découvrir, puis recouvrir alternativement chaque partie, avec la même désinvolture, vous assurant ainsi de vous ramener à la réalité qui est que vous n’êtes sûrement pas là pour vous détendre...

A qui appartient la responsabilité de ces pratiques et de ces comportements?
L’enseignant? celui qui pratique ? celui qui dirige?
En tous cas, si la nudité et la beauté d’un être vivant quel qu’il soit, et quelle que soit son apparence vous dérangent... faites de la cuisine! et vous progresserez rapidement car s’il est bien un domaine où l’on ne tolère pas le manque d’attention et d’investissement, c’est bien celui-ci.
Allez, je termine par la cerise sur le gâteau, pratiquée dans une technique dont je ne citerai pas le nom mais facilement reconnaissable puisqu’il s’agit d’un massage de détente qui commence et finit à la cloche! Le premier tintement a aussitôt réveillé en moi de tristes souvenirs de cantine mais heureusement le deuxième m’a délivré de ce cauchemar.

Alors à quand le massage 5 étoiles?
Je vous l’avoue, même si j’en ai parfaitement l’idée depuis des années, je n’ai pas vraiment les moyens de m’offrir le cadre de mes rêves et c’est sans doute le cas pour la majorité d’entre vous. Par contre, quel que soit le cadre, la cuisine et le service ne dépendent que de vous et je voudrais encourager et soutenir toutes celles qui comme moi, ne disposent pas des conditions idéales mais qui s’efforcent tous les jours, avec passion, générosité, attention et intentions de magnifier les personnes qu’elles touchent.
Par contre, s’il existe des propriétaires d’établissements 5 étoiles qui voudraient donner à leurs employés de bonnes conditions pour offrir un massage de qualité, c’est avec plaisir que je leur offre ma collaboration si tant est qu’ils sachent lire dans mes propos le reflet de mon désarroi et de ma tristesse, et non pas une critique gratuite et malveillante.
Et si... ô rêve ultime! ce lieu idéal existe déjà, sachez que votre invitation me comblerait de bonheur et que je mettrai encore plus d’ardeur à en parler

Combien de temps faut-il pour apprendre à masser ?

Aussi bizarre que cela puisse paraître, c’est certainement la question qui m’a été posée le plus souvent depuis mes 25 années d’enseignement et quel que soit l’endroit du monde où j’ai enseigné. La question n’a d’ailleurs pas la même teneur selon celui ou celle qui la pose, employé ou employeur, mais le plus aberrant est que cette question est avant tout un mensonge. En vérité, ce n’est pas " combien de temps faut-il ? " mais, " combien ça va me coûter ? " et là, la réponse est facile " ça dépend du prix du formateur, du niveau de la technique et de celui que vous voulez atteindre ".
Pour répondre à la première question, c’est très facile puisque je n’ai pas de réponse, alors depuis 25 ans, je retourne la question par une autre : " Si vous êtes capable de me dire combien de temps il faut pour apprendre à conduire, je vous dirai combien de temps il faut pour apprendre à masser.’
Et la réponse est toujours la même : ça dépend.
Et oui, certains n’ont besoin que de quelques leçons pour obtenir leur permis de conduire alors que d’autres doivent recommencer de longues années et certains même ni sont jamais parvenus.
LE MASSAGE A PERDU CES LETTRES DE NOBLESSE.
J’ai eu l’extrême chance (que je ne souhaite pourtant a personne) d’avoir eu besoin de me faire masser avant d’apprendre à masser. Il y a une bonne trentaine d’années, à la suite d’une cinquantaine de chutes ou accidents graves, qui mettaient en péril ma station debout, le pronostic de me retrouver en fauteuil roulant devenait de plus en plus inéluctable. Et là, bien que la kinésithérapie avait déjà acquit toute sa notoriété, j’ai eu le bonheur de rencontrer des vieux masseurs dont les études n’avaient été que manuelles avant l’avènement de l’électrothérapie en tout genre .
Il y eu d’abord ce vieux masseur qui l’hiver, avant de commencer à me masser, savait et prenait le temps de me réchauffer avec son vieux sèche-cheveux. Le même qui n’utilisait que ses mains sans aucun produit pour me détendre.
Et puis, le MAITRE entre tous, le docteur JARRICOT qui m’enseigna, après 60 ans de pratique, que le plus difficile au départ n’est pas de faire, mais de savoir quoi faire.

Ceux qui me connaissent savent que j’adore les images et là je vais me servir d’une des plus désuètes qui soit aujourd’hui : le tricot.
J’ai eu le privilège et le malheur d’avoir une grand- mère qui savait tricoter. Le privilège, parce que 30 ans après sa mort il me reste encore certains de ses ouvrages, et le malheur, parce que vu nos rapports compliqués, elle ne m’a pas expliqué.
D’un simple coup d’œil elle décidait et savait me faire un pull sans ne prendre aucune mesure et une quinzaine de jours après, en m’ayant juste fait choisir la couleur, sans aucun essayage, elle m’offrait le pull que j’enfilais immédiatement pour repartir avec et ne plus le quitter, jusqu’à ce qu’elle décide du prochain.
Et pourtant, 1 maille à l’endroit, 1 maille à l’envers, il ne faut pas longtemps pour apprendre et moi aussi j’ai appris en 5 minutes, pensant que ce qu’elle me faisait n’était vraiment pas à la mode et que rapidement je ferai beaucoup mieux.
La pudeur et la honte m’interdisent de vous narrer la configuration du début de l’écharpe que j’ai entrepris de me tricoter… Et pourtant, 1maille à l’endroit, 1 maille à l’envers, c’est pas sorcier.

Et oui, il n’existe pas de formation de tricotage en 1 week-end. Pas plus d’ailleurs que de cuisine, de violon, de danse, de peinture et même pas de bricolage qui n’est que la base de l’ébénisterie. Mais cela n‘étonne personne, car " il est vendu " ou tout au moins énoncé depuis des lustres, que pour faire vibrer correctement une seule corde et sur une seule note d’un violon, il faut plusieurs années et qu’une vie sera nécessaire pour toutes les cordes et toutes les notes. Qu’il ne faille que quelques minutes pour apprendre une recette de cuisine, à moins de ne pas savoir lire, est logique, mais que des années d ‘apprentissage, pour acquérir le geste juste et savoir choisir le bon produit et le bon assortiment, eux-mêmes correctement assaisonnés, soient obligatoires pour qui veut devenir un VRAI CHEF, est évident dans cet profession.
Apprendre une partition de musique ou le texte d’une pièce de théâtre ne demande qu’un peu de mémoire mais parvenir, avec ces mêmes notes ou ces mots, à susciter l’émotion vraie peut prendre des années. Et pourtant, non seulement cela n’effraie personne, mais mieux encore, c’est la seule raison d’être de ceux qui le pratiquent et mêmes de ceux, nous tous en l’occurrence, qui en profitent. Tous les professionnels savent qu’une pièce entière, un concert, ou un opéra, et même un film, ne tiennent leur valeur qu’à l’intonation de deux ou trois notes ou répliques.

LE PIEGE DU PROGRES ET DE L’INFORMATION.
Les progrès de la technique et la vitesse de l’information sont des pièges qui paraîssent inéluctables et pourtant….
S’il est possible de faire décongeler et rôtir un gigot, à l’aide d’un four à micro ondes, en quelques minutes, le gigot de six heures avec sa cuisson lente et surveillée n’a pas trouvé encore de substitut et je pense que ce n’est pas pour demain. Et si, en fin de compte, les deux semblent mangeables, il y en a un qui vous restera sur l’estomac.
S’il est facile aujourd’hui de se procurer, (cassettes, vidéos, DVD, internet) toutes les informations (vraies ou fausses) sur toutes les techniques de massage du monde, il faut des années pour s’imprégner de la culture d’un pays et pour en comprendre l’esprit. Et seul celui qui vit ou a vécu dans le pays peut vous le raconter et PEUT ETRE vous le transmettre, soit en pratique soit, et c’est encore plus rare, en vous l’enseignant.
Jouer un morceau de musique à l’aide d’un synthétiseur, prendre une photo avec un appareil numérique, est à la portée d’un enfant. Mais l’œil de Messieurs Doisneau, Bresson ou Arthus Bertrand, les doigts, les oreilles ou la voix de Messieurs, Menuhin, Duchable, Pavaroti ou Maria Callas n’ont pas 20 ans et sont le résultat de milliers d’heures et de jours de travail.

LE TEMPS C’EST DE L’ARGENT
Pour répondre à cette affirmation on ne peut plus stupide, je dirai que c’est vrai, mais que " SEULE LA QUALITE N’A PAS DE PRIX " et se vend bien, voire même de mieux en mieux après cette période de décadence, du à la mauvaise utilisation du progrès.

SE FAIRE MASSER POUR APPRENDRE A MASSER
Si c’est en forgeant qu’on devient forgeron c’est en écoutant qu’on connaît le son c’est un goûtant qu’on apprécie le goût.
Tous les musiciens sont rivés dans les salles de concert, tous les cuisiniers visitent leur confrère et goutent leur plat. Tous les apprentis cuisiniers goutent aussi le plat de leur chef pour en com-prendre les subtilités de l’assaisonnement.
Je suis éffaré de constater que le pourcentage d’esthéticienne installées ou d’élèves en formation non seulement ne reçoit pas régulièrement les soins qu’ils prodiguent quotidiennement, mais souvent même ne l’a jamais ressenti. Pour cela il faudrait non seulement que cela soit possible ou prévu, pendant ou après l’enseignement par le formateur mais pire encore et là je sais que je vais rajouter à ma collection un nombre d’ennemi encore plus conséquent, qu’il en soit capable. On a imposé le " shiatsu " (ce n’est qu’un exemple), comme technique de soins du corps dans le BTS d’esthétique (le diplôme de référence de cette profession) et il est enseigné dans toutes les écoles qui prépare à ce diplôme. Je vous laisse vous renseigner et je ne vous communiquerai pas mes chiffres mais j’aimerai qu’il soit publié le pourcentage de professeurs qui l’ont réellement pratiqué en salon ou cabinet et qui peuvent le proposer à leur élèves.
Et pour finir de choquer mais ce qui n’est en fait que le fruit de ma sincérité, je vous assure que j’en connais beaucoup qui ne l’ont jamais reçu eux mêmes dans les règles de l’art.

LE PIRE DU PIRE
Vous ne me croiriez pas si je vous disais le nombre de fois où après avoir questionné l’esthéticienne sur la formation qu’elle avait reçue concernant le massage qu’elle venait de me faire il m’a été répondu " c’est une collègue qui me l’a montré une fois quand je suis arrivé "
Et le pire du pire pour moi c’est quand je demande qu’elle est la technique qu’on vient de me faire et que texto j’ai droit à cette réponse " j’ai fait ma sauce avec différentes techniques ".
Là, c’est pour moi la simple preuve irréfutable de l’incapacité et de l’ignorance.
Certes cela existe aussi en musique ou en littérature, par exemple, ou certains se permettent de faire des remix ou des interprétations farfelues d’une œuvre existante et même parfois en faisant un assemblage de plusieurs bouts pris ça et là. Mais le vrai interprète qui se permet de donner sa version le fait en respectant d’abord de A à Z l’œuvre existante, et seulement ensuite en changeant l’intonation par rapport à ses propres sensibilité ou capacités.
J’ai même eu droit un jour à l’incroyable. Une esthéticienne que j’avais rencontré l’année précédente et qui m’avait acheté une cassette vidéo d’initiation au Massage Artistique, revint me voir l’année suivante au congrès à Paris et me dit " ça y’est je fais du Massage Artistique mais je l’ai un peu amélioré " En moins de temps qu’il ne faut pour l’écrire je me suis déshabillé sur le stand, allongé sur une table et je lui ai dit " montrez moi ". Mon mauvais caractère, dans ce genre de situation, étant notoire je ne peux pas vous raconter la suite…

NE VOUS LAISSEZ PLUS INSULTER ET NE VOUS MEPRISEZ PLUS
Faire croire à une esthéticienne ou à qui que ce soit qu’on peut apprendre quoi que ce soit à la va vite est pour moi une insulte. Cela vous dire que vous n’êtes capable de faire que de petites choses sans importance, ce qui n’est pas mon image de l’esthéticienne digne de ce nom.
Et puis en réfléchissant 2 minutes dites vous que tout ce que vous avez appris en deux minutes aussi n’a jamais été ni passionnant ni rentable mais au contraire vite ennuyeux et fatiguant.
Masser et détendre et touchant, ce qui est la place de l’esthéticienne au regard du masseur Kinésithérapeute qui lui doit soigner, est une voie comme la danse , la musique ou la peinture avec autant d’innombrables tenants et aboutissants.
C’est une activité de très haut niveau qui donne à celle qui le pratique correctement une vraie place de salubrité publique tant le stress est aujourd’hui notre fléau quotidien.
Le temps d’apprentissage ne peut être compté et la question n’est pas à envisager dans ce sens. Pour moi c’est d’ailleurs exactement l’inverse et j’énonce on ne peut plus simplement mais sincèrement que le jour ou je penserai que je n’ai plus rien à apprendre même dans le Massage Artistique, technique que j’ai pourtant créée, et bien je changerai d’activité car non seulement je ne supporte pas l’ennui mais je suis sur que ce jour là mes mains se seront appauvries et j’ai beaucoup trop de respect pour elles et pour ceux que je touche.
En fait c’est la vie que nous avons sous les mains, donc pour apprendre à la comprendre et encore plus pour ceux qui veulent se permettre de la changer il faut autant de temps que pour apprendre la vie c’est à dire….une vie.

Plaidoyer pour un Toucher Juste et un enseignement de qualité

Si ce siècle semble placé sous le sigle de l’hyper-information, tant dans sa rapidité que de sa multiplicité, paradoxalement il semble que certaines d’entre elles soient gardées secrètes à jamais.
Dans le domaine des soins du corps, qui me tient à cœur depuis près de 30 ans, c’est encore plus vrai.
Depuis une dizaine d’années, il ne se passe pas un mois sans voir fleurir une nouvelle technique, encore meilleure que la précédente. Le plus souvent son développement dépendra uniquement de sa localisation initiale supposée (l’orient est le meilleur créneau…) ou de son nom mystérieux et évocateur de sensations suggérées.
Le Massage Français ou le Massage de Confort, par exemple, n’ont pas le droit de citer ou ne pourraient être que le testament d’un institut qui voudrait vraiment faire faillite.
Ne dites jamais que vous vous servez d’un sèche cheveux à 10 Euros pour réchauffer le corps, comme le faisait un de mes professeurs, utilisez plutôt des cailloux magiques. Bannissez d’énoncer les vertus d’une simple huile d’olive ou d’une table confortable. Préférez un nom latin, ou d’épices orientaux, avec une formule magique, elle aussi, spécialement adaptée même sans avoir pris le temps d’interroger la personne que vous touchez, etc…

Et pourtant (1)
La démonstration de cette démarche " hasardeuse " est on ne peut plus simple. Il suffit de voyager un peu. Le Massage Français existe, en Russie, en Roumanie et en Chine par exemple.
Alors qu’à Taïwan j’ai reçu un massage Portuguais, un massage Italien et que 65 instituts pratiquent le Massage Artistique.
Aux mêmes intentions les mêmes effets…

Le vrai secret.
Un conte sur la connaissance me semble tout à fait significatif de cette démarche. Je vous le résume en quelques lignes. Ayant trouvé la connaissance, plusieurs sages furent effrayés des conséquences si elle était mal utilisée et ils décidèrent de la cacher pour ne la donner qu’à bonne escient. Ils ne trouvaient pas l’endroit approprié jusqu’à ce que l’un d’entre eux eu cette idée. " Cachons la dans le cœur de chaque être humain, c’est là qu’il ne viendra jamais la chercher, et si l’idée vient à l’un d’entre eux, alors celui-là saura bien l’utiliser "

L’empathie le véritable tabou.
Ce mot qui semble de plus en plus être la clef des thérapies mentales n’a pas encore obtenu le sigle de la réussite pour les soins du corps. Il semble que seul le nombre de répétitions, la localisation à priori (sans discernement) de tel ou tel point, le protocole à respecter à la lettre, soient les seuls maîtres et garants de la réussite.

Et pourtant (2)
Depuis plus de 25 ans que j’enseigne dans 17 pays j’ai toujours la même démarche lorsque je sens une incompréhension ou lorsque les résultats ne me semblent pas satisfaisants.
Je demande aux élèves de s’arrêter, de fermer les yeux et le plus simplement possible mais aussi le plus sincèrement possible de ne plus penser à la technique en premier, mais d’imaginer que ce sont eux qui sont allongés et de se servir de la technique en pensant à ce que, eux, préféreraient, tant dans la pression, la précision ou la qualité du toucher. Quand je suis plus fatigué, je dis simplement cette phrase, brutale certes, mais tellement significative et comme une arme fatale : " vous n’avez pas vu que c’est habité sous vos mains " .
Dans les 2 cas c’est IMMEDIAT. Les mains deviennent plus douces, plus chaleureuses, je dirais plus aimantes, car quand on pense à soi il est rare qu’on aime se faire du mal. Et quand je demande aux personnes allongées ce qu’elles pensent c’est aussi toujours la même réponse : " c’est incroyable, la différence et ça n’a plus rien à voir. "


Obliger à penser.
Quel formateur fou, pourrait survivre aujourd’hui, en dictant, voir en imposant une pensée unique, voire dogmatique, voire même dictatoriale pour toucher. Quand chacun prône la liberté de penser et d’agir, l’originalité, même déplacée, semble devenir le statut à défendre pour exister.

Et pourtant (3)
Si chacun d’entre nous a le droit de disposer de SA vie, il me semble urgent de redonner, voir d’imposer, la règle du simple respect de l’autre, en ce qui concerne le toucher.
Un simple exemple, en demandant d’avance pardon aux coiffeurs.
Qui ne s’est jamais fait labourer les oreilles par une shampouineuse aux ongles trop longs, en train de regarder et de parler à sa collègue du film de la veille.
La main ne fait que ce que le mental lui dicte.
Je dois être un des seuls formateurs à exiger que chaque élève regarde uniquement devant lui et que le silence absolu règne quand on pratique.
Ce dictat m’est tout simplement " inspiré " par le fait que ce sont les conditions qui me plaisent le mieux quand on me touche et, me semble-t-il, celles que préfèrent aussi la majorité (au moins 99,99%) du genre humain. Penser au Plaisir que l’on DOIT donner me semble plus important, au départ, que la technique et cette attitude ne peut être que mentale. Ce n’est pas moi qui ai écrit " science sans conscience n’est que ruine de l’âme " mais je peux pasticher en disant " toucher sans penser c’est aller dans le fossé… "

Le temps et l’espace c’est de l’argent .
Le siècle de l’information est aussi le siècle de la standardisation. Si j’ai déjà du mal à comprendre qu’on impose aux garagistes (eux aussi…) des temps de réparation à la minute près, je trouve du simple ridicule que cela soit aussi une règle pour le contact humain.
Prétendre définir un temps à la minute près pour un soin du corps, ou au mouvement près, relève, à mon sens, non seulement de la stupidité mais aussi de l’ignorance ou pire encore de la décadence de ceux qui l’enseignent ou de ceux qui l’imposent.
Comment faire et réussir quelque chose si on ne sait pas ce qu’il faut faire ? Cette phrase serait encore plus stupide si je l’énonçais de cette manière :
Moi : " fais ça vite et bien "
L’autre : " c’est quoi et à qui je dois le faire ? "
Moi : " je sais pas, mais c’est comme ça et tu ne dois pas déborder "
L’autre : " … ? "

Et pourtant (4)
Qui n’a jamais été scandalisé par le médecin rivé derrière son ordinateur qui commence pratiquement à vous faire l’ordonnance sans vous regarder ou sans vous avoir ausculté, ou qui continu à vous interroger sans noter si les réponses que vous lui faites sont empreintes d’une moue ou d’un sourire.
J’ai vu les salles d’attente ou de réception les plus prestigieuses dans bon nombre de SPA tout aussi prestigieux, mais jamais un endroit et un temps d’accueil dans la cabine où officie celui qui pratique.
Le pire, c’est que dans certains SPA, les personnes arrivent déjà en peignoir. Après avoir attendu confortablement, l’esthéticienne les fait pénétrer dans la cabine (souvent exiguë), ressort en demandant à la personne de s’allonger, et quand elle revient dans la cabine c’est en moins de 30 secondes que le soin commence. Il faut être un véritable sorcier pour savoir ce qu’il faut faire sans savoir ce qu’il faut faire ou tout au moins sans en avoir pris le temps. Et si ce temps peut être défini sur une pièce mécanique (ce qui fait rire jaune les garagistes… qui ont simplement un peu de pratique…) je défie quiconque de me le prouver sur un être humain.


La main, le meilleur outil et le plus méprisé.

Il semble aujourd’hui que la seule réussite tienne aux nombres et à la diversité des techniques proposées.
Se former, apprendre des nouvelles choses, proposer l’originalité, changer de décor sont le credo de tout coach digne de ce nom à la mode.
La qualité de la main, ça vient avec l’expérience et la pratique et il n’entre dans aucune technique une éducation précise voire spécifique de la main.
Quel chanteur oserait entamer une carrière professionnelle en disant que même si il chante faux au départ, ça s’arrangera avec le temps. Et surtout, quel producteur proposerait ce chanteur comme représentant de sa maison de disque.

Et pourtant (5)
Je n’ai rien contre le jeunisme car l’avenir appartient aux jeunes et qui pourrait en douter. Mais quand on pense que moins de 10 % des élèves en formation adulte trouvent un emploi et que la moyenne d’age de certaines équipes de SPA ne dépasse jamais 25 ans, je trouve qu’il y a une petite aberration…
Je me suis fait reprocher récemment, dans une école de prestige, d’exiger des élèves, sous peine de ne pas pratiquer, que les ongles soient coupés. Je me suis aussi fait reprocher de les obliger à penser pour combler ou nourrir la " faiblesse " de leur jeunesse, alors que j’étais le 10ème intervenant et qu’aucun de mes prédécesseurs n’avait pris le temps pour cela, pour ne pas choquer et être plus plaisant à la directrice et aux élèves.


La formation : nécéssaire ou indispensable.

Depuis plus de 25 ans que j’enseigne, le nombre des formations et donc des formateurs, a été multiplié par au moins cinquante et le nombre d’instituts lui, n’a pas doublé. Aujourd’hui, tout le monde est formateur, même sans avoir pratiqué ce qu’il enseigne (combien de professeurs qui enseignent le shiatsu l’ont déjà pratiqué au moins 1 an en situation réelle et même pour certains ne serait ce qu’une fois… ?). Un simple voyage de quelques jours, et parfois de quelques heures, en orient vous assure que le dit voyageur a reçu les plus secrets enseignements des maîtres les plus prestigieux et qu’il vous fait l’honneur de vous les transmettre, pardon, de vous les vendre… Et sans lui, point de salut, si ce n’est votre déchéance à court terme. Moi je dis, quelle chance vous avez à terme, si vous savez vous en passer et utiliser seulement ma technique miracle Car rien ne se démode plus que la mode. Il y a 25 ans, tous les médias parlaient des guérisseurs Philippins et je connais bon nombre d’esthéticiennes qui ont cru, la aussi, trouver une technique miracle en y laissant beaucoup d’argent, de temps et d’énergie. Aujourd’hui cela n’existe plus (même pas aux Philipines comme le massage californien qui n’existe pas en Californie…) et le nom même est inconnu des élèves
d’aujourd’hui.

Et pourtant (6)

Que j’enseigne dans le plus petit institut de campagne ou dans les SPA ou Hotels les plus prestigieux, j’entends toujours cette même litanie : " On ne trouve plus de personnel qualifié et disponible. " Yehudi Menuhin n’a fait que du violon, ou presque… (pardon pour les connaisseurs) dans sa vie et Bocuse que de la cuisine Française. Alors, exiger qu’une jeune fille de 20 ou 22 ans sache pratiquer 5 à 17 (un " grand " institut de massage sur Lyon) massages différents que chaque créateur aura mis une vie à élaborer, n’est ce pas juste " un petit peu " abuser…
Donc je pense que la formation est nécéssaire en esthétique comme dans tout autre domaine pour se perfectionner, mais attention aux formations indispensables et aux nouvelles tendances. Même dans la mode, ça ne dure qu’une saison et ça coûte cher…

La technique miracle et gratuite.

Je suis formateur et je vis de ce travail. Je suis aussi le créateur de plusieurs techniques qui me plaisent, donc les meilleures… Et bien, je vous énonce que même si vous n’avez pas le temps ou l’argent pour vous former ou pour monter un SPA de prestige, vous disposez en vous d’une technique miracle depuis bien longtemps et très originale.
Avec un peu ou beaucoup de cœur, un peu de tête aussi, des mains aimantes et agiles, du temps pour l’accueil et l‘écoute, une table confortable, une pièce chaude et insonorisée, une musique de qualité, des produits simples et de qualité aussi, vous bâtirez une technique tout à fait originale, certes peu à la mode, mais qui vous assurera la vraie réussite.

Et alors que se passe-t-il ?

Oh ! presque rien, mais la technique de relaxation et de détente la plus ancestrale, celle qui existe dans tous les pays, depuis que l’homme est homme, de la naissance à la mort : le soupir accompagné éventuellement d’un bâillement et d’un petit somme réparateur. Alors que rien n’a toujours pas été prouvé sur les fameux points d’énergie en tous genres, qui fluctuent suivant les techniques, stimulés à grand renfort d’herbe magique ou de coup de coude approprié, le soupir et le baillement par exemple ont largement fait leurs preuves. Scientifiquement ou empiriquement, les effets d’un bon soupir sont incommensurables quelle que soit la technique car c’est sur le corps entier qu’il agit instantanément en produisant même des modifications chimiques tout à fait mesurables.

Le plaisir d’un bon toucher par une bonne main est lui aussi quantifiable et produit des effets que nul autre produit ne peut concurrencer.
La caresse quotidienne permet de doubler l’espérance de vie d’un groupe de rats à qui l’on a inoculé un virus foudroyant.
Les " gênes " du confort et du plaisir qui sont en nous de part l’état de notre constitution, 9 mois in utéro, ne demandent qu’à être réveillés quand ils ont été malmenés et là c’est la vraie magie de la vie qui se remet en mouvement.
Mais pour pouvoir s’enorgueillir de permettre à toute personne que l’on touche de réellement " souffler ", " se re-poser ", il faut des années.
Des années d’attention et d’intention pour peaufiner chaque détail et s’assurer ainsi de pouvoir réellement s’adapter à chaque cas et à chaque besoin.

En fait, c’est tout ce qui n’existe pas, en général, dans les livres ou les formations trop courtes qui marche . C’est aussi le mélange inaproprié de ceux qui font " leur sauce ", comme ils disent, qui rompt ce processus de détente. Ce sont aussi les techniques gadgets qui, même si elles peuvent impressionner au départ, lassent rapidement celui qui la reçoit et celui qui la pratique.

A part dans les grands SPA où tout est vendu à grand coup de pub, et donc où on crée une pseudo demande, je voudrais connaître le pourcentage d’esthéticiennes qui ont eu un jour la demande d’un massage Péruvien. Personne, et vous me répondrez que c’est normal puisqu’il n’existe pas chez eux. En fait, je ne voulais pas citer de massage soit- disant connu en France. Eh bien, même pour moi, c’est la même chose. Combien de fois vous a t on demandé un Massage Artistique ? Jamais, c’est normal puisqu’il n’existe que depuis 27 ans… et qu’il est Français.

Pour enfoncer un peu plus le clou et me faire des ennemis à tout jamais, je vous dirai que même à moi on ne me demande jamais un Massage Artistique. Les personnes que je reçois viennent pour moi et ma qualité de toucher et jamais pour le nom de la technique.
Peu importe ce que je vais leur faire si je le fais bien et avec cœur.

Choisir la bonne technique et le bon formateur

On me demande souvent ce que je pense de telle ou telle technique et je suis toujours embarrassé pour répondre. C’est un peu comme pour la cuisine, quelle est la meilleure ? Moi j’aime bien manger chinois en Chine et français en France, mais ce n’est qu’un avis personnel et quand j’ai la RARE chance de trouver un bon resto chinois, tenu par un chinois, en France, j’aime bien manger chinois mais pas tous les jours, parce que les conditions et le climat ne me conviennent pas pour une nourriture chinoise quotidienne. C’est pareil pour le massage. Je pense qu’un massage Thaï (traditionnel et pratiqué dans toutes les conditions citées plus haut) n’est pas bon en hiver quand il fait moins 15 degrés. Il n’a pas été créé pour ça et ne se pratique pas dans ces conditions là ou il a été créé.
De toute façon, choisissez une technique qui puisse vous emmener loin et non pas quelques artifices de petits mouvements à la va- vite ou de points supposés miracles appris subrepticement en 1 week-end. Vous serez déçu à court terme et vous allez vite vous ennuyer, devant par là même trouver encore une nouvelle technique etc…
Et puis, choisissez un formateur passionné et qui pratique ce qu’il enseigne. Certes ce ne sont pas les plus faciles (mes élèves savent de quoi je parle…) mais au moins vous serez sûr d’avancer. L’exigence et la rigueur sont le lot de toutes disciplines vraies quel que soit le domaine. Si un formateur est trop gentil et pas assez exigeant c’est qu’il l’est trop déjà avec lui même. Certes, le week-end passé avec lui ne sera pas " prise de tête ", mais vos mains, votre cœur et votre tête seront aussi vides après qu’avant, et vous ne pourrez jamais être fiers de ce que vous faites, sauf devant les ignorants.
Choisissez une technique et un formateur qui vous font vibrer, parce que c’est cette vibration que vos clients ou clientes retrouveront dans vos mains si vous pratiquez de manière juste.
En clair, ne visez pas petit si vous ne voulez pas rester petite.
Les créateurs et les gens talentueux sont rares mais ce sont eux, et eux seuls, qui pourront vous permettre d’être, vous aussi, talentueuses et créatrices au vrai sens du terme, et donc recherchées et appréciées.
Et puis, une bonne fois pour toutes, rappelez vous qu’on obtient rien sans travail acharné et si quelqu’un vous fait croire que tout est simple dans ce qu’il propose c’est sûrement qu’il n’a pas grand chose à vous apporter…

Le bonheur d’un sourire, à coup sûr, de la personne que vous avez aimée pendant le temps que vous avez décidé de lui consacrer en lui proposant VOS meilleurs outils, n’est-ce pas là la vraie réussite ?

En tout cas c’est mon projet, celui que je défends, pratique et enseigne depuis plus de la moitié de ma vie et que je me ferai un plaisir de vous faire découvrir sur mon stand lors du prochain congrès.
J’aimerais avoir vos témoignages si vous le désirez.

Permis de Toucher

" Je me suis étonné parfois qu’il n’existât pas un " traité de la main ", une étude approfondie des virtualités innombrables de cette machine prodigieuse qui assemble la sensibilité la plus nuancée aux forces les plus déliées. Mais ce serait une étude sans bornes. La main attache à nos instincts, procure à nos besoins, offre à nos idées, une collection d’instruments et de moyens indénombrables. Comment trouver une formule pour cet appareil qui tour à tour frappe et bénit, reçoit et donne, alimente, prête serment, bat la mesure, lit chez l’aveugle, parle pour le muet, se tend vers l’ami, se dresse contre l’adversaire, et qui se fait marteau, tenaille, alphabet.
Que sais-je ? Ce désordre presque lyrique suffit. Successivement instrumentale, symbolique, oratoire, calculatrice, agent universel, ne pourrait-on la qualifier d’organe du possible, comme elle est, d’autre part, l’organe de la certitude positive ? " Paul Valéry – Discours aux chirurgiens.



A l’époque où l’Homme semble ne plus savoir gérer sa propre liberté, il convient de tout réglementer ou légiférer.
A-t-on le droit de masser, ou faut-il se résoudre à devoir " modeler ", c’est à dire, selon la définition du Petit Robert, " imposer une forme ", ce qui est la spécialité des sculpteurs ou des potiers ? On se demande d’ailleurs qui, et au nom de quels critères, peut établir des lois qui changent au gré des modes ou des courants d’air…
Alors, comment créer un " permis de toucher ", comme si quelqu’un pouvait s’octroyer le droit de réprimer, cataloguer, canaliser, cet acte instinctif et primordial qui appartient à l’être humain depuis sa naissance.
La vraie question est plutôt : " Avez vous les outils et les moyens pour toucher juste ? "

Certes, tout le monde a deux bras et deux mains (sauf accident malheureux), comme tout le monde a deux jambes et deux pieds, et tout le monde touche depuis sa naissance et marche peu de temps après.
Qui pourrait établir un " permis de marcher " ? Sûrement pas moi. Par contre, si nous prétendions, vous et moi , devenir, demain, danseur étoile, je pense (en ce qui me concerne… vous voyez pour vous) que l’état de nos jambes serait un frein irrémédiable à notre ambition, quelles que soient nos connaissances techniques, théoriques, chorégraphiques, rythmiques…

Prenons une autre image : J’ai la prétention de savoir à peu près conduire, mais il ne me viendrait pas à l’idée de m’aligner au départ d’un rallye, même du plus petit rallye régional, et encore moins d’un grand prix de formule 1.

Je vous assure que j’adore faire la cuisine, et j’ai même quelques recettes très personnelles à force de les peaufiner, mais loin de moi l’idée de me comparer à un véritable chef et d’ouvrir un restaurant gastronomique.

En clair, l’esthéticienne est-elle, peut-elle, ou doit-elle être, l’exemple de la qualité suprême du toucher ?
Pour celles dont les appareils et les produits sont le seul support, certainement pas. Mais pour celles dont l’esthétisme est la voie et dont les mains sont le premier outil, je pense que oui.

La main est un outil fabuleux, comme le sont les jambes, les yeux ou les oreilles, si on développe tout son potentiel et si on porte ses capacités à leur apogée : mobilité, sensibilité, indépendance des doigts, précision etc… Sinon, ce n’est qu’une simple pince, bien moins efficace d’ailleurs que les meilleures pinces, à tel point que beaucoup de personnes, tout en possédant des mains, mais aussi une certaine conscience et une certaine humilité, reconnaissent qu’elles sont maladroites (à gauche aussi…). Ceci prouve qu’il ne suffit pas d’avoir des mains ou des jambes, pour être capable, au sens de maîtriser, de bien toucher ou bien bouger.

Il n’existe pas d’artiste ou de maître-artisan digne de ce nom, quel que soit le support, qui ne se soit pas engagé dans une démarche réelle et exigeante, pour acquérir les outils et le savoir-faire nécessaires à la pratique de son art ou de son artisanat. Seul, le toucher échappe à cette règle.
Je n’ai enseigné que dans 17 pays en 28 ans de pratique, et à ma connaissance, aucun enseignement spécifique de la main n’est envisagé concernant le toucher. Seuls quelques exercices sporadiques et faits en dilettantes sont parfois proposés, mais ils relèvent à peu près du niveau du coloriage pour un enfant, comparativement à la maîtrise des couleurs pour un peintre.

Le plus déplorable, c’est qu’en raison de leurs lacunes et de leur incapacité, certaines techniques vous proposent une vision idyllique, mais combien utopique, du toucher : " Le toucher est instinctif ", " je masse au feeling ", " j’ai ma propre méthode ", " j’ai combiné différentes méthodes ", " il suffit de se laisser aller "… que sais-je encore… Ce qui a pu me faire sourire m’attriste et me révolte un peu plus chaque jour.
Essayez donc de laisser libre cours à votre instinct pour descendre une piste noire, gravir un sommet, faire un rallye automobile, jouer sur scène un concerto, ou plus simplement pour réaliser un maquillage de haut niveau sans jamais avoir appris et sans rien connaître aux couleurs… Vous risquez d’être fortement surpris, car dans toutes ces situations, les résultats sont visibles et bien concrets.

Je ne vous propose qu’un seul exercice pour vérifier la qualité de vos mains : " l’ascenseur ". Vous en trouverez beaucoup d’autres sur mon site (www.guydumont.com) où dans le DVD à paraître, distribué par " Les Nouvelles Esthétiques ".

Cet exercice est primordial, car il ne demande aucune souplesse, aucune force, juste l’indépendance des doigts, le minimum nécessaire à une main de qualité.
Une allumette doit peser à peine plus d’un gramme, il n’y a donc aucun effort à faire pour la lever.
Vérifier bien la position du majeur qui doit rester en permanence en contact avec la table et ne jamais décoller.
Parvenir à lever une allumette entre l’index et l’auriculaire dans cette position, prouve simplement que vos doigts et vos mains ne sont pas pétries de tensions inutiles et dévastatrices pour la qualité de votre toucher.
Il se peut aussi que ce soient des tensions de vos bras qui perturbent la mobilité de vos doigts, car la main, par sa position, est dépendante de l’ensemble du bras, de l’occiput à l’insertion des trapèzes au milieu du dos.
En tout cas, si vous n’arrivez pas à faire cet exercice très aisément, la hauteur de la boîte d’allumettes étant un minimum et non un maximum, cela signifie que vos doigts sont liés entre eux par des tensions, et au risque de vous choquer, ce n’est pas d’une main affinée dont vous disposez, mais plutôt d’une " spatule " et vous ne profitez même pas de la moitié du potentiel de vos mains.

Pour reprendre mes images favorites, je ne pense pas qu’une danseuse s’aventurerait sur scène avec des chaussures de ski aux pieds, et personnellement, je ne prendrais pas de cours de danse avec un professeur en chaussures de ski.
Alors, vérifiez pour vous, et demandez à vos enseignants de vous montrer avec quelle aisance ils pratiquent cet exercice.

La main, comme les jambes , les oreilles ou les yeux, acquiert de fait, de plus en plus d’expérience au fil des années, mais cette expérience est totalement inutile si elle est seulement répétitive et si elle ne s’accompagne pas d’un entraînement garant de son évolution .

L’ENTRAINEMENT DE LA MAIN

Avant de poursuivre, je tiens à vous préciser que cet entraînement n’a rien de rébarbatif ni de contraignant, bien au contraire . En effet, il vous permettra non seulement de décupler l’efficacité de toutes les techniques que vous avez apprises, mais aussi de changer radicalement votre vie, car la main est un organe essentiel – ô combien – non seulement dans la vie professionnelle de ceux dont c’est l’outil principal, mais aussi dans la vie personnelle de tout être humain.
A la différence des jambes, dont personne ne pourrait envisager d’entamer l’apprentissage du grand écart à 30 ans (et même difficilement à 20), on peut entreprendre l’entraînement de la main à un âge avancé et avoir des résultats remarquables en très peu de temps.

Pour développer les capacités réelles de la main, plusieurs paramètres indissociables sont à considérer.
Des exercices spécifiques en vue de développer la souplesse, la sensibilité, la mobilité dans l’espace, et l’indépendance des doigts, sont nécessaires et doivent être répétés méthodiquement jusqu’à une totale maîtrise. Ensuite, il est nécessaire d’avoir le contrôle parfait des doigts ne serait ce que pour abolir tout tremblement qui entraînerait une mauvaise perception, mais surtout une médiocre précision.
En raison de sa position à l’extrêmité du corps, il faut faire des exercices pour relâcher toute tension des bras, mais aussi du dos qui se répercutent instantanément dans les mains.
De la qualité des jambes et de l’équilibre dépendent aussi la stabilité et la disponibilité, autres conditions d’un toucher de qualité.

Il existe un autre paramètre, plus délicat à aborder, et pourtant incontournable, qui est l’état mental.
Quelles que soient ses aptitudes, la main ne fait qu’exécuter les ordres du cerveau, et en ce sens, il est indispensable d’envisager un entraînement mental au service de la main.
Loin de moi l’idée d’imposer quelque idéologie que ce soit, mais j’insiste sur la nécessité d’une prise de conscience de cette corrélation main-cerveau, le temps de réaction entre la perception tactile et le temps de réaction devant être le moins perturbé possible et le plus court possible.
Ceci n’est d’ailleurs pas une révélation, puisque c’est ce qui se pratique dans tous les arts et même tous les sports de haut niveau, mais reste pratiquement méconnu dans les l’art du toucher.

INTERDIT DE TOUCHER

Si je ne peux m’octroyer le droit d’établir un permis de toucher, je défendrai toujours farouchement l’interdiction de toucher ou d’enseigner à toutes celles qui ne veulent pas se couper les ongles, qui portent des bagues, des bracelets ou des montres en touchant, à celles qui chaussent encore des talons hauts ou des sabots pour masser, à toutes celles qui parlent ou regardent à côté, ainsi qu’a tous les directeurs de spas ou d’instituts qui ne mettent pas à la disposition de leur personnel un matériel correct : une table confortable, de bonnes dimensions et ajustable instantanément sans quoi le toucher de qualité n’est pas possible, ainsi qu’une tenue vestimentaire adaptée et non ces uniformes incompatibles avec la pratique des soins du corps.

Il serait également souhaitable qu’on engage les esthéticiennes de ces mêmes spas pour la qualité de leurs mains et leur compétence, et non pour leurs mensurations.
Je retirerais également le permis d’enseigner aux formateurs qui ne respectent pas ces critères pour eux mêmes et qui ne les exigent pas de leurs élèves. On n’a jamais vu un moniteur d’auto-école avec les yeux bandés.

DiGiD’Or


Je vous propose donc, non pas un " permis de toucher " mais un entraînement spécifique de la main au service du toucher, reconnu par un label, garant de cette qualité : DiGiD’Or

DiGiD’Or n’est pas une technique de soin ou de massage, c’est une technique de développement du potentiel de la main que vous pourrez afficher, dont vous pourrez être fières, et qui vous différenciera de tous ceux qui n’ont pas pris la peine de le suivre.
J’ai l’habitude d’être grossier (jamais vulgaire), et de grossir les choses pour les rendre plus évidentes.
Si par goût et par choix, votre vocation était de devenir boucher ou charcutier, oseriez-vous avoir pignon sur rue sans avoir et sans savoir aiguisé vos couteaux ? Quels que soient l’emplacement choisi, la grandeur de votre magasin, votre âge, la qualité de votre viande ou de votre accueil, vous risquez bien de ne jamais être considéré comme un professionnel.

La première école en France à me faire confiance et à faire bénéficier ses élèves de cet enseignement est l’école Sylvia Terrade à Lyon à qui j’adresse toute ma gratitude pour cette prise de conscience. D’autres, qui affichent pourtant de plus grandes ambitions, l’ont refusé pour ne pas remettre en cause les incapacités de leurs élèves et de leurs professeurs.

En une journée d’enseignement, je vous propose une trentaine d’exercices incluant le travail des doigts, de la main, du dos et des jambes, avec les quelques accessoires nécessaires. En un à trois mois de pratique, en vous entraînant quelques minutes par jour, vous serez capable de tous les maîtriser, et après examen, d’obtenir le label DiGiD’Or.

Je peux vous garantir qu’en plus d’une reconnaissance nouvelle qui vous différenciera de la masse, votre plaisir de toucher sera décuplé, et les résultats que vous obtenez quelle que soit la technique que vous pratiquez le seront aussi.

DiGiD’Or, ce n’est pas un " permis de toucher ", mais le plaisir de toucher, en en ayant et en s’en donnant les moyens.

Je peux me déplacer partout en France ou à l’étranger et je suis prêt à en faire profiter toutes les écoles qui enseignent le Toucher, même si elles pratiquent des techniques que je n’enseigne ou ne pratique pas.

Au plaisir de vous toucher, et " à deux-mains ", je l’espère.



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